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Une traite 3.0 pour la santé de la mamelle

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Vigilance. Ne pas faire une confiance absolue aux automates, que ce soit pour le lavage ou la dépose automatique. Ces équipements simplifient la tâche mais ils peuvent être source de graves complications si on ne les contrôle pas régulièrement. © Claudius THIRIET

Équipement de traite. Une traite non agressive et asymptomatique suppose de faire les bons choix pour le matériel et son entretien. Cela demande aussi de mieux connaître ce qui se passe à l’interface du manchon et du trayon. Les nouvelles technologies le permettent.

«Une traite 3.0, c’est d’abord comprendre les interactions entre l’animal, la machine à traire et le trayeur », explique Jean-Louis Poulet, responsable de projet R & D traite à l’Institut de l’élevage (Idele). Dans ce triptyque, chacun a son rôle à jouer. Les mêmes animaux, avec une même génétique, traits avec une même machine à traire, peuvent amener à des...
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«Une traite 3.0, c’est d’abord comprendre les interactions entre l’animal, la machine à traire et le trayeur », explique Jean-Louis Poulet, responsable de projet R & D traite à l’Institut de l’élevage (Idele). Dans ce triptyque, chacun a son rôle à jouer. Les mêmes animaux, avec une même génétique, traits avec une même machine à traire, peuvent amener à des résultats différents sur la santé de la mamelle. « C’est souvent à l’interface du trayon, du manchon trayeur et de la main du trayeur que les choses se passent », précise Jean-Louis Poulet. Exemple avec le débit de lait : il dépend de la capacité de l’animal à donner son lait (ouverture du sphincter, diamètre du canal du trayon, etc.) ; de la capacité de la machine à traire à évacuer ce lait produit et dans un troisième temps de l’aptitude du trayeur à tout mettre en œuvre pour que la stimulation soit maximale (un maximum d’ocytocine et un minimum d’adrénaline) avec une pose du faisceau dans de bonnes conditions de manière à bien positionner le trayon et limiter les entrées d’air.

Qu’est-ce qu’une traite de qualité, c’est-à-dire non agressive pour la mamelle et sans risque de contaminations ? Elle doit répondre à trois objectifs, rappelés par Jean-Louis Poulet. Il faut d’abord qu’elle soit complète, mais sans atteindre le lait résiduel qui reste très haut dans la mamelle et qu’il serait dangereux d’aller chercher. La traite doit aussi être rapide pour être efficace, mais sans surtraite. Enfin la traite se doit d’être asymptomatique (les anglophones parlent de « gentle milking »).

« Un cercle vertueux »

L’objectif est de laisser le trayon exactement dans l’état initial de façon à ce qu’il n’y ait pas d’impact sur les traites suivantes. « C’est un cercle vertueux qui respecte le bien-être de l’animal, qui limite les incidents de traite, avec des animaux coopératifs, donc qui profite aussi à l’éleveur. Mais il suffit parfois d’un grain de sable pour que cela devienne compliqué à gérer avec, derrière, des infections mammaires », avertit Jean-Louis Poulet.

Il insiste sur le matériel de traite avec là aussi trois impératifs : bien le choisir, bien l’utiliser et bien l’entretenir

Aller au plus simple

Le choix d’une machine à traire se fait selon les possibilités de l’éleveur (financière, main-d’œuvre) mais aussi en fonction de ses attentes, notamment sur le degré d’automatisation souhaité. Il est nécessaire de dimensionner l’équipement en tenant compte des perspectives d’évolution du troupeau et de la main-d’œuvre.

« Mais il faut se donner des perspectives réalistes, en prenant garde à un possible sous-dimensionnement (plus d’une heure et demie de traite) ou un surdimensionnement (plus de dix postes par trayeur). » Il est possible également d’adapter les faisceaux trayeurs aux caractéristiques des mamelles présentes dans le troupeau. « Attention cependant aux faisceaux très spécialisés, et adaptés à telle ou telle caractéristique de la mamelle qui nécessitent d’être bien compris et bien utilisés pour que la traite se passe convenablement. Plus globalement, j’ai tendance à dire que plus l’installation est simple, mieux elle fonctionnera et mieux elle se nettoiera », avertit Jean-Louis Poulet. Trop souvent, le trayeur ne maîtrise pas suffisamment le fonctionnement de son installation de traite, considérée comme une « boîte noire ». Cette méconnaissance des éléments constitutifs de l’équipement peut amener à de mauvaises pratiques, ou des dysfonctionnements préjudiciables pour la santé de la mamelle ou la qualité du lait. Exemple : ne pas faire une confiance absolue aux automates, que ce soit pour le lavage ou la dépose automatique. Certes, ces équipements simplifient la tâche mais ils peuvent être source de graves complications si on ne les entretient pas et on ne les contrôle pas régulièrement.

« Pas de traite de précision sans nettoyage de qualité »

Les problèmes peuvent venir d’un défaut d’entretien : nettoyage régulier de la machine (intérieur et extérieur) et des accessoires (faisceaux), changement des consommables (selon les recommandations) et contrôles réguliers effectués par des agents qualifiés (Opti’Traite tous les ans, puis Net’Traite et Dépos’Traite tous les trois-quatre ans ou en cas de doutes). « Le nettoyage de la machine à traire est indispensable à la qualité du lait mais aussi au bon fonctionnement de la machine. Ainsi sur les contrôles des déposes automatiques effectués au niveau national, plus de la moitié des anomalies sont liées à un défaut de nettoyage, avec des sondes de débit tellement encrassées qu’elles n’arrivent plus à lire le flux de lait passant. De manière générale, il ne peut pas y avoir de traite de précision sans nettoyage de qualité. »

Mais un élément nouveau est maintenant avancé : il faut que ce nettoyage soit capable de maintenir les flores utiles. Des flores qui vont servir ensuite à la transformation du lait dans certaines filières, mais aussi celles qui vont occuper l’espace au détriment des flores pathogènes ou d’altération. Pour ne pas maltraiter ces flores utiles, la désinfection doit rester une option curative. « Un bon nettoyage devrait suffire pour que l’installation soit dans un état hygiénique suffisant », conclut Jean-Louis Poulet.

Dominique Grémy
Les nouvelles technologies au service de la traite

De nouveaux outils permettent d’explorer beaucoup plus finement que ce que l’on peut observer en salle de traite. Ces instruments de monitoring ou « on line » se positionnent sur le matériel de traite et travaillent en conditions réelles pendant la traite. Ils permettent d’observer en particulier ce qui se passe à l’interface du trayon et du manchon. « Cela objective des constats, notamment sur des éléments sensibles, comme l’implication du trayeur pendant la traite. On repère aussi de façon très visuelle les variations de vides sous le trayon, élément très important pour une traite de qualité. De même, les variations de vide à l’embouchure du manchon nous indiquent à coup sûr le moment de la surtraite. Nous constatons aussi des choses un peu nouvelles, avec des fluctuations irrégulières du vide qui provoquent des remontées de lait le long du trayon, stigmate d’une mauvaise évacuation vers le lactoduc », explique Jean-Louis Poulet, d’Idele. Enfin dans le cadre de la recherche, de nouvelles mamelles artificielles, avec des trayons souples et des matériaux au plus proche des tissus organiques, permettent de mieux comprendre l’impact animal sur le fonctionnement des matériels.

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