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Le système ADF Milking divise par deux les risques de TMS

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Capteurs. L’éleveur est revêtu d’une combinaison légère, qui dispose de 16 petites poches au niveau des articulations, dans lesquelles sont placés des capteurs de position. Un bandeau permet de disposer un dernier capteur au niveau des cervicales. L’éleveur l’enfile par-dessus sa tenue habituelle pour la traite. © P. Le Cann

Santé. En mesurant objectivement les sollicitations des articulations à la traite, on s’aperçoit que certains équipements peuvent fortement soulager les trayeurs.

Tous les gestes répétitifs induisent un risque de TMS (trouble musculosquelettique). Cela génère des maladies professionnelles et des arrêts de travail, bien connus en usine. La traite n’y échappe pas, et les outils de mesure et de prévention mis en place pour le monde industriel peuvent lui être utiles. C’est le cas de la technologie TMS Studio­, qui a reçu l’agrément du bureau de contrô...
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Tous les gestes répétitifs induisent un risque de TMS (trouble musculosquelettique). Cela génère des maladies professionnelles et des arrêts de travail, bien connus en usine. La traite n’y échappe pas, et les outils de mesure et de prévention mis en place pour le monde industriel peuvent lui être utiles. C’est le cas de la technologie TMS Studio­, qui a reçu l’agrément du bureau de contrôle Veritas. Elle évalue en temps réel les risques de TMS sur un poste de travail. En identifiant les postures les plus dangereuses, elle donne les clés pour chercher des améliorations. Pour ce faire, l’opérateur est équipé de capteurs au niveau des articulations. Ceux-ci comprennent un gyroscope, un accéléromètre et un magnétomètre. Ils s’insèrent dans une combinaison fine qui ne gêne pas les mouvements. Ces capteurs mesurent les angulations des membres, 60 fois par seconde. L’opérateur est filmé pendant chaque tâche et un algorithme de croisement de données reproduit chaque mouvement sur un avatar 3D.

Des résultats analysés en temps réel

« La synthèse des données s’effectue instantanément », précise David Pliquet, dirigeant de E-Mage-IN3D, l’entreprise qui développe TMS Studio. Il se déplace avec une valise contenant tout le matériel afin de pouvoir présenter une analyse immédiate. Les codes de couleur permettent une visualisation aisée des résultats.

TMS Studio travaille beaucoup avec des industriels pour prévenir les TMS là où les salariés effectuent des tâches très répétitives. ADF Milking a sollicité l’entreprise pour évaluer sa griffe de traite sous l’angle de l’exposition aux TMS. Rappelons que ce système permet d’automatiser le post-trempage et la désinfection des faisceaux trayeurs. Il est agréé par le Cofit (1). La désinfection systématique des faisceaux trayeurs supprime les contaminations entre les vaches à la traite. Cette automatisation permet aussi de conserver un protocole de traite identique même si le trayeur change. « Les motivations de nos premiers clients­ à s’équiper reposaient sur la recherche d’une meilleure hygiène et d’un gain de temps. À l’usage, ils ont constaté une réduction nette de la fatigue après la traite. Nous avons voulu mesurer ce point », raconte François Derot, directeur d’ADF Milking.

Un gain de quinze à vingt minutes par traite

Vincent Goret, éleveur à Plabennec, dans le Finistère, s’est prêté au jeu. Équipé de griffes ADF Milking depuis trois ans, il les a désactivées momentanément pour les besoins des mesures. Son protocole de traite prévoit d’abord de tirer les premiers jets, puis de tremper les trayons avant de les nettoyer avec une lavette. L’installation comprend un décrochage automatique. Vincent utilise ensuite un produit de post-trempage des trayons, puis il désinfecte chaque manchon avec une brosse spéciale et un produit adapté. Il a adopté ces pratiques après avoir été confronté à un nombre important de mammites.

« Avec les griffes ADF, les deux dernières opérations se font toutes seules. Pour un troupeau de 150 vaches, je gagne quinze à vingt minutes par traite et je n’ai plus de pénalités pour les cellules », précise l’éleveur. Il apprécie aussi une nette amélioration de son confort et une réduction de la fatigue. Les mesures de TMS Studio expliquent très bien ce ressenti. La pénibilité de la traite chute de 58 % au niveau des épaules et des cervicales lorsque le système ADF Milking est activé.

Post-trempage et désinfection : des tâches éprouvantes

La baisse est moins spectaculaire au niveau des poignets, mais elle atteint tout de même 28 %. Au total, on aboutit à des sollicitations réduites d’un tiers en moyenne, ce qui explique très bien la réduction de fatigue évoquée par les éleveurs.

Dans le détail, on observe que les tâches les plus éprouvantes pour les articulations sont le post-trempage et la désinfection, celles qu’ADF Milking a automatisées. Le branchement des griffes nécessite également des efforts mais dans une moindre mesure. Viennent ensuite, par ordre décroissant, le lavage puis le prétrempage. David Pliquet a également réalisé ce type de comparatif en équipant l’éleveur d’une montre connectée qui compte ses pas. Leur nombre baisse en moyenne de moitié avec ADF, ce qui contribue à expliquer la réduction de la fatigue.

Pascale Le Cann

(1) Comité français interprofessionnel pour les techniques de production du lait.

Avatar. L’éleveur est filmé au cours des différentes tâches. Le système crée un avatar © P. Le Cann
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