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L’évaluation du bien-être animal entre dans les élevages

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Boviwell. La SCEA du Lillay fait partie des 1 300 élevages audités sur le bien-être animal. Le Cniel vise 100 % des élevages évalués en 2025 à partir de la grille Boviwell qui va être intégrée dans la prochaine version de la Charte des bonnes pratiques.

Il y a deux ans, le Cniel a publié seize critères de bien-être animal (lire encadré) et a fixé l’objectif de 100 % des élevages laitiers audités en 2025. Ces critères seront intégrés dans la prochaine version de la Charte des bonnes pratiques d’élevage (CBPE) et évalués à partir de la grille informatique Boviwell. Néanmoins, la filière n’attend pas la nouvelle version...
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Il y a deux ans, le Cniel a publié seize critères de bien-être animal (lire encadré) et a fixé l’objectif de 100 % des élevages laitiers audités en 2025. Ces critères seront intégrés dans la prochaine version de la Charte des bonnes pratiques d’élevage (CBPE) et évalués à partir de la grille informatique Boviwell. Néanmoins, la filière n’attend pas la nouvelle version de la CBPE pour démarrer. Sous l’égide du Cniel, l’Institut de l’élevage a déjà formé 670 auditeurs à Boviwell (lait et viande).

« À ce jour, plus de 1300 élevages laitiers sont diagnostiqués et leurs résultats remontés anonymement dans une plateforme nationale », indique Béatrice Mounaix, responsable du service Bien-être et Santé des ruminants d’Idele. Les seize critères reprennent les cinq libertés de l’animal établies en 1992 par le Farm Animal Welfare Council : absence de faim et de soif, absence d’inconfort, absence de douleurs, de blessures et de maladies, expression des comportements naturels propres à l’espèce et absence de peur et d’anxiété.

Les vaches en lactation prioritairement évaluées

Boviwell attribue des notes à partir d’observations et de mesures sur les animaux et leur environnement. Concrètement, pour chaque liberté, l’outil les convertit en scores puis calcule un niveau global de bien-être du troupeau (exemple ci-contre). « Les combinaisons mathématiques évitent les compensations entre critères, précise Béatrice Mounaix. Ainsi, un bon accès à l’auge ne compense pas de mauvaises conditions d’abreuvement. »

L’évaluation est prioritairement axée sur les vaches en lactation. Les taries sous le même toit le sont aussi. Ce n’est pas obligatoire pour celles logées ailleurs et pour les génisses de renouvellement de plus de 6 mois. Les moins de 6 mois ne sont pas prises en compte, hormis l’écornage et la mortalité. « Si les génisses le sont, Boviwell utilise leurs données enregistrées pour calculer leur niveau de bien-être. Il participe à l’appréciation globale de l’atelier laitier. »

C’est ce qu’a choisi Marine Devillers lors du diagnostic de la SCEA de Lillay réalisé le 14 avril. Auditrice des livreurs de la Laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel (encadré), elle a fait le tour de l’ensemble des animaux en bâtiment. « C’est l’occasion d’un échange privilégié avec l’éleveur sur la globalité de son troupeau », estime-t-elle. L’intégration des génisses minore d’ailleurs le résultat final de la SCEA : note « supérieure » au lieu d’« excellente ». Quelques génisses en trop et un abreuvoir au lieu de deux, ce jour-là, dans 2 des 9 cases jouent en sa défaveur. Durant les trois heures de l’audit, Marine Devillers prend les dimensions de chaque bâtiment et case, et mesure la longueur des cornadis. Elle demande à Jérôme Chapon, associé à Angélique Calenge, Thierry Morin et Nicolas Lair dans la SCEA, le nombre de vaches traites et de logettes dans la stabulation laitière. Elle compte aussi les génisses dans chaque case.

« Trois heures d’observation et de mesures »

De même, elle compte les abreuvoirs, les mesure et regarde leur propreté. Enfin, sur 55 laitières et 45 jeunes femelles – nombres demandés par Boviwell à partir de l’effectif –, l’auditrice note leur propreté et état d’engraissement, ainsi que d’éventuelles blessures et boiteries. Ces quatre derniers critères font partie des seize fixés par le Cniel. « Je lui ai fourni nos résultats cellulaires : 215 000 cellules/ml sur les 12 derniers mois. Je lui ai détaillé notre procédure d’ébourgeonnage, le suivi de la reproduction et le parage par notre vétérinaire tous les quinze jours dans le cadre de notre politique de prévention, etc. », complète Jérôme Chapon.

Enfin, Marine Devillers a effectué au pâturage le test d’évitement pour estimer la relation des quatre éleveurs avec leurs vaches. « L’animal recule ou non au passage du technicien ou de l’éleveur, explique-t-elle. Le protocole Boviwell indique que l’un ou l’autre peut faire le test. » La SCEA de Lillay répond avec un succès quasi total aux deux indicateurs sur lesquels le Cniel a choisi de mettre l’accent. Le premier est l’accès à l’eau, exprimé par au moins 6 cm d’abreuvoir propre par laitière et plusieurs zones d’abreuvement. « S’il y a moins de 4 cm par vache, le critère abreuvement obtient la note la plus basse : non classé [NDLR : voir l’infographie page précédente] », indique Béatrice Mounaix. La SCEA, elle, est dans les clous (photos ci-dessus). Le second est l’écornage des veaux. Elle s’est engagée à appliquer un anesthésiant et un antalgique (photo).

« Les résultats du diagnostic reflètent bien la situation de notre élevage, commente Jérôme Chapon. Nous sommes prêts à apporter les améliorations nécessaires. Ce sera peut-être difficile de descendre sous les 4,75 % de taux de mortalité des veaux. Le diagnostic Boviwell met en évidence que nous, éleveurs, faisons inconsciemment attention au bien-être de nos animaux et cela depuis des années. Il nous tire vers le haut, c’est positif », ajoute-t-il.

C’est ce que vise le Cniel, et sur tous les modes de production. Pour cette raison, la filière ne différencie pas les systèmes pâturants et non pâturants. Il est seulement demandé une aire d’exercice d’au moins 3 m2 par vache dans la stabulation laitière, hors aire de couchage. De même, elle préfère proposer des améliorations aux systèmes entravés (par exemple accès à une aire d’exercice deux fois par semaine) plutôt que de les exclure.

Claire Hue
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