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Le paillage mécanique, source d’inconfort respiratoire

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Ambiance. Dans un bâtiment confiné, le paillage mécanique peut se révéler un facteur de risque important d’apparition de troubles respiratoires, surtout chez les jeunes animaux.

Le respect des normes de construction, la densité animale, le renouvellement de l’air, l’exposition ou encore la luminosité conditionnent l’ambiance dans les bâtiments d’élevage. Mais pas seulement : il faut aussi tenir compte des tâches quotidiennes et notamment de la technique de paillage qui a, bien sûr, une influence sur l’hygiène et le confort de couchage, mais aussi sur la qualité de l’air. Le paillage...
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Le respect des normes de construction, la densité animale, le renouvellement de l’air, l’exposition ou encore la luminosité conditionnent l’ambiance dans les bâtiments d’élevage. Mais pas seulement : il faut aussi tenir compte des tâches quotidiennes et notamment de la technique de paillage qui a, bien sûr, une influence sur l’hygiène et le confort de couchage, mais aussi sur la qualité de l’air. Le paillage mécanique en particulier peut dégrader très sensiblement l’air respiré par les animaux dans les bâtiments, mais aussi par les hommes.

À la suite du passage de la pailleuse, une quantité parfois très importante de particules fines peut se retrouver en suspension et ce pendant une durée très variable, dépendant de la qualité de la ventilation et des outils utilisés. Les animaux adultes savent faire face à ce problème.

La porte ouverte à des pathogènes plus virulents

En revanche, les jeunes bovins jusqu’à 6 à 8 mois y sont très sensibles, car ils n’ont pas encore acquis un système respiratoire mature : « L’inhalation de ces poussières est alors susceptible de saturer le système mucociliaire de leur appareil respiratoire, ce qui est de nature à faciliter l’intrusion et le développement de bactéries ou de virus “spécialisés dans les voies aériennes. Ces pathogènes, comme les pasteurelles, peuvent avoir des conséquences irréversibles », indique Benoît Michenot, technicien-conseil au GDS de Loire-Atlantique. L’apparition de toux sèches d’irritation est un signe précurseur de l’inconfort respiratoire lié à la qualité de l’air.

Sachant que la maturité respiratoire est atteinte vers 18 mois, un lot de jeunes taurillons irrités au niveau respiratoire par un air dégradé peut être fragilisé lorsqu’un épisode de grippe survient, surtout s’ils sont confrontés à d’autres formes de stress (sevrage, allotement…) favorisant la dépression immunitaire.

La turbine de paillage à proscrire avant 6 mois

Afin de limiter cette problématique, les éleveurs laitiers pourront privilégier le paillage manuel des veaux avant l’âge de 4 à 6 mois. « Dans tous les cas, la pailleuse traditionnelle avec turbine est le matériel qui laisse le plus de poussière en suspension, cela d’autant plus que la distance de paillage est longue. Elle doit être prohibée avant 6 mois d’âge, ce qui est plus compliqué en élevage allaitant : dans la mesure du possible, il s’agira alors de limiter la vitesse de rotation de la turbine tout en se rapprochant au maximum des zones à pailler. » Afin de ne pas dégrader les conditions de travail, des avancées technologiques permettent d’envisager des systèmes de paillage plus doux, mais aussi plus onéreux.

Dérouleuse-pailleuse : elle génère moins de poussière et a l’avantage de la polyvalence, mais son rayon d’action est moins vaste.

Pailleuse suspendue : elle génère peu de poussière, mais représente un investissement important.

Paillage par soufflerie ou vis : il est équipé d’un système de hachage et de dépoussiérage et peut être utilisé en logette ou aire paillée.

Aérer hors période de repos et nettoyer les bardages

À la suite du passage de la pailleuse, s’il y a beaucoup de particules fines en suspension dans un bâtiment fermé regroupant toutes les classes d’âge, l’air doit être renouvelé le plus rapidement possible. Pour ce faire :

Augmenter les sorties d’air en ouvrant largement les portails ou les bardages amovibles pendant quelques dizaines de minutes. Les animaux de plus de 6 mois peuvent facilement accepter cette hausse ponctuelle de la vitesse de l’air, d’autant plus lorsqu’ils sont actifs, par exemple pendant le repas du matin. Mais c’est à éviter pendant les périodes de repos. Ce renouvellement d’air massif permet d’évacuer l’air vicié par le paillage, mais aussi l’humidité accumulée pendant la nuit.

Veiller à l’entretien des dispositifs d’entrée d’air, notamment les tôles perforées et les filets. Ils sont sujets à s’encrasser par le double effet du paillage mécanique et de l’humidité. C’est un cercle vicieux qui peut clairement dégrader progressivement le renouvellement de l’air au cours de l’hiver. Aussi, il faut prévoir un nettoyage dès qu’un empoussièrement important est observé. Préférer un nettoyage à sec des bardages (air pulsé, balayage manuel) deux à trois fois au cours de l’hiver, voire plus fréquemment selon les équipements utilisés, la qualité de la paille, le type de bardage et l’exposition (au vent, à la pluie).

Profiter de la ventilation dynamique pour augmenter le débit de l’air.

Tondre le dos des veaux en forte croissance, pratique bien connue pour faciliter la transpiration et les échanges thermiques, permet de limiter l’impact des poussières et débris sur leur dos (apparition de maladies ou parasites cutanés : gale, poux).

À noter que la présence de champignons et de moisissures sous le bâtiment est aussi un indicateur d’un défaut de renouvellement de l’air.

Assurer une bonne qualité de paille

Enfin, la prévention des maladies respiratoires passe aussi par la maîtrise de la présence des particules fines et des poussières dans la paille, en amont, même si cet objectif n’est pas toujours facile à atteindre.

Avant la récolte. Avoir une plante saine vis-à-vis des maladies ; limiter la verse et le salissement de la culture par les adventices.

Lors du battage. Récolter après 4 ou 5 jours de temps sec une plante à maturité facilite un battage délicat préservant l’intégrité de la paille.

Pressage. Si possible, laisser la paille sécher quelques jours après la moisson ; viser un hachage en brins de 10 cm en aire paillée.

Stockage. Préserver des intempéries par un stockage en bâtiment ou sous bâche et éviter tout contact avec la terre. Réserver la meilleure paille pour les veaux.

Jérôme Pezon en collaboration avec Benoît Michenot, technicien-conseil au GDS de Loire-Atlantique
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