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« Je manage le post-partum en lien avec mon vétérinaire »

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Confort. , affirme Maxime Helleboid, jeune éleveur du Pas-de-Calais. © J. P.

Début de lactation. À partir d’un protocole défini avec son praticien, Maxime Helleboid réalise un examen clinique systématique des vaches en première et en troisième semaines après vêlage, dans une logique de prévention des maladies.

Depuis un peu plus de deux ans, Maxime Helleboid a mis en place avec son vétérinaire, Claude Joly, un protocole de management de la phase cruciale du post-vêlage. « L’essentiel de la lactation se joue au cours du premier mois, explique l’éleveur. L’idée est de faire très tôt un check-up complet de chaque vache, même celles sans problème apparent, de façon à assurer une prise en charge rapide d&rsquo...
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Depuis un peu plus de deux ans, Maxime Helleboid a mis en place avec son vétérinaire, Claude Joly, un protocole de management de la phase cruciale du post-vêlage. « L’essentiel de la lactation se joue au cours du premier mois, explique l’éleveur. L’idée est de faire très tôt un check-up complet de chaque vache, même celles sans problème apparent, de façon à assurer une prise en charge rapide d’éventuelles pathologies. » Il s’agit d’une application concrète du partenariat éleveur-vétérinaire, dans lequel le praticien délègue l’examen clinique des fraîches vêlées à Maxime Helleboid, qui endosse pleinement son rôle d’éleveur infirmier : dépister et trier les vaches avant qu’elles ne sortent de route. Il peut alors appliquer le protocole de soin défini avec le vétérinaire ou faire appel à lui sans réserve, avant que l’état général de l’animal ne se dégrade. Les interventions du vétérinaire ne sont en effet pas comptées. Elles sont incluses dans un forfait de maintenance sanitaire annuel qui comprend toutes les visites d’urgence, le suivi de reproduction, les échographies, les formations, mais aussi des traitements vendus à marge réduite. « C’est un modèle économique qui va dans le sens de la démédication, souligne Claude Joly. Mon rôle n’est plus de venir faire le pompier. Pour la clinique, c’est un moyen de ne plus dépendre de la vente de médicaments, et pour l’éleveur d’avoir en permanence un vétérinaire à disposition. » Montant de l’investissement pour l’exploitation : de l’ordre de 5 000 € par an, soit 7,5 €/1 000 l.

« L’enjeu : éviter d’avoir à intervenir dans l’urgence »

Chaque semaine, Maxime Helleboid se réserve donc un créneau afin de réaliser l’examen clinique des vaches qui ont vêlé au cours des sept jours écoulés, ainsi que celui des vaches qui ont vêlé depuis plus de vingt et un jours : c’est le management S1-S3. « Ce rythme hebdomadaire est moins contraignant que d’avoir à examiner un grand lot d’animaux une fois par mois, au moment du suivi de reproduction, explique le jeune éleveur. Et c’est surtout plus réactif, l’objectif étant de ne pas avoir à intervenir dans l’urgence. Ainsi, sur un troupeau de 80 vaches, je me focalise sur une vingtaine d’animaux. Je ne perds pas de temps avec celles qui vont bien, je suis plus serein. » De cette réactivité en début de lactation dépend le taux de guérison au cours du premier mois, qui a un impact sur toute la lactation et par ricochet, sur la longévité des animaux.

Trois points de contrôle

Les examens S1 et S3 s’appuient sur les mêmes points de contrôle.

La prise de température. Une température supérieure à 39 °C doit alerter sur des risques d’infection, dont l’origine peut être multiple à la suite d’un vêlage difficile : mammite, métrite, péritonite, infection urinaire ou pulmonaire… C’est pourquoi la mesure est toujours couplée avec l’examen de l’état général de l’animal. Une simple observation du pis, par exemple, est l’occasion de prévenir l’apparition d’une mammite aiguë. « Si l’état général est bon et que l’animal a de l’appétit, je ne fais rien, mais je continue à suivre la température. Il peut en effet s’agir d’une hyperthermie momentanée », précise l’éleveur.

Le dosage des corps cétoniques. Il est réalisé à partir d’une prise de sang, avec un lecteur portatif (photo) qui mesure le taux de BOH (ß-hydroxybutyrate) sanguin, révélateur précoce d’une vache en situation de cétose subclinique : en semaine 1, le taux maximum de BOH est de 1,1 mmol/l ; en semaine 3, de 1,4 mmol/l maximum (la tolérance est un peu plus élevée à l’approche du pic de lactation). Une teneur supérieure en BOH justifie alors une prise en charge avec un apport curatif de propylène à dose thérapeutique pendant deux à trois jours, accompagné d’un nouveau contrôle après quarante-huit heures. Là encore, l’analyse ne dispense pas d’un examen plus approfondi : boiterie, ingestion, état corporel général.

L’examen gynécologique (fouille vaginale et rectale) : il consiste à évaluer l’état de l’involution utérine après la mise bas, en vue d’une mise rapide à la reproduction. « Avec l’expérience, j’acquiers progressivement un sens clinique. En confrontant mes observations avec le diagnostic du vétérinaire, j’ai appris à reconnaître une vulve à problème. C’est très formateur. » L’observation des selles est par ailleurs un moyen de détecter précocement une diarrhée infectieuse.

« Prévenir les réformes subies pour infécondité »

« L’enjeu d’une prise en charge rapide des problèmes est de faire remplir les vaches le plus tôt possible et de réduire le taux de réformes pour infécondité. Cela commence dès le vêlage par le management de la phase S1-S3, puis par une mise à la reproduction dès l’apparition des chaleurs », rappelle Claude Joly. Ici, la répartition équitable des animaux selon leur rang de lactation montre que le troupeau vieillit bien, car il subit moins les réformes : 28 % de vache en première lactation, 20 % en deuxième, 25 % en troi, et 27 % en 4e lactation et au-delà. Seules 16 % des vaches ont reçu trois IA ou plus. L’intervalle vêlage-1re IA est de 68 jours, avec 60 % des vaches inséminées sous ce seuil. « Ce résultat peut être amélioré, affirme le vétérinaire. L’intérêt de cette approche est d’impliquer l’éleveur dans la réflexion autour d’un protocole qui n’est pas figé. Celui-ci pourrait, par exemple, intégrer une injection de prostaglandine avant mon passage sur la ferme pour les vaches qui n’ont pas été vues en chaleur avant 68 jours. La gestation n’est pas une maladie : dès que la vache est physiologiquement prête, elle prend. »

Jérôme Pezon
Examen clinique. Dans la trousse de l’éleveur : des seringues pour la prise de sang, un lecteur de corps cétonique, un thermomètre, des gants et du gel gynécologique, du papier et des crayons de marquage. © J. Pezon
Code couleur. Cette astuce permet de repérer les vaches d’un coup d’œil : vert = mise à la reproduction ; rouge = inséminée ; violet = la vache est confirmée pleine par l’échographie. Si elle est vide, retour au vert. © J. Pezon
Planning. Maxime Helleboid
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