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Un exosquelette pour soulager le trayeur

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p Sac à dos. L’exosquelette se présente comme un sac à dos qui pèse 2,3 kg. Il s’ajuste sur les hanches, les épaules et les bras du trayeur. Son poids est supporté par les hanches. © P. Le Cann

Nouveauté. ADF Milking a travaillé avec un constructeur d’exosquelette afin d’adapter à la traite un modèle existant. Le produit est au point et la commercialisation débute.

Imaginez. C’est l’heure de la traite et vous commencez par vous équiper de votre exosquelette. Il ressemble à un sac à dos qu’il convient de bien ajuster au niveau des hanches, des bras et des épaules. L’ensemble pèse 2,3 kg et très vite, on ne le sent plus. Lorsqu’on lève les bras pour les placer en position horizontale, on sent tout de suite la machine qui prend le relais. Ce ne sont plus vos muscles qui soutiennent...
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Imaginez. C’est l’heure de la traite et vous commencez par vous équiper de votre exosquelette. Il ressemble à un sac à dos qu’il convient de bien ajuster au niveau des hanches, des bras et des épaules. L’ensemble pèse 2,3 kg et très vite, on ne le sent plus. Lorsqu’on lève les bras pour les placer en position horizontale, on sent tout de suite la machine qui prend le relais. Ce ne sont plus vos muscles qui soutiennent les bras, mais bien l’exosquelette. La sensation est étonnante, comme si vous ne maîtrisiez plus votre geste.

Vous prenez une lavette et commencez à nettoyer la mamelle et là, seules vos mains travaillent. Les épaules et les bras sont comme au repos. Il en est de même lorsque vous branchez les faisceaux trayeurs, vous sentez à peine le poids de la griffe. Cet exosquelette a été conçu à l’origine pour soulager des ouvriers dans l’industrie. Il est utilisé par quelques éleveurs et a été testé notamment à la ferme expérimentale de la Blanche Maison (voir LEL n° 301, décembre 2020, page 70). Il est vite apparu qu’il ne convenait pas à toutes les situations. ADF Milking a travaillé avec le fabricant (Gobio, Europe Technologies) afin de l’adapter aux particularités de la traite.

Un modèle testé sur 14 élevages

C’est dans ce but qu’il a été testé sur 14 élevages, ce qui a permis d’apporter­ quelques améliorations. « Nous avons constaté, par exemple, que lorsque les quais de traite sont bas et le trayeur grand, l’assistance démarrait trop tard. Nous avons modifié en conséquence », précise François Derot, directeur d’ADF Milking.

Éleveur de 150 vaches à Plabennec (Finistère), Vincent Goret fait partie des éleveurs ayant testé cet exosquelette. Sa première réaction relève de l’amusement : « C’est drôle, ma main monte toute seule ! J’ai l’impression de ne rien porter. Je ne me sens pas du tout contraint. » Il enchaîne les vaches et s’habitue visiblement très vite à être soutenu ainsi. Parfois, l’exosquelette cogne dans les griffes suspendues, mais ce n’est pas gênant.

Lorsqu’il reprend la traite sans l’exosquelette, Vincent prend conscience des efforts qu’il doit fournir. « Je sens vraiment la différence. J’envisageais d’investir dans un robot de traite, notamment pour préserver ma santé mais finalement, je vais peut-être me contenter de cet outil », sourit l’éleveur.

Les réglages doivent être adaptés au trayeur et notamment au poids de son bras. Sinon, l’assistance risque d’être trop forte et les bras de se lever tout seuls, ou au contraire, trop faible et le soutien est alors insuffisant. Une petite molette permet de régler la tension du câble en acier galvanisé et de porter l’assistance de 1 à 4 kg.

De même, l’ensemble doit s’ajuster à la morphologie de la personne. Il est donc proposé en deux tailles différentes (plus ou moins de 1,70 m). Par ailleurs, le gilet s’enlève en deux clics et se remet en place aussi vite. Il passe à la machine à laver.

À la réflexion, Vincent estime que l’exosquelette apporte un soutien très net surtout pour tirer les premiers jets et laver les mamelles. Mais avec ses 150 vaches, il ne cherche pas seulement à réduire les efforts et la fatigue. Il a besoin aussi de gagner du temps. En ce sens, l’option robot tient la corde. S’il avait eu deux fois moins de vaches, il aurait peut-être opté pour l’exosquelette.

Un prix inférieur à 4 000 €, formation comprise

Aujourd’hui, le modèle est au point. ADF Milking commence la commercialisation à un prix pas encore annoncé mais qui sera inférieur à 4 000 €. « Nous avons travaillé avec le constructeur pour descendre le prix à un niveau qui nous semble raisonnable », précise François Derot.

Ce montant inclut la formation de l’éleveur. En effet, ce type d’équipement relève du domaine paramédical. Le fournisseur a donc l’obligation de s’assurer qu’il est parfaitement adapté au client et que les avantages attendus ne sont pas annihilés par des inconvénients liés à une mauvaise utilisation. Les techniciens d’ADF Milking ont donc été formés pour être capables d’apprendre aux éleveurs à installer et à régler l’exosquelette. Compte tenu des bienfaits de ce système pour la santé, la MSA pourrait aider à son acquisition. Dans l’immédiat, ADF Milking propose une démonstration gratuite aux éleveurs intéressés.

pascale le cann
t Mécanique. Le système comprend deux lames de carbone, qui se tendent lorsque le trayeur baisse les bras. Quand il les lève, la lame se détend et la tension est renvoyée vers un câble en acier galvanisé qui soulève la demi-coque soutenant le bras. © P. L. C.
p Assistance. Lorsque le bras monte en position horizontale, l’effort est soutenu par le mécanisme. L’assistance démarre lorsque la main parvient à 45 degrés. © P. L. C.
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