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L’offre en capteurs connectés s’élargit, pour le confort

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© lev dolgachov

Suivi. Avec le déploiement du web, des smartphones et le développement de technologies comme l’Internet des objets, de nouveaux capteurs connectés arrivent sur le marché pour faciliter le travail quotidien des éleveurs.

être alerté quand un abreuvoir est vide à l’autre bout de la pâture, quand une vache s’apprête à vêler dans les deux heures ou quand une autre est en chaleur, voilà quelques exemples d’applications aujourd’hui disponibles sur le marché. Toutes ces techniques réclament des capteurs connectés qui renvoient des informations, le plus souvent jusqu’au portable de l’éleveur. De nouveaux services...
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être alerté quand un abreuvoir est vide à l’autre bout de la pâture, quand une vache s’apprête à vêler dans les deux heures ou quand une autre est en chaleur, voilà quelques exemples d’applications aujourd’hui disponibles sur le marché. Toutes ces techniques réclament des capteurs connectés qui renvoient des informations, le plus souvent jusqu’au portable de l’éleveur. De nouveaux services arrivent chaque mois. Pierre Cordel, chargé de projet numérique à la ferme expérimentale de la Blanche Maison, dans la Manche, en teste plusieurs. « Nous voulons évaluer l’impact de ces outils sur le travail quotidien des exploitants, explique-il. Le but est de déterminer ceux qui sont les plus utiles et quelles peuvent être encore les voies d’amélioration. Par exemple, nous avons constaté que les colliers détecteurs de chaleurs étaient vraiment efficaces pour repérer les vaches à surveiller. Une fois l’animal identifié, l’éleveur peut rapidement se faire son propre avis et décider de contacter son inséminateur. » Ces colliers mesurent, via un accéléromètre, l’activité de la vache. Il existe aussi des versions podomètres attachés à la patte.

Pour réduire leurs astreintes de surveillance, beaucoup d’éleveurs s’intéressent également aux détecteurs de vêlage. Le principe le plus courant est un capteur à placer sur la queue de la vache lorsqu’elle arrive à terme. Si la queue reste en l’air pendant un certain laps de temps, le capteur envoie un signal vers un boîtier central placé généralement dans la stabulation. Cette passerelle doit être connectée au web pour alerter l’éleveur, sur son téléphone, du vêlage imminent. Chez Biopic, le capteur de vêlage n’est pas placé sur la queue, mais sur un collier au niveau du cou.

Remontée d’informations et conseil personnalisé

D’autres fabricants comme Medria ont développé une sonde vaginale : l’animal l’expulse au début des ­contractions, ce qui déclenche également l’envoi d’une alerte. Un équipement de base, comprenant le boîtier central et quelques capteurs, est vendu entre 2 500 et 4 000 €, selon les marques. Chez certains fabricants, le pack peut être complété par des colliers détecteurs de chaleurs, des sondes mesurant les temps d’ingestion et de rumination, ou surveillant la température de l’animal et donc son état de santé. Dans ce cas, la facture peut monter jusqu’à 12 000 €, selon la taille du troupeau.

Si l’on ajoute à cela des outils d’analyse du lait ou de mesure de l’état corporel des animaux, l’éleveur peut vite se retrouver noyé sous une masse d’informations indigestes.

C’est pourquoi les fournisseurs de matériels misent de plus en plus sur les services associés pour se distinguer de leurs concurrents. Les données collectées remontent vers leur serveur, via une passerelle Internet. Cette centralisation débouche sur des conseils personnalisés renvoyés directement à l’éleveur.

Surveillance des équipements

L’éleveur doit aussi surveiller le bon fonctionnement de toutes ses installations. Un boîtier de contrôle de la clôture électrique peut ainsi rendre bien des services. Placé entre le fil et la terre, il envoie une alerte quand la tension baisse. La plupart des fabricants de clôtures (Lacmé, par exemple) proposent leur propre système à connecter à la box Internet de l’exploitation.

D’autres marques ont conçu des boîtiers universels s’adaptant à la majorité des appareils du marché (Vigifence, Luda Farm…). Ils ont l’avantage de pouvoir être installés en pleine ­campagne, même à plusieurs kilomètres de l’exploitation, car ils communiquent directement vers une antenne relais d’un opérateur téléphonique, soit en 2G, soit par le réseau de l’Internet des objets (lire encadré). ­L’information est traitée au niveau d’un serveur qui retourne ensuite un message vers un portable. Puisqu’il n’envoie pas d’informations en continu, ce type de boîtier dispose d’une autonomie pouvant aller jusqu’à deux ans sans recharge.

Dans le même esprit, Bekosence a reçu une récompense au dernier Space pour sa balise flottante qui alerte l’éleveur quand il n’y a plus d’eau dans l’abreuvoir ou bien si celle-ci est contaminée. Il existe aussi des prises connectées (RF Track, Luda Farm) pour piloter ou surveiller un moteur électrique. Disponibles en différentes versions, elles servent soit à démarrer à distance un appareil, soit à vérifier qu’il fonctionne bien aux horaires prévus. Il est possible de les coupler à un autre capteur, comme un thermomètre, et de déclencher un ventilateur ou un chauffage tout en avertissant l’éleveur. Avec ces accessoires simples d’emploi, l’agriculteur peut piloter du matériel sans se déplacer.

De son côté, la société Visio-Green commercialise toute une gamme de produits connectés, comme des sondes de produits solides ou liquides.

Prévenir aussi le risque de vol

Placées dans un silo ou une citerne, elles informent l’éleveur quand il est temps de se réapprovisionner. Ce type de capteur est utile aussi pour prévenir le risque de vol en avertissant l’agriculteur à chaque fois que quelqu’un prélève du fuel. La plupart de ces capteurs valent entre 150 et 350 € l’unité auxquels peut s’ajouter un abonnement annuel, selon le mode de communication.

Denis Lehé
Autonomie © D. L.
Capteur. Les réseaux bas débit permettent de faire remonter de petites quantités d’informations provenant de capteurs placés en pleine campagne. © Denis Lehé
Alerte. La sonde vaginale de Medria est expulsée par la vache avant le vêlage. © Denis Lehé
2 questions à…
Lexique des modes de communication 2 questions à…

Smartphone, ordinateur, box et autres objets connectés échangent des informations entre eux selon plusieurs protocoles, mais connaissez-vous la différence entre chaque mode de communication ?

— Le Bluetooth est une liaison sans fil utilisant des ondes radio pour un échange de données entre deux appareils éloignés de 10 à 20 m au maximum : le téléphone avec l’autoradio, par exemple. Il est adapté aux petits objets fonctionnant sur batterie car il consomme peu d’énergie. Le débit des transferts reste limité à des informations peu volumineuses.

— Le wi-fi est recommandé pour des volumes de données plus importants. Il fonctionne sur un principe similaire au Bluetooth, mais avec un débit plus élevé. La consommation d’énergie est également plus élevée, d’où un recours presque systématique à une alimentation électrique ou à une batterie plus volumineuse. Ce mode de transmission sert à connecter des appareils entre eux ainsi qu’à Internet, à condition que l’émetteur se situe dans un rayon de 20 à 50 m maximum. Quand deux appareils sont trop éloignés pour communiquer en wi-fi, il est possible de les relier via un pont CPL ou bien une liaison radio.

— La 2G et le GSM  : ces termes désignent le réseau employé par les téléphones mobiles pour la transmission de conversation uniquement par voix ou l’échange de message texte (SMS). Il nécessite l’installation d’antennes relais déployées par les opérateurs tous les 5 à 20 km, selon la configuration du terrain. Pour se connecter au réseau GSM, le téléphone, ou tout autre objet, doit être équipé d’une carte SIM et son utilisateur doit avoir souscrit un abonnement (Orange, SFR, Bouygues, Free…).

— La 3G, 4G et bientôt 5G d ésignent les réseaux qui ont succédé au GSM (troisième, quatrième et cinquième générations). Les progrès ont permis d’augmenter le débit des données transférées (vidéos) et ainsi d’accéder à Internet avec un smartphone, ce que ne permettaient pas les premiers téléphones mobiles. La carte SIM et l’abonnement à un opérateur restent indispensables.

— IdO ou Internet des objets (en anglais, Internet of things ou IoT) : il s’agit d’un mode de communication récent destiné aux « échanges entre machines », mais uniquement en bas débit, ce qui exclut par exemple la transmission de vidéos. Le plus souvent, ce sont des capteurs qui envoient des informations vers un ordinateur. Les réseaux Sigfox et LoRa sont les plus avancés actuellement, mais d’autres sont en développement. Ces réseaux doivent couvrir à terme tout le territoire via des antennes relais installées par les opérateurs. L’avantage est que chaque objet peut se connecter directement à l’antenne sans passer par une box, ni une ligne téléphonique. C’est le cas, par exemple, des stations météo de dernière génération. Parfois, ce n’est pas possible car il subsiste encore des zones blanches, mais aussi pour d’autres raisons techniques : avec certains capteurs miniaturisés ou placés à l’intérieur de l’animal (sonde vaginale, bolus), il n’est pas possible de communiquer jusqu’à l’antenne située à plusieurs kilomètres et l’installation d’une station relais sur l’exploitation reste indispensable.

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