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Si le printemps est très pluvieux, comment déprimer les prairies ?

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Olivier Leray, référent fourrages à Littoral Normand

L’an passé, les pluies et averses jusqu’à la fin avril ont empêché le déprimage des prairies. Même si l’herbe était en quantité suffisante en mai, la production laitière a baissé. Que dois-je faire si cela se reproduit ?

C’est vrai que l’an passé, en Normandie, le mauvais temps a retardé la mise à l’herbe à la fin avril. Soit les prairies étaient difficilement praticables, soit les chemins étaient boueux. Conséquence : les parcelles avaient la même hauteur d’herbe, ce que l’on veut éviter quand on commence le pâturage tournant. Il y avait certes de la quantité, mais l’herbe n’était...
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Réponse de l’expert

C’est vrai que l’an passé, en Normandie, le mauvais temps a retardé la mise à l’herbe à la fin avril. Soit les prairies étaient difficilement praticables, soit les chemins étaient boueux. Conséquence : les parcelles avaient la même hauteur d’herbe, ce que l’on veut éviter quand on commence le pâturage tournant. Il y avait certes de la quantité, mais l’herbe n’était pas très appétente avec, à la clé, des refus. Il a fallu soutenir la production laitière par des correcteurs azotés et en énergie. Le trèfle blanc n’a pas pris sa place au printemps. La gestion compliquée du pâturage en 2018 confirme tout l’intérêt du déprimage

Les trois atouts du déprimage

Préparer le pâturage tournant. Selon les régions, une mise à l’herbe entre la mi-février et début avril contribue à créer un gradient de hauteur d’herbe nécessaire au pâturage tournant. On la conseille à partir de 8 cm de hauteur d’herbe (hauteur herbomètre).

Tallage. Le déprimage stimule le tallage des graminées et freine les espèces précoces comme le dactyle et le vulpin des prés. Un bon point pour l’appétence du couvert ensuite.

Trèfle blanc. Après le déprimage, la lumière arrive au sol, entraînant son réchauffement, ce qui est favorable à la reprise de végétation du trèfle blanc.

À faire maintenant

Stabiliser les chemins. Pour éviter la stagnation de l’eau, on peut les encaisser en veillant à les bomber légèrement. On peut favoriser l’évacuation de l’eau par des petits caniveaux de part et d’autre du chemin.

Décider quelles parcelles déprimer en premier et quand apporter l’azote. Le déprimage est un compromis entre la portance du sol et l’utilisation de la parcelle. Cela a des conséquences sur le premier apport d’azote et la gestion de l’herbe ensuite.

ÆParcelle portante : si elle est destinée uniquement au pâturage, le premier apport d’azote sera avant le déprimage des vaches pour encourager la production d’herbe. Si elle est d’abord ensilée, il sera après le déprimage.

ÆParcelle non portante : destinée au pâturage, inutile de la fertiliser avant le premier cycle. Elle le sera au deuxième si la saison s’y prête.

Si elle est en premier lieu ensilée, la fertiliser dès que possible.

En résumé, on a l’habitude de faire le premier apport d’azote vers le 15 février. En pratique, il faut s’adapte­r à la portance du sol.

Et si le printemps 2019 est très pluvieux ?

Pour lever la crainte d’abîmer ses prairies par le piétinement des animaux, le mieux est de les parcourir. Si le talon de la chaussure marque légèrement le sol, le déprimage est tout à fait envisageable sur de grandes surfaces. De plus, en mars et avril, il y a toujours des fenêtres météo de quelques jours pour sortir les animaux, même deux ou trois heures dans la journée. Cela contribue à créer le gradient d’hauteur d’herbe. Après un hiver en bâtiment, les vaches sont motivées. Elles ne sont pas regardantes sur la qualité de l’herbe. Profitons-en !

Utiliser la capacité d’adaptation des vaches. Diminuer la ration du matin stimule leur appétit. Elles vont consac­rer davantage de temps à consom­mer l’herbe et moins à march­er. C’est un autre moyen de limiter le piétinement en cas de mise à l’herbe tardive.

Trois astuces. Au pire, si l’on n’arrive pas à mettre en place les pratiques précédentes, ne pas hésiter à débrayer des parcelles pour les faucher. Mais pas toutes en même temps pour créer le gradient.

Le pâturage de petites parcelles est un autre moyen. Au fil avant, il évite­ra le gaspillage de l’herbe.

En cas de refus important, on peut faire du toping, c’est-à-dire les faucher lors d’un chantier d’ensilage, par exemple, et les faire consommer dans la foulée.

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