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Mes prairies reverdissent, comment valoriser l’herbe d’automne ?

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J’ai puisé dans mes stocks fourragers pour assurer l’hiver long et l’été sec. J’ai ­récolté 3 t/ha de MS de maïs ensilage de moins que l’an passé. Pour économiser du fourrage, puis-je compter sur le pâturage d’automne des vaches laitières ?

Un éleveur du Calvados

Effectivement, c’est une bonne stratégie de valoriser la pousse de l’automne. Force est de constater qu’aujourd’hui, elle n’est pas suffisamment prise en compte et exploiter. Pourtant, elle offre des valeurs alimentaires intéressantes : en moyenne 0,92 UFL, 140 g de PDIN et 110 g de PDIE par kg de MS, que ce soit en prairie temporaire ou permanente. De plus, si l’on s’organise bien, on peut espérer 5 kg de...
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réponse de l’expert

Effectivement, c’est une bonne stratégie de valoriser la pousse de l’automne. Force est de constater qu’aujourd’hui, elle n’est pas suffisamment prise en compte et exploiter. Pourtant, elle offre des valeurs alimentaires intéressantes : en moyenne 0,92 UFL, 140 g de PDIN et 110 g de PDIE par kg de MS, que ce soit en prairie temporaire ou permanente. De plus, si l’on s’organise bien, on peut espérer 5 kg de MS par vache et par jour durant six semaines. C’est certes 2 à 2,5 fois moins qu’au printemps, mais ce n’est pas négligeable.

Laisser du temps à la prairie

Après un été chaud et sec durant lequel les prairies étaient un paillasson, il faut leur laisser le temps de reconstituer une densité de peuplement. Or, dès qu’elles reverdissent, on a l’impression qu’il y a suffisamment d’herbe. La tentation est de diminuer de quelques kilos la quantité de matière sèche de maïs ensilage et de remettre les vaches au pâturage. Seulement, la plupart du temps, la réduction du maïs est supérieure à ce que fournit la prairie. Entre le printemps et l’automne, la constitution du fond prairial évolue. C’est encore plus vrai après un épisode sec. Les graminées productives (RGA, vulpin, fléole et pâturin des prés) diminuent au profit des graminées gazonnantes (pâturin commun, agrostis). La quantité d’herbe ingérée se limite à 1 ou 2 kg de MS/vache/jour alors que l’on peut monter à 5 kg si l’on attend un peu, avec une économie de correcteur azoté à la clé.

Mieux vaut reculer la mise à l’herbe d’automne pour un peuplement de la prairie plus important. Dit autrement, comme au printemps, l’objectif est de constituer un stock d’herbe sur pied. Dès que l’on a quinze jours d’herbe d’avance, on peut déclencher le pâturage. Cela oblige à mesurer les hauteurs d’herbe avec un herbomètre. Le résultat obtenu intègre les deux dimensions : hauteur et densité. En l’absence d’herbomètre, on peut certes s’appuyer sur le réseau de croissance de l’herbe qui existe dans quarante départements. On peut également observer ses vaches. Si elles pâturent la parcelle deux fois plus rapidement qu’au printemps, on considère qu’il n’y a pas assez d’herbe. Bien sûr, attendre ce stock sur pied diminue la période de pâturage de deux à trois semaines. La contrepartie est une véritable part d’herbe pâturée dans la ration et un effet sur la consommation de concentré azoté.

Réduire le coût alimentaire de 15 % à l’automne

L’herbe d’automne et le maïs-ensilage sont complémentaires et permettent une réduction du correcteur azoté. En effet, substituer 1 kg de MS de maïs par 1 kg de MS d’herbe revient à économiser 40 g de PDIN de tourteau de soja. Pâturer 5 kg de MS d’herbe économise donc un peu plus de 600 g de tourteau de soja/vache/jour, soit un gain de 500 à 1000 € selon la taille du troupeau. Cette optimisation combinée à moins de maïs consommé conduit à une baisse du coût alimentaire « vaches » de 15 % sur six semaines. C’est ce que montre le suivi de deux troupeaux laitiers du Calvados, à condition d’être réactif dans l’ajustement de la ration automnale.

Penser à la pousse d’herbe du printemps suivant

Si on a la chance d’avoir un automne pluvieux et doux qui prolonge le pâturage, attention à ne pas faire pâturer les vaches en dessous de 3,5 cm de hauteur d’herbe. La prairie aura du mal à repartir au printemps, surtout si l’hiver s’avère froid, si le sol se réchauffe mal ou est sensible à l’hydromorphie. La mise à l’herbe s’en trouvera retardée.

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