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La flambée du prix des intrants me perturbe beaucoup. Pour quelle stratégie faut-il opter ?

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La guerre en Ukraine accentue les tensions sur les marchés des matières premières et rend très difficile toute prévision ou anticipation d’achats.


La hausse du prix des engrais, du carburant et des aliments correspond à 250 € par vache. Elle est pour le moment compensée par celle des produits lait et viande. Sécuriser les approvisionnements ultérieurs est très compliqué. Les niveaux de prix des aliments sont tels qu’il n’y a aucun intérêt aujourd’hui à le faire. Il faut rester malgré tout en veille sur des opportunités. La marge sur...
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réponse de l’expert

La hausse du prix des engrais, du carburant et des aliments correspond à 250 € par vache. Elle est pour le moment compensée par celle des produits lait et viande. Sécuriser les approvisionnements ultérieurs est très compliqué. Les niveaux de prix des aliments sont tels qu’il n’y a aucun intérêt aujourd’hui à le faire. Il faut rester malgré tout en veille sur des opportunités. La marge sur coût alimentaire dictera la décision d’achat. Nous rentrons dans un monde où le prix des aliments et leur disponibilité sont incertains. Tout dépend des récoltes 2022 et de la capacité des Ukrainiens à semer leur tournesol. En temps de paix, après le dégel, ils disposent au printemps de quinze jours de semis. Le tourteau de tournesol est essentiellement consommé par les monogastriques. En cas de pénurie, les éleveurs se reporteront sur les tourteaux de soja et de colza, ce qui accentuera la flambée des prix.

Économiser les concentrés

Dans ce contexte, l’économie de concentrés est la stratégie la plus sûre. Les kilos que vous économisez aujourd’hui sont ceux que vous n’achèterez pas demain. La réforme rapide des vaches plutôt que leur engraissement est une piste à mettre en œuvre. La réforme de vaches par anticipation aussi. L’évaluation de leurs incidences à court terme (prix de la viande élevé) et à moyen terme guidera la décision.

Un taux d’urée entre 200 et 220 mg/l. Plus que jamais, la teneur en urée dans le lait est un indicateur très utile pour piloter le correcteur azoté. L’objectif est de 200 à 200 mg par litre. Au-delà, l’azote apporté est moins efficace. La période de pâturage est particulièrement sujette à ce gaspillage. À partir de 220 g, il faut se dépêcher de réduire le correcteur. Cela suppose en amont de bien valoriser l’herbe pâturée. C’est encore plus vrai cette année. Rappelons que les UFL et les PDI fourragers sont les moins chers, que ce soit en fourrages conservés ou en herbe pâturée. Dans le dernier cas, en pleine pousse, cela passe par des mesures de hauteurs d’herbe pour respecter les 12 cm à l’entrée des vaches dans la parcelle et les 5 à 6 cm en sortie. Cela passe aussi par des prévisions de stocks d’herbe sur pied pour déterminer le circuit des parcelles. N’hésitez pas à solliciter votre organisme de conseil.

Azote minéral sur les prairies. Vu le prix des engrais, il est tentant de réduire l’azote minéral sur les prairies pâturées par les laitières. Or, il assure le rendement (1 t de MS pour 25 unités/ha) et une teneur en MAT plus élevée de l’herbe. Si vous avez fait l’impasse du premier apport en sortie d’hiver, un rattrapage de 30 à 50 unités par hectare après le déprimage est possible. La même dose sera épandue après le cycle suivant.

Assurer la gestation et le vêlage

Arbitrer le concentré énergétique. Lorsque le pâturage est dominant dans la ration, réduire d’un kilo la quantité du concentré profilé « énergie » abaisse le lait de 0,94 kg, le TP de 0,25 g/kg et élève le TB de 0,2 g, selon la synthèse de 24 essais sur le sujet, soit un gain de 0,368 € par vache par jour (grille bas-normande et lait à 380 €/1000 l). Avec un kilo de concentré de production à 0,36 €, l’économie de concentré est atteinte sans marge sur coût alimentaire supplémentaire. Mais elle ne doit pas se faire aux dépens de la programmation fœtale. Cette décision sera prise en fonction de l’herbe disponible. En revanche, avec moins d’un tiers de la ration en pâturage, on peut baisser de 20 % le concentré énergétique. Les derniers kilos apportés sont les moins efficaces.

Vaches taries : zéro économie. L’économie de concentrés ne concerne pas les taries, au risque, sinon, de problèmes métaboliques. Dans tous les cas, il faut continuer d’assurer la bonne santé des vaches par les minéraux et vitamines et par le bon équilibre MAT/UFL. L’entretien de leur potentiel productif leur permettra de bien valoriser la ration.

émilie turmeau,
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