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Est-il utile d’acheter un additif pour aider mes vaches à supporter le stress thermique ?

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Yann Martinot, directeur technique d’Elvup

Durant la semaine de fortes chaleurs mi-juin, j’ai acheté dans la précipitation un complément alimentaire pour inciter mes vaches à boire davantage. Après coup, je me pose la question de son efficacité ?

Un éleveur d’Indre-et-Loire

Si le principal argument de vente est d’inciter la vache à boire davantage, l’additif n’a aucune utilité. Si elle s’abreuve alors qu’elle n’en a pas besoin, elle rejettera l’eau dans ses urines. La priorité numéro un est un nombre de points d’eau suffisant, c’est-à-dire un pour 10 laitières maximum, à raison de 10 cm linéaires par vache. En revanche, les additifs...
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La réponse de l’expert

Si le principal argument de vente est d’inciter la vache à boire davantage, l’additif n’a aucune utilité. Si elle s’abreuve alors qu’elle n’en a pas besoin, elle rejettera l’eau dans ses urines. La priorité numéro un est un nombre de points d’eau suffisant, c’est-à-dire un pour 10 laitières maximum, à raison de 10 cm linéaires par vache. En revanche, les additifs de minéraux sont judicieux. Veillez à ne pas les acheter à un prix excessif. Leur apport renvoie en effet au mécanisme de régulation de la température corporelle.

Corriger la perte des minéraux due à la transpiration

La vache évacue la chaleur à 70 % par la transpiration, qui s’accompagne, par la sueur, d’une perte plus importante de sodium et de potassium, et, par ricochet, de magnésium qu’il faut corriger.

Le sodium. Vous êtes habitués à augmenter l’apport de sel l’été, en vous assurant que les pierres à lécher sont bien à disposition. La recommandation est de 80 g de sel par vache et par jour contre 50 à 60 g le reste de l’année. Deux à trois jours avant et après la période de fortes chaleurs, il faut aussi procurer à l’animal une bonne réserve alcaline par la distribution de 250 à 300 g/j de bicarbonate de sodium.

Potassium. Si la ration se compose d’au moins 50 % de pâturage ou d’ensilage d’herbe, il est inutile de la corriger en potassium qui est déjà très élevé. En revanche, avec une ration de maïs ensilage majoritaire, on accroît sa part. De 1 % à 1,2 % de la matière sèche, on passe à 1,6 % à 1,8 %. Le mécanisme d’absorption du magnésium étant sur le même chemin, on l’accroît aussi à 0,35 %.

Vitamine E et sélénium en complément : pourquoi pas

Des additifs composés de sélénium et de vitamine E peuvent également aider la vache à supporter le stress thermique. À condition de rester dans des présentations classiques, apporter ces antioxydants va dans le bon sens. Car qui dit stress thermique, dit stress oxydatif qui pénalise le fonctionnement cellulaire. Les deux antioxydants participent à la limitation de la perturbation immunitaire. Par contre, je ne vois pas l’intérêt d’ajouter des levures.

Attention au risque d’acidose

Un peu plus d’amidon. Quand la vache a chaud, elle mange moins pour réduire son extra-chaleur. Cette baisse d’ingestion s’accompagne d’une baisse de la durée de rumination, et donc, d’une moindre stimulation de la production de salive, avec à la clé, une baisse du pH du rumen et un risque d’acidose. Pour limiter ce phénomène, on peut augmenter le taux d’amidon dans la ration car il dégage moins d’extra-chaleur par NDF. Mais attention ! Il ne faudrait pas que l’ajout de maïs ensilage ou grains fasse basculer les laitières en acidose. La ration finale doit être sous les 25 % d’amidon et au moins de 35 % de NDF.

Matière grasse au cas par cas. Cette solution peut éventuellement être envisagée pour les hautes productrices. Si vous utilisez en routine, par exemple, de la matière grasse protégée de colza ou de tournesol, continuez. Sinon, à plus de 1 500 € la tonne, ce levier est trop onéreux. Son intérêt : cette énergie fermente peu dans le rumen. Elle ne produit pas d’extra-chaleur en plus. Quant à la matière azotée totale, elle peut être haussée de 1 % pour concentrer un peu plus la ration.

N’oubliez pas votre bon sens !

Logiquement, les vaches fréquentent l’auge lorsqu’il fait frais. Il faut s’organiser pour qu’elles consomment tôt le matin et le soir. Sans oublier le front d’attaque : pour éviter son échauffement, l’avancer quotidiennement, en passant tous les deux jours au même endroit.

PROPOS RECUEILLIS PAR CLAIRE HUE

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