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OPLB et Lactalis débattent des contrats tripartites et du renouvellement des générations

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À la gauche de Ronan Jacques, président de l’OPLB (deuxième en partant de la gauche), Serge Moly, Fabien Choiseau et Christophe Barayre, responsables des approvisionnements de Lactalis respectivement pour le monde, la France et l’Ouest.

Le contrat tripartite signé avec Leclerc apporte de l’espoir. Mais il faudra aller beaucoup plus loin si l’on veut maintenir la production laitière.

La dernière assemblée générale de l’OPLB (OP Lactalis Bretagne) a été l’occasion de lancer le débat avec l’entreprise sur deux sujets cruciaux et liés : les contrats tripartites et le renouvellement des générations. Serge Moly, Fabien Choiseau et Christophe Barayre responsables des approvisionnements de Lactalis respectivement pour le monde, la France et l’Ouest, se sont prêtés au jeu avec...
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La dernière assemblée générale de l’OPLB (OP Lactalis Bretagne) a été l’occasion de lancer le débat avec l’entreprise sur deux sujets cruciaux et liés : les contrats tripartites et le renouvellement des générations. Serge Moly, Fabien Choiseau et Christophe Barayre responsables des approvisionnements de Lactalis respectivement pour le monde, la France et l’Ouest, se sont prêtés au jeu avec les adhérents de l’OP.

« J’ai fait n’importe quoi : toujours le nez dans le guidon, je n’ai pas vu vieillir ma mère. Les jeunes ne veulent pas faire ça et ils ont raison », lance une éleveuse. Plusieurs jeunes rebondissent et témoignent d’un certain changement des valeurs avec le travail au fil des générations. Travailler, oui, mais à condition de dégager du revenu et d’avoir du temps pour vivre. « Vous allez manquer de lait. Aujourd’hui, quand on a trop de travail et pas assez de revenu, on vend les vaches. Et elles ne reviendront pas. »

Pour Ronan Jacques, président de l’OP, la « dérive vers des préoccupations environnementales et sociétales » constitue une vraie menace. « Elle est en contradiction avec le fait que nos produits sont vendus dans un système libéral. Si, à l’avenir, on nous paie pour planter des haies et entretenir la biodiversité, on ne s’embêtera plus avec les vaches. » Il tend la perche à Lactalis. « Êtes-vous prêts à vous retrousser les manches pour bâtir un projet arrimant la production à des critères économiques ? Si on laisse les politiques gérer l’installation, la production va se retrouver déconnectée de l’économie. »

Seulement 2 % du lait concerné par le tripartite avec Leclerc

Serge Moly semble avoir pris la mesure du problème et souligne qu’il est multidimensionnel, mêlant des enjeux économiques et sociétaux. Lactalis accompagne les jeunes en leur donnant des volumes additionnels et se bat avec les GMS pour la prise en compte des coûts de production dans les tarifs. Il rappelle que la loi Égalim a permis une inflation de 2 % en 2019 sur les produits laitiers, 1 % en 2020 et quasiment 0 en 2021. « C’est décevant. Nous avions demandé une hausse de 5 €/1 000 l au titre de la hausse des coûts de production. Nous venons d’envoyer une deuxième demande de revalorisation. »

Dans ce contexte de concurrence exacerbée, la signature d’un contrat tripartite avec Leclerc constitue une bonne nouvelle. C’est une première qui permet à l’OP d’entrer dans la négociation. Mais le prix de vente au consommateur reste décidé par le distributeur. Et surtout, seulement 2 % du lait est concerné. Cela n’a pas empêché Leclerc de lancer une vaste campagne de communication qui a sûrement fait croire aux consommateurs que l’opération allait bien plus loin en matière de volume.

La dynamique enclenchée doit s’étendre à d’autres produits et d’autres enseignes pour être perceptible dans les comptes des producteurs. « Nous avons des demandes d’autres distributeurs avec des conditions insuffisantes pour l’instant, précise Serge Moly. Nous poursuivons les discussions. » Car il n’est pas question d’accepter que ce type de contrats ne serve qu’à redorer l’image des distributeurs.

« L’OP a joué le jeu et vous ne devez pas l’oublier. Leclerc sort gagnant de cette opération. Il faut aller beaucoup plus loin », conclut Ronan Jacques.

Pascale Le Cann
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