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« La valeur dégagée par Eurial se fera surtout par les ingrédients »

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Pascal Le Brun est président d’Eurial, la branche lait d’Agrial. Elle collecte 2,14 Mds de litres de lait de vache (2,15 Mds en 2019), 111 Ml de lait bio et 155 Ml de lait de chèvre. La formule de calcul du prix du lait de vache comprend un prix de revient de 365 €/1 000 l (en 2020) pour les 15 % de PGC France, le prix allemand pour les 25 % de PGC export et la valorisation beurre-poudre pour les 20 % d’ingrédients. Les 40 % restants sont en contrat avec Savencia (1 Mdl). L’arbitrage final se fait par le conseil d’administration. © C. Hue

Créée il y a dix ans, Eurial continue de se construire entre prix du lait et volumes, entre PGC et ingrédients. Avec aujourd’hui 15 % de PGC France, la branche lait d’Agrial estime qu’elle engrangera plus rapidement de la valeur ajoutée via les ingrédients.

Au terme d’une année de crise sanitaire, quels sont les résultats d’Eurial-Agrial ?
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Au terme d’une année de crise sanitaire, quels sont les résultats d’Eurial-Agrial ?

Pascal Le Brun : Les comptes ne sont pas définitivement arrêtés mais le chiffre d’affaires d’Eurial devrait être quasi identique à celui de 2019 (2,4 milliards d’euros). L’année a été rude. La crise sanitaire a provoqué une chute de nos ventes en RHF de 24 %. Les ingrédients destinés à l’industrie agroalimentaire ont baissé de 5 %. En revanche, le marché de la GMS a progressé de 3 %, en particulier grâce aux beurre, fromage de chèvre et lait UHT. Pour Eurial, l’année 2020, c’est aussi l’incendie de notre fromagerie de mozzarelle à Luçon (Vendée) et l’expiration du contrat avec Sodiaal fin juin. Sur les 230 Ml que nous avons repris, 60 Ml sont aujourd’hui valorisés au prix beurre-poudre. Eurial ne possède pas la capacité industrielle de les transformer. Sodiaal s’en charge en travail à façon.

La collecte excédentaire d’Eurial-Agrial va-t-elle perdurer en 2021 ?

P. L. B. : Oui. Si l’on cumule ces 60 Ml et l’incendie de Luçon, ce sont 120 à 130 Ml qui seront vendus en lait concentré ou sur le marché du lait Spot. Nous devons attendre la reconstruction de Luçon, qui va s’accompagner d’une augmentation de sa capacité de transformation : 200 Ml, contre 130 Ml avant l’incendie. L’investissement en cours sur l’autre site de mozzarelle (43 000 t), à Herbignac, en Loire-Atlantique, ne transformera pas plus de lait mais améliorera la qualité des protéines sériques issue de la caséinerie et, demain, de la fromagerie. Nous espérons un lancement fin 2021. De même, à Herbignac, la reconstruction de la tour de séchage, obsolète, devrait être achevée en 2023.

Pourquoi les investissements sont-ils surtout focalisés sur les ingrédients ?

P. L. B. : Ce n’est pas tout à fait exact. En 2016, Eurial a établi­ un plan pluriannuel d’investissements de 150 M€. Il est maintenu malgré la crise. L’achat, ces dernières années, de la fromagerie Guilloteau, de la filiale italienne de Senoble et de Rotkäppchen­ Peter Jülich renforce nos PGC France et export. L’extension de la marque Grand Fermage à d’autres produits que le beurre va y contribuer aussi. Néanmoins, au vu de notre mix-produit en lait de vache (15 % de PGC France, 25 % de PGC export, 20 % d’ingrédients et 40 % avec Savencia), aller chercher la valeur ajoutée se fera via les ingrédients. Même si nous doublions les PGC France, ils monteraient à 30 %… encore largement en dessous des 50 % de Lactalis ou Sodiaal.

Que répondez-vous aux producteurs qui reprochent à Eurial-Agrial d’être dans le bas du classement des prix 2020 ?

P. L. B. : En Bretagne-Pays de la Loire, Eurial a payé le lait 352,06 €/1 000 l, en Basse-Normandie 355,36 € (ristournes incluses). Dans la première, elle a instauré l’an passé la première étape de la convergence, qui correspond à 2,6 €, l’écart entre les deux régions a été réduit à 3,34 € TPQC. J’insiste sur ce point car il a été rendu possible par nos efforts de négociations commerciales et la réduction de frais fixes. L’objectif en 2021 est de se rapprocher des prix des grands acteurs laitiers, dans le respect de la loi Égalim. J’ajoute qu’Eurial a versé 4 € de plus de prix de base que sa formule de prix [NDLR : lire ci-dessus]. En mettant l’accent sur les PGC France, la loi Égalim creuse les écarts sur le prix du lait entre les industriels bien positionnés sur ce marché et des entreprises telles que la nôtre.

Eurial-Agrial continue-t-elle de proposer des volumes en plus aux producteurs ?

P. L. B. : Au vu de nos excédents, nous n’envisageons pas de prêts de volumes en 2021. Mais malgré la crise du Covid-19 et l’incendie de Luçon, nous ne modifions pas la grille de pénalisation au-delà de la référence contractuelle. De plus, depuis un an, la circulation des volumes entre adhérents est facilitée : elle est élargie aux régions limitrophes (60 Ml en 2020). Eurial, c’est aussi un soutien à l’installation : prix de base plancher à 300 € et attribution de 200 000 l par JA.

Propos recueillis par Claire Hue
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