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« Milcobel cherche des producteurs dans le nord de la France »

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Nils van Dam est directeur général de Milcobel depuis deux ans. La coopérative flamande transforme 1,4 milliard de litres de lait, pour un chiffre d’affaires de 1,14 Md€. Elle collecte 2 000 producteurs, dont trente exploitations françaises (31 Ml). © Jérôme Pezon

Après avoir traversé une période de crise, Milcobel s’est restructurée et affiche 18 mois de hausse continue de son prix de base. La coopérative belge est désormais à la recherche d’adhérents, en priorité dans les départements des Hauts-de-France.

Fin 2020 L’Éleveur laitier évoquait les difficultés de Milcobel. Aujourd’hui, vous annoncez un prix standard de 515 € puis de 555 € (42/33) en mai et juin. Cette embellie est-elle le seul fait du marché ?
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Fin 2020 L’Éleveur laitier évoquait les difficultés de Milcobel. Aujourd’hui, vous annoncez un prix standard de 515 € puis de 555 € (42/33) en mai et juin. Cette embellie est-elle le seul fait du marché ?

Nils van Dam : C’est l’effet combiné du marché­ sur la part de notre mix-produit dédié aux ingrédients et d’un changement de stratégie débuté depuis 2021.

En 2020, le prix payé par Milcobel était en effet très inférieur à la moyenne des laiteries belges et européennes en raison d’un manque certain de compétitivité. La perte de confiance avait alors conduit des membres à quitter la coopérative pour un volume équivalent à 400 Ml, à un moment où notre environnement avait besoin de lait. Cette situation a entraîné l’élection d’une nouvelle présidente, Betty Eeckhaut, avec un nouveau conseil d’administration et une nouvelle direction chargés de redéfinir la stratégie. Ensemble, petit à petit, nous avons restructuré la maison. Cela se traduit par une hausse du prix du lait pour le 18e mois consécutif. Toutes primes comprises c’est un prix de 595 € auquel peuvent prétendre les producteurs en juin. Nous avons aussi augmenté et déplafonné la prime au volume pour inciter à produire plus. Résultat : la collecte a progressé de 3,5 % depuis janvier.

Quel changement de stratégie la nouvelle direction a-t-elle mis en œuvre ?

NVD : C’est la stratégie Phoenix : Milcobel est passé d’une stratégie de volume, dans une logique d’économie d’échelle, à une stratégie tournée vers le client et la valeur ajoutée. Celle-ci consiste à diriger les volumes de lait vers le mix-produit le plus valorisant. Nous avons ainsi fermé notre usine de lait de consommation (200 Ml), pas rentable depuis des années, et une vieille tour de séchage (100-120 Ml) pour nous focaliser sur des ingrédients plus haut de gamme.

Désormais, notre mix-produit se compose de 50 % d’ingrédients, 20 % de fromage sous marque et MDD qui nous positionne comme le plus gros faiseur sur le marché intérieur et 30 % de glaces MDD pour lesquelles nous sommes le deuxième producteur de l’UE. Le second pilier de notre redressement repose sur un plan d’économies de 50 M€ à échéance 2025. En seulement 1,5 an nous avons déjà atteint 41 M€. Enfin, nous faisons évoluer le mode de gouvernance vers plus de transversalité.

On peut dire que Milcobel revient de loin. La priorité était de retrouver un bon prix du lait et le marché nous a aidé. Sur la part des produits de consommation, la hausse du prix est plus difficile à obtenir avec les distributeurs. Mais les négociations pour 2023 vont bientôt commencer : notre position de leader et la demande croissante pour des produits locaux nous placent en position de force pour faire reconnaître nos coûts de production. Ainsi, Milcobel redevient une coopérative ouverte et nous cherchons de nouveaux membres pour répondre à notre volonté d’augmenter la production de mozzarella.

Êtes-vous prêt à vous approvisionner en France ?

NVD : Oui. Dans un premier temps notre besoin est de 90 Ml. Nous cherchons à acheter du lait en vrac, mais surtout des producteurs, basés dans les Hauts-de-France. Et Milcobel a des avantages à faire valoir : un bon niveau de prix, sans volume différencié, et la possibilité offerte aux éleveurs de développer leur production. Par ailleurs, je suis convaincu que le nouvel équilibre de notre mix-produit offrira une plus grande stabilité du prix du lait. Nous voulons prouver aux éleveurs français que nous méritons leur confiance et que nous nous inscrivons sur le long terme. C’est pourquoi, pour les producteurs intéressés, nous sommes prêts à attendre la fin de leur contrat avec leur laiterie.

Face à la pression grandissante des nouvelles règles environnementales et à l’enjeu du renouvellement de génération, la compétition pour le lait est énorme en Belgique, où beaucoup de sociétés belges, mais aussi néerlandaises, sont en demande de lait. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas négliger le marché français.

Propos recueillis par Jérôme Pezon
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