Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

PASCAL MASSOL, fondateur de l’Apli« Avec notre langage direct, on est rentrés partout et on nous écoutait »

réservé aux abonnés

Pascal Massol, le fondateur et leader charismatique de l’Apli, a cessé tout militantisme pour se recentrer sur son exploitation aveyronnaise, convertie en bio et orientée vers la vente directe avec le réseau Invitation à la ferme. La grève du lait est loin mais les souvenirs vivaces. Car tout a débuté ici, avec une poignée de rebelles. Automne 2008 : l’espagnol Leche Pascual veut se désengager de sa collecte.
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
14%

Vous avez parcouru 14% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Pascal Massol, le fondateur et leader charismatique de l’Apli, a cessé tout militantisme pour se recentrer sur son exploitation aveyronnaise, convertie en bio et orientée vers la vente directe avec le réseau Invitation à la ferme. La grève du lait est loin mais les souvenirs vivaces. Car tout a débuté ici, avec une poignée de rebelles. Automne 2008 : l’espagnol Leche Pascual veut se désengager de sa collecte.

« On a commencé par bloquer les camions et appeler les médias. Puis il y eut les premières réunions et très vite, des salles combles. On s’est dit : il faut y aller, essayer quelque chose, ras-le-bol de ce système où le producteur enrichit l’aval et ne reçoit que du mépris. » En guise de tirs de semonce, deux mini-grèves du lait sont lancées dans le Sud-Ouest et filmées par les médias. Ce fut là leur génie : avoir compris la force des images, celles du lait jeté aux égoûts. Pascal a ensuite activé son réseau de passionnés de génétique holstein à travers l’Hexagone. Beaucoup subissaient la crise de plein fouet.

« Par la grève du lait, nous allions montrer notre force »

Fort de cet appui, tout est parti très vite. L’Apli a pris sa place sur le terrain et adhéré à l’EMB, loin des autres syndicats. Un leitmotiv d’indépendance qui a fait mouche chez beaucoup, ceux qui jusque-là restaient dans l’ombre, fragilisés économiquement mais surtout se sentant manipulés par un système qu’ils ne comprenaient plus. « Notre discours était clair : un prix de 400 €/1 000 litres qui rémunère nos coûts de production et une régulation européenne de la production. Par la grève du lait, nous allions montrer notre force. La FNSEA s’est complètement plantée en nous méprisant. »

La grève a duré quatorze jours sans rien obtenir de concret. Pourquoi l’avoir stoppée ? « On aurait pu aller au clash et sevrer les transformateurs, mais les autres pays européens n’ont pas suivi, la FNSEA non plus, la Confédération à peine. Mais nous n’avions pas prévu la suite. »Pourtant, l’automne et l’hiver 2009-2010 ont été riches en meetings pour l’Apli, avec une véritable « Massol mania ». En aviez-vous conscience ? « J’ai touché du doigt le pouvoir d’un leader. Les éleveurs étaient tant remontés qu’il aurait suffi d’un rien pour les amener à des actions plus radicales. Mais j’ai toujours gardé les pieds sur terre et je n’aime pas la violence. Quand j’entends la comparaison avec les Gilets jaunes, je rappelle que nous n’avons pas rayé une seule voiture. » Ensuite, l’Office du lait qui devait rassembler un maximum de livreurs n’a rien concrétisé de tel.

« Nous avions une vraie capacité à faire du lobbying »

« Cela a été mal vendu par des personnes pas crédibles. Il y a eu aussi la montée des ego, des luttes de pouvoir, des trahisons. En 2011, j’ai tiré ma révérence, sans regret. L’Apli a voulu ressembler à un syndicat, avec les mêmes travers. »

Mais vous, Pascal, vous en auriez fait quoi de l’Apli ? « Nous avions une vraie capacité à faire du lobbying. Avec notre langage direct et sans fard, notre culot, on est rentrés partout et on nous écoutait : ministres, députés, commissaire européen, etc. Le droit de se réunir en OP, c’est nous ! Mais il en fallait quatre ou cinq en France, pas plus. Ça ne s’est pas fait par manque de leader et de courage syndical. Aujourd’hui, je verrais bien l’Apli dans un rôle de lobbyiste pour négocier notamment la place des producteurs dans le futur marché du carbone. »

Et quitter votre retraite de militant pour une nouvelle cause ? « Je reste tranquille chez moi, sauf peut-être si la filière bio française et Biolait se trouvaient en danger. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités