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« Nous cherchons à concilier performance, revenu et travail »

Marge. Dans un système de montagne, en lait conventionnel, le Gaec Avenir optimise la production et les coûts tout en conservant du temps pour la vie de famille.

Installés à 1100 m d’altitude en Margeride, sur un plateau granitique aux sols légers, Roland et Serge Valentin ont fait le choix de la productivité, quitte à distribuer plus de concentré que d’autres afin de permettre à leurs montbéliardes d’exprimer leur potentiel. En cinq ans, la production moyenne par vache a ainsi grimpé de 8308 kg à 9 067 kg. Aujourd’hui, le Gaec arrive à produire...
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Installés à 1100 m d’altitude en Margeride, sur un plateau granitique aux sols légers, Roland et Serge Valentin ont fait le choix de la productivité, quitte à distribuer plus de concentré que d’autres afin de permettre à leurs montbéliardes d’exprimer leur potentiel. En cinq ans, la production moyenne par vache a ainsi grimpé de 8308 kg à 9 067 kg. Aujourd’hui, le Gaec arrive à produire 500 000 litres avec seulement 60 laitières. « Cet effectif correspond bien à notre structure en matière de bâtiments et de surfaces fourragères. Notre objectif est maintenant de rester à ce niveau tout en réduisant un peu les coûts et la charge de travail », note Roland. Sa femme, Laure, travaille pour l’instant à mi-temps à l’extérieur tout en participant aux travaux de la ferme. « Je trais tous les soirs et le matin quand je ne travaille pas », précise-t-elle­. Au 1er septembre, elle va prendre le relais de Serge, le père de Roland. Pour autant, le jeune couple compte bien parvenir à garder du temps pour leurs trois garçons de 4, 8 et 11 ans.

Une bonne efficacité alimentaire

Avec un chargement de 0,7 UGB/ha, leur système reste extensif. Ils optimisent la production d’herbe, en quantité comme en qualité, afin d’assurer à moindre coût la ration de base. Les stocks sont constitués avec 10 ha de céréales, 30 ha de prairies permanentes fanées et 50 ha de prairies temporaires ensilées puis enrubannées. Pour ces dernières, Roland mise avant tout sur le ray-grass hybride. « Il est plus riche en sucres que le dactyle et donne une belle première coupe dès le 15 ou le 20 mai. Je suis ainsi certain d’avoir une seconde coupe fin juin ou début juillet avant que la sécheresse ne s’installe », explique-t-il

Par rapport à la moyenne d’un groupe d’éleveurs laitiers de la Margeride, les coûts en fourrages du Gaec ramenés aux 1000 kg de lait n’étaient en décembre 2020 que de 28 € contre 58 € pour le groupe (voir tableau page suivante). À l’inverse, pour les concentrés et déshydratés, l’élevage dépensait 89 € contre seulement 73 € pour le groupe. « Mais l’efficacité alimentaire de la ration était meilleure, de même que la marge sur coût alimentaire », souligne Franck Villevieille, conseiller à la chambre d’agriculture de Lozère, qui accompagne le Gaec. Ce résultat reste dépendant du coût des aliments achetés. En 2020, ceux-ci ont augmenté et l’EBE est descendu à 47 000 €, contre 50 000 € à 65 000 € les années précédentes. « L’équilibre n’est jamais gagné d’avance, il faut parfois ajuster la conduite du troupeau », note Roland, qui se demande s’il ne va pas réduire un peu le concentré si les prix continuaient à grimper.

En stabulation, les laitières reçoivent une ration semi-complète. En janvier 2021, celle-ci était composée, en matière sèche par vache et par jour, de 12,5 kg d’ensilage de ray-grass, 3 kg de foin de dactyle, 1,3 kg d’orge et triticale, 0,9 kg de luzerne déshydratée, 0,86 kg de maïs grain, 0,89 kg de pulpe de betterave, 0,75 kg de correcteur énergétique orge-blé-maïs, 0,88 kg de tourteau tanné et 0,44 kg de tourteaux de soja et colza. « Elle est calée pour une production de 27 l/j. J’ajoute manuellement du correcteur à l’auge devant chacune des vaches qui produisent plus », précise Roland.

Pour simplifier la distribution, le Gaec s’est d’abord équipé d’une mélangeuse. « Cet été, nous allons installer un Dac en complément. Au quotidien, nous devrions gagner un quart d’heure matin et soir », évalue-t-il. Le concentré, ajusté plus finement à la production de chaque vache, sera mieux valorisé. « Et distribué en plusieurs fois dans la journée, il sera aussi moins acidogène. » Au printemps, les vaches commencent à pâturer mi-avril. Elles continuent à recevoir en stabulation la même ration que durant l’hiver mais en quantité moindre, celle-ci étant ajustée en fonction de l’herbe disponible.

De la souplesse pour s’adapter

« L’avancement du silo se ralentit. Nous le fermons du 15 mai au 15 août pour assurer sa conservation. Et avant de le fermer, nous faisons enrubanner une partie de l’ensilage en bottes afin de continuer à l’intégrer dans la ration durant cette période », explique Roland. Le maintien d’une ration de base identique toute l’année facilite les transitions alimentaires. « L’été dernier, par exemple, il a fallu rentrer les vaches fin juillet car il n’y avait plus assez d’herbe au pré. Malgré ce changement, la production de lait s’est maintenue », apprécie le jeune éleveur. Cette souplesse d’adaptation est possible car il prévoit des stocks couvrant les besoins au-delà de l’hiver. « Pour s’adapter au réchauffement climatique, cela devient indispensable. »

Moins de travail l’été

Avec des vélages groupés à 90 % entre novembre et février, le Gaec produit beaucoup de lait durant l’hiver, au moment où cela revient le plus cher. « Mais la production en stabulation est plus stable et moins dépendante du climat qu’au printemps avec le pâturage », note Roland. Ce choix leur convient également pour l’organisation du travail. « L’hiver, nous avons plus de temps pour traire. Et au mois d’août, l’astreinte s’allège car il y a plus de taries et moins de veaux. Nous sommes alors plus tranquilles pour profiter des visites de la famille et des fêtes de village », apprécie-t-il. Pour alléger encore le travail, le jeune couple prévoit de faire de nouveaux investissements à l’installation de Laure. Celle-ci vient d’obtenir un BPREA par validation des acquis de l’expérience, et devrait bénéficier d’une dotation jeunes agriculteurs de 35 000 €. « Nous allons aménager une nurserie mieux ventilée et plus fonctionnelle. Et nous avons aussi besoin d’un deuxième box pour les vêlages ou les vaches malades, qui soit accessible depuis l’aire paillée », précise-t-elle. L’agrandissement de l’appentis des génisses est également au programme, afin de les loger toutes sous le même toit avec les taries. « Dans un deuxième temps, nous envisageons de robotiser l’alimentation ou le paillage. Mais il n’est pas question d’installer de robot de traite car nous aimons traire », concluent Roland et Laure, qui tiennent à garder ce moment de proximité avec leurs vaches.

Frédérique Ehrhard
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