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« Être prêt quand l’herbe pousse »

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Consommation. À partir des calendriers de pâturage tenus de façon précise chaque année, Youri Marchand évalue à 25 % en moyenne sur cinq ans la part de l’herbe pâturée dans l’ingestion annuelle de fourrages et concentrés. © C. Hue

Pour Youri Marchand et ses deux associés, la distribution de maïs ensilage toute l’année n’empêche pas de tout faire pour maximiser le pâturage.

La mise à l’herbe des vaches est toujours un événement, pour elles et pour l’éleveur. À Louisfert, elle s’est produite le 15 mars. « Habituellement, nous commençons le déprimage quinze jours avant, mais nous avons préféré terminer le chemin bétonné de 90 m en sortie de bâtiment (photo). Nous projetons de le poursuivre sur 80 autres mètres l’année prochaine...
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La mise à l’herbe des vaches est toujours un événement, pour elles et pour l’éleveur. À Louisfert, elle s’est produite le 15 mars. « Habituellement, nous commençons le déprimage quinze jours avant, mais nous avons préféré terminer le chemin bétonné de 90 m en sortie de bâtiment (photo). Nous projetons de le poursuivre sur 80 autres mètres l’année prochaine. Nous ne voulons pas louper des opportunités de pâturage en fin d’hiver ou à l’automne à cause d’une sortie trop boueuse », dit Youri Marchand, en charge de la gestion de l’herbe. Il est en Gaec avec Bernard et Christophe Guérin.

Au Gaec de Cône, le pâturage des vaches est clairement positionné dans la stratégie alimentaire. « Les 30 à 35 ares par vache sont calibrés par rapport aux fourrages à l’auge. Nous distribuons du maïs ensilage par sécurité et pour bien valoriser la protéine de l’herbe. » Schématiquement, le planning alimentaire est calé de cette manière : 4 kg de MS/vache à l’auge à partir d’avril pour 65 vaches puis 6 kg de MS à l’arrivée des premières vêlées, mi-juin. Les vêlages sont étalés du 15 juin au 15 décembre.

« Protéger nos sols limono-argileux fragiles »

« La surface de 24 ha peut être éventuellement agrandie de 4 ha l’été quand la pousse de l’herbe ralentit, mais l’ajustement fourrager se fait surtout par l’affouragement en vert de luzerne ou de trèfle violet à 2 km du bâtiment ou par l’enrubannage. L’objectif est d’ouvrir le silo d’ensilage d’herbe le plus tard possible. Tout dépend de la pluviométrie. » En 2020, il l’a été à la mi-novembre, en 2019 début septembre.

Pour le Gaec, la distribution à l’auge n’empêche pas de tout faire pour exploiter au maximum l’herbe au pâturage. Chaque année, il est à la recherche du subtil équilibre entre la protection des sols limono-argileux, fragiles, et la hauteur d’herbe qui le déclenche.

« En sortie d’hiver, c’est plutôt la portance de la prairie qui dicte la mise à l’herbe à raison d’un paddock par jour (1,6 à 2,4 ha). Dans nos sols, quand le pouce est enfoncé, nous n‘y allons pas. » Quitte à faucher début avril ce qui n’est pas déprimé, pour créer les décalages de pousse d’herbe du printemps.

En septembre, c’est l’inverse. Après un ou deux orages en août par exemple, Youri n’attend pas plus de trois semaines pour lancer un nouveau cycle de pâturage. « Si, à cause de la pluie, les prairies et les chemins ne sont plus portants en novembre, au moins un mois et demi est tout de même assuré. »

« Des paddocks de trois jours au printemps »

Au printemps, la crainte de l’éleveur est plutôt le surpâturage en forçant les laitières à rester trois jours sur chaque paddock. « Je préfère utiliser la tondeuse à refus en juin et ébouser après 3 cycles, déprimage compris », reconnaît-il. En revanche, la baisse du lait dans le tank le troisième jour ne le gêne pas. « Si on produit 1 à 2 litres de moins ce jour-là, ce n’est pas grave. C’est économiquement intéressant. » Les vaches sont « bloquées » la journée dans la parcelle et, la nuit, ont accès au bâtiment. La ration distribuée uniquement le soir les encourage à pâturer de façon dynamique. Pour Youri, avec 4 kg de MS par vache, le dimensionnement à 30 à 35 ares évite d’être débordé par l’explosion de l’herbe au printemps. « Je peux ajuster en débrayant la parcelle que je sais productive. » Selon le suivi du projet Perpet (p. 48), c’est ce que le Gaec a fait en 2018 sous l’effet de 300 mm d’eau. Sur l’année, cette parcelle a produit 7,8 t de MS par ha. En 2017, ce sont 3 t de MS de plus, grâce à des pluies régulières mais surtout grâce à la capacité du Gaec à valoriser cette herbe disponible. La preuve : ces 11 t de MS sont 100 % au pâturage. « C’est l’équivalent de notre rendement en maïs ensilage. »

Après s’être fait la main plusieurs années à l’herbomètre, Youri décide désormais de l’entrée des vaches dans le paddock lorsque l’herbe est haute de 18 cm feuille tendue, « et plutôt 20 cm lorsque le couvert est moins dense ». « À  la mi-juin, une fois la tonte des refus faite, j’accélère la rotation des parcelles pour profiter de l’herbe avant le coup de chaud de l’été, de plus en plus brutal », ajoute Youri. Et si l’herbe ne pousse plus, les vaches sont au frais, dans une parcelle parking le long d’un cours d’eau et près du bâtiment.

Accéder aux paddocks. Le Gaec de Cône vient d’aménager 90 m de chemin bétonné en sortie de bâtiment. Il est large de 3,30 m, strié à la règle avec une légère pente transversale pour évacuer l’eau. © C. H.
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