Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail

Dossier. « Je recherche l’autonomie protéique »

réservé aux abonnés

 - -->
Fourrages. Pascal Frin utilise la totalité de sa surface, 45 ha, pour nourrir ses animaux. © p.le cann

Après avoir doublé sa référence laitière en quatre ans, Pascal Frin cherche à sécuriser son système fourrager et à produire un maximum de protéines. Il y parvient grâce au pâturage et aux cultures dérobées.

Éleveur à Breteil (Ille-et-Vilaine), Pascal Frin a démarré sa carrière avec une référence laitière à 300 000 litres. Très vite, elle est montée à 450 000. La salle de traite datait de 1967 et réclamait des investissements. Pascal s’est interrogé sur l’opportunité de l’agrandir et d’embaucher un salarié à temps partiel pour le soulager. Mais face...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Éleveur à Breteil (Ille-et-Vilaine), Pascal Frin a démarré sa carrière avec une référence laitière à 300 000 litres. Très vite, elle est montée à 450 000. La salle de traite datait de 1967 et réclamait des investissements. Pascal s’est interrogé sur l’opportunité de l’agrandir et d’embaucher un salarié à temps partiel pour le soulager. Mais face aux difficultés de recrutement, il a préféré investir dans un robot reconditionné qui a été installé en 2017.

Dans la foulée, la production a augmenté. Pascal livre à Agrial qui offre des possibilités d’achat de référence. « J’ai calculé que je pouvais nourrir 65 vaches avec mes 45 ha et j’ai demandé une référence supplémentaire pour monter à 600 000 litres », raconte l’éleveur. Ce volume permettait en outre de saturer sa stalle de traite.

Pascal s’est fixé l’objectif d’assurer la sécurité fourragère et de maximiser la production de protéines pour réduire ses achats de correcteur azoté. Le contexte actuel lui donne raison. Il a abandonné la culture de céréales, 10 ha, pour ne produire que des fourrages. Il dispose de 25 ha accessibles mais pour le reste, le parcellaire est morcelé. Sa stratégie demande une bonne valorisation du pâturage et un niveau de productivité laitière proche de 10 000 kg. Elle suppose aussi de récolter des volumes d’herbe importants. Il a introduit la betterave parce que la Pac incitait des assolements comprenant au moins trois cultures différentes. Les terres sont précoces, mais séchantes. En fonction des années, le rendement en maïs varie de 9 à 18 tonnes de MS/ha (13 t en moyenne).

Une gestion fine du pâturage au printemps

Le pâturage commence mi-février sur des prairies implantées en RGA-TB. En mars, les laitières consomment les surfaces de RGI, des dérobées qui précèdent le maïs. En fonction de la vitesse de pousse, Pascal ensile une partie du RGA pour constituer des stocks et préparer des pâtures productives au printemps. Fin mai, il fauche les refus et les distribue à l’auge. L’herbe possède encore une bonne qualité à ce stade.

L’éleveur joue sur tous les tableaux pour maximiser la consommation d’herbe au printemps. Car c’est à ce moment-là qu’elle génère le plus d’économies. La ration, limitée à 18 kg brut de maïs, est distribuée le matin et l’accès au cornadis n’est ouvert qu’à 19 h 30 en pleine saison. La porte de pâturage est considérée comme un outil indispensable pour gérer la circulation entre le bâtiment et les pâtures. Elle est ouverte à 3 heures du matin, une fois que les vaches ont eu le temps de s’alimenter à l’auge. Le troupeau est de retour vers 7 h et peut sortir à nouveau à 9 h. Pascal va chercher la moitié des vaches en début d’après-midi. « Je trie pour faire rentrer celles qui doivent passer à la traite », explique-t-il. Elles ressortent ensuite et la plupart reviennent en soirée, sachant qu’elles auront accès à l’auge. L’éleveur va chercher les dernières si nécessaire.

Il constitue des paddocks pour deux jours. « J’avance le fil tous les matins pour que la quantité d’herbe disponible soit la même chaque jour. Je ne veux pas de variation du niveau de lait dans le tank. » Durant les périodes très humides, les vaches rechignent à sortir. L’éleveur n’hésite pas à faucher l’herbe pour l’apporter à l’auge. Avec cette conduite, l’herbe pâturée représente la moitié de la ration en pleine saison. Les vaches sont alors traites en moyenne 2,2 à 2,4 fois par jour. L’éleveur suit ce critère de près. Il sait que tant qu’il reste au moins à 2,2, la production laitière se maintient.

Les transitions d’automne s’avèrent délicates

Dès juin, la qualité de l’herbe diminue et les vaches en consomment moins. Le troupeau passe davantage de temps à l’intérieur, préférant sortir le soir quand il fait chaud. « J’essaie de limiter les contraintes, de laisser les vaches aller et venir comme elles le souhaitent. Chacune a son rythme », précise Pascal.

Le pâturage reprend en automne mais avec une herbe de moins bonne qualité, il est difficile à gérer. L’éleveur reconnaît que cette période est un peu compliquée. « J’enchaîne les transitions après le pâturage, la rentrée, l’ouverture d’un nouveau silo, puis l’introduction de la betterave. Ça fait beaucoup au moment où de nombreuses vaches sont mises à la reproduction. »

La ration hivernale comprend 32 kg brut de maïs, 18 d’ensilage d’herbe, 12 de betterave et 1 de soja. Les betteraves sont distribuées en premier. L’éleveur s’occupe des logettes pendant ce temps. Puis, il nettoie l’auge et la distributrice de la Cuma apporte les fourrages. Si les betteraves sont très appréciées par les vaches et permettent des taux élevés, Pascal juge ce produit très contraignant sur le plan du travail. « En fonction des contraintes de la future Pac, j’envisage d’arrêter cette culture. Si je pouvais la remplacer par 1,5 ha de maïs, ce serait beaucoup plus simple. »

Les dérobées sont essentielles pour nourrir les vaches en hiver. Mais elles coûtent cher et sont exigeantes en travail au printemps. Tout doit être récolté à temps pour que les semis de maïs soient réalisés vers le 10 mai. C’est la Cuma qui ensile mais Pascal se charge de la fauche, de l’épandage de lisier, du travail du sol et des semis. En contrepartie, il dispose de fourrages à 16-20 % de MAT et économise du correcteur azoté.

Il apprécie le mélange RGI-TB, qui assèche moins le sol avant le maïs qu’un RGI pur. En revanche, il cherche encore l’association idéale pour le méteil. Il n’est pas facile d’obtenir à la fois un rendement élevé chaque année et une teneur forte en MAT pour équilibrer le maïs. Cette conduite permet à Pascal de produire sa référence laitière avec une charge de travail qu’il juge raisonnable. Il apprécie beaucoup la traite robotisée, notamment dans les périodes de pointe de travail dans les champs. Les alertes restent rares et ne constituent pas un problème pour lui. Le troupeau est en bonne santé. Pascal gère la dermatite en pulvérisant un désinfectant sur les pattes arrière de toutes les vaches une fois par semaine. Il les bloque au cornadis et ça lui prend dix minutes.

L’éleveur estime aujourd’hui qu’il a trouvé un bon équilibre entre l’autonomie fourragère et la production. Il ne cherchera pas à développer ses livraisons au-delà de 600 000 l de lait.

Pascale Le Cann

    À Breteil (Ille-et-Vilaine)

    Exploitation individuelle

    60 vaches traites

    600 000 l de référence

    48 ha : 24 en maïs, 21 en RGA-TB, 1,5 en betterave, 1 en méteil céréalier, 20 en dérobées dont la moitié en RGI et l’autre en méteil

Porte de pâturage. L’outil indispensable ! © p.le cann
Imprimer Envoyer par mail
En direct
Afficher toutes les actualités