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Dossier. « La génétique permet de hautes performances »

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Rigueur. Pierre-Yves Macé maîtrise très bien son système qui s’appuie sur des vaches hautes productrices pour dégager de la marge. © p.le cann

Sélection, ration, conduite de l’herbe. Pierre-Yves Macé ne laisse rien au hasard et parvient à produire 660 000 litres de lait avec une stalle et un régime comprenant 18 % d’herbe pâturée.

Seul sur son élevage, Pierre-Yves Macé recherche d’abord la simplicité et l’efficacité. Le point de départ pour y parvenir réside dans les qualités des animaux, et donc dans la sélection. « Je refuse de confier cette tâche essentielle à l’entreprise de sélection », affirme-t-il. Son troupeau pointe à plus de 800 d’index lait et plusieurs vaches arrivent à...
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Seul sur son élevage, Pierre-Yves Macé recherche d’abord la simplicité et l’efficacité. Le point de départ pour y parvenir réside dans les qualités des animaux, et donc dans la sélection. « Je refuse de confier cette tâche essentielle à l’entreprise de sélection », affirme-t-il. Son troupeau pointe à plus de 800 d’index lait et plusieurs vaches arrivent à huit ou neuf veaux. Le pâturage constitue un pilier de son système, parce qu’il dispose d’un parcellaire adapté, mais aussi parce qu’il est convaincu que cette pratique deviendra obligatoire à l’avenir. Ses 61 vaches consomment en moyenne 1,2 tonne d’herbe pâturée par an, tout en produisant 660 000 litres de lait dans une stalle de traite robotisée.

Pierre-Yves surveille de près sa marge sur coût alimentaire. Il veut produire un maximum de lait par les fourrages pour augmenter l’autonomie protéique et vise une production élevée par vache. « Il n’y a pas que le coût des aliments qui augmente. Les charges de structure vont grimper aussi et pour les contenir, je veux produire ma référence sans augmenter l’effectif », explique l’éleveur.

La décision d’investir dans un robot remonte à 2019 et s’inscrit dans l’anticipation du départ d’un associé en 2021. Pierre-Yves avait d’abord pensé refaire la salle de traite qui arrivait à bout de souffle, et investir dans des Dac. Les devis ont montré que l’installation d’un robot de traite coûterait moins cher que la réfection du bloc de traite.

L’éleveur a soigneusement étudié les caractéristiques des différentes marques pour choisir le modèle le mieux adapté à son troupeau. Il voulait s’assurer d’une traite rapide, sans perte de temps au branchement, pour que les laitières aient le temps de sortir en pâture. « Mes vaches sont grandes et présentent des planchers de mamelle assez hauts. J’ai mesuré jusqu’à 70-72 cm pour certaines », précise-t-il. Il s’est aperçu que quelques stalles étaient trop petites et que certains systèmes de branchement risquaient de peiner avec les mamelles de son troupeau. Il voulait aussi une stalle à deux portes de sortie pour pouvoir orienter les vaches vers le pâturage. Enfin, il tient à ce que ses animaux soient libres dans leurs mouvements. Tout cela l’a conduit à choisir Fullwood.

Gagner du temps avec une vitesse de traite rapide

Le troupeau de Pierre-Yves se caractérise aussi par une vitesse de traite élevée. Il est l’un des meilleurs en France sur ce poste, ce qui ne l’empêche pas de pointer à la 45e place pour la santé de la mamelle. « Mes vaches ne perdent pas de lait entre deux traites, le sphincter­ est solide. » 68 % du lait est trait dans les deux minutes suivant le branchement. Enfin, la sélection vise à améliorer les membres et la solidité du corps, qualités indispensables pour pâturer. Car en traite robotisée, les vaches font tous les jours des allers-retours entre les champs et le bâtiment.

Les terres de l’exploitation sont humides et la mise à l’herbe ne démarre que mi-avril. Pierre-Yves conduit les prairies comme des cultures, notamment sur le plan de la fertilisation. Mais il trouve compliqué d’obtenir une production régulière d’herbe appétente. Le volume de la ration à l’auge, distribuée deux fois par jour, est limité en période de pâturage. L’éleveur a choisi ce rythme de distribution pour favoriser la consommation d’herbe. L’apport de correcteur azoté à l’auge est interrompu d’avril à juin. Il reprend en juillet car même si les prairies produisent encore, la qualité de l’herbe faiblit.

13 ha de prairies sont accessibles pour les vaches et il y a de l’eau dans toutes les parcelles­. Pierre-Yves cherche encore la meilleure technique pour faire consommer cette herbe. Toute la surface est fauchée une fois avant la première sortie pour assurer la fourniture d’herbe fraîche. Ensuite, l’éleveur a essayé le pâturage tournant dynamique, puis les paddocks avec un fil avant mais cela n’a pas bien fonctionné. L’an dernier, il a réalisé des paddocks pour quatre jours et a été assez satisfait. Il va continuer ainsi cette année. « Je crois que mes vaches sont compliquées, je les chouchoute trop peut-être », sourit l’éleveur. Eilyps évalue la consommation d’herbe pâturée à 1,2 t/vache l’an dernier, ce qui est satisfaisant. Mais Pierre-Yves constate que les refus sont importants. Il fait donc passer les grandes génisses ou les taries derrière les laitières pour raser l’herbe.

En saison de pâturage, Pierre-Yves a gardé le même rythme qu’avec la salle de traite, pour simplifier le travail. Il va chercher les vaches au champ deux fois par jour, à 6 heures et à 18 h. En général, elles sont toutes dehors le matin. Elles sont libres d’aller où elles veulent, sauf quand l’accès au bâtiment est fermé, de 8 h à 14 h. La plupart des vaches rentrent en début d’après-midi. « La circulation se fait bien. Des vaches passent à la traite régulièrement », remarque l’éleveur. La production moyenne s’élève à 33 kg de lait par vache d’avril à novembre avec 2,8 traites par vache et par jour en pleine saison d’herbe. En hiver, ces chiffres montent respectivement à 38 kg pour 3,5 traites. Ces niveaux permettent de livrer la référence. Pierre-Yves joue aussi sur la composition de la ration pour assurer un haut niveau de production laitière.

Toutes les sources d’azote ne se valent pas

« Je suis très vigilant sur les sources d’azote et je les diversifie. » Car il a pu constater que toutes ne se valent pas. « Pour une même quantité d’azote, avec des origines différentes, la production peut varier de 2 kg de lait », observe-t-il. Il a proscrit l’urée et l’huile de palme pour viser un mélange de soja, colza et tournesol. Pierre-Yves est fidèle à son fournisseur et estime que c’est un avantage en période de flambée des prix. « Je travaille avec Nutréa. Ils achètent les matières premières par bateau six mois à l’avance. À la mi-mars, je paie mon correcteur 420 €/t. »

L’apport de luzerne, produite sur l’élevage et déshydratée par la coopérative Déshyouest, permet de réduire le correcteur azoté et de mieux valoriser la ration. Elle comprend de l’ensilage de maïs, de la luzerne déshydratée et du foin à volonté toute l’année, ce qui assure une stabilisation des taux à un niveau élevé, 42,3 de TB et 34 de TP. En été, quand la pousse de l’herbe ralentit, il ajoute 1,5 kg de MS d’ensilage d’herbe à la ration. Le régime hivernal se compose de 15 kg de MS d’ensilage de maïs, 2 kg d’ensilage d’herbe, 4 kg de luzerne, 1,7 kg de correcteur azoté, 400 g de minéral. Pierre-Yves incorpore aussi des acides aminés, des levures, du bicarbonate, de la vitamine C. « Je choisis des produits complexes, mais ça fonctionne bien. »

Le maintien d’un troupeau de haut niveau passe bien sûr par la conduite des génisses. L’âge moyen au premier vêlage s’établit à 23,2 mois mais l’objectif est de 22. « Je constate que mes meilleures vaches, celles qui font de belles carrières, ont vêlé entre 19 et 22 mois. Ces animaux précoces sont ceux qui ont un parcours sans problème du début à la fin. Ils sont efficaces et rentables », justifie-t-il. Pierre-Yves élève toutes les femelles et vend des vaches en première et deuxième lactations. Il vend aussi quelques taureaux pour la reproduction. Son élevage est reconnu, ce qui lui permet cette diversification. Il délègue l’essentiel des travaux des champs à la Cuma pour se consacrer à son troupeau. Le pâturage ne sera pas remis en cause à l’avenir, mais Pierre-Yves reconnaît qu’il induit une charge de travail supplémentaire. Quand il souhaite prendre du temps pour lui, il s’arrange avec un voisin qui connaît son troupeau et sait gérer le robot.

Pascale Le Cann

    À Taillis (Ille-et-Vilaine)

    EARL, une personne

    660 000 l de référence

    61 vaches

    1 stalle de robot

    53 ha : 23 en maïs ensilage, 4 en luzerne, 3 en maïs grain vendu, et 23 en prairie

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