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Dossier. Miser sur la prévention

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Les facteurs pénalisant la fertilité et la fécondité des vaches sont nombreux. C’est en optimisant la conduite du troupeau, notamment en termes de ration et de santé, que les résultats peuvent durablement se redresser.

Les problèmes de production restent importants en élevage, justifiant un nombre conséquent de réformes et occasionnant des pertes économiques souvent diffuses mais réelles. Ces difficultés persistantes résultent du fait que la réussite est liée à de multiples causes : santé, alimentation, génétique, détection des chaleurs, etc. De ce fait, lorsque le problème est résolu, c&rsquo...
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Les problèmes de production restent importants en élevage, justifiant un nombre conséquent de réformes et occasionnant des pertes économiques souvent diffuses mais réelles. Ces difficultés persistantes résultent du fait que la réussite est liée à de multiples causes : santé, alimentation, génétique, détection des chaleurs, etc. De ce fait, lorsque le problème est résolu, c’est l’ensemble des résultats technico-économiques qui s’améliore. Le sujet mérite donc toute l’attention des éleveurs.

Chez GTV Bretagne, Tanguy Rault, vétérinaire dans les Côtes-d’Armor, rappelle les fondamentaux. D’abord, la mise à la reproduction ne doit se faire que sur des vaches qui ont repris de l’état depuis le vêlage. Ensuite, pour qu’une vache se reproduise, il faut qu’elle soit cyclée et donc qu’elle ne souffre pas de métrite ou d’endométrite. Ces pathologies sont plus fréquentes lorsque la délivrance se passe mal.

Tout commence par la ration pendant le tarissement

Or, pour qu’une vache vêle dans de bonnes conditions et voit son involution utérine évoluer normalement, elle doit recevoir une ration adaptée durant le tarissement. « Les vaches taries doivent avoir la panse pleine, de l’eau à volonté et un logement confortable », poursuit le vétérinaire. Attention aux vieilles logettes de dimensions parfois insuffisantes pour ces vaches. Si elles ont du mal à se lever, elles iront moins manger, et les problèmes vont s’enchaîner.

Les vaches trop grasses au vêlage risquent de souffrir d’acétonémie qui favorise les métrites et les déplacements de caillette. Après le vêlage, il reste un espace vacant dans l’abdomen, ce qui rend possible le déplacement de la caillette. Plus rapidement la vache retrouve un bon niveau d’ingestion et plus ce risque est réduit . La meilleure prévention réside dans la fourniture d’une ration bien calée et des conditions favorables à des déplacements nombreux vers l’auge.

« Quand on intervient en élevage pour des vaches vides après quatre ou cinq inséminations, on remonte souvent à un problème de rationnement des taries », explique Tanguy Rault. L’éleveur a alors déjà perdu beaucoup de temps, et cela coûte cher. Mieux vaut surveiller ces vaches en temps réel pour anticiper les difficultés au vêlage. Une note d’état trop faible signe une ration insuffisante, mais une note normale peut cacher un engraissement excessif et pas forcément visible.

Attention à l’acétonémie

La recherche de corps cétoniques à ce stade permet d’évaluer le risque d’acétonémie après le vêlage et de corriger à temps la ration. De même, la mesure de la Baca renseigne sur la couverture des besoins en minéraux, essentiels en fin de gestation et en début de lactation, quand la mobilisation est forte. Un déséquilibre corrigé tôt sera moins pénalisant.

Tanguy Rault ne conseille pas l’utilisation systématique du propylène-glycol. Ce produit riche en sucres facilement assimilables limite la mobilisation des réserves corporelles et donc le risque d’acétonémie. Il s’agit d’un dérivé du pétrole, dont le prix a beaucoup augmenté récemment. Il existe des substituts végétaux dont l’efficacité reste à prouver. Mais surtout, ces ajouts de sucres ne sont pas nécessaires avec une ration bien calée.

Une fois passé le vêlage, une fouille permet de s’assurer de la bonne délivrance, de l’absence de métrite et d’une involution utérine au déroulement satisfaisant. Après l’insémination, la confirmation de gestation par échographie évite de perdre du temps avec une vache vide que l’on ne verra parfois en chaleurs que bien plus tard. Les éleveurs hésitent parfois à investir dans un tel suivi, alors qu’il prévient les dérapages sur l’intervalle entre vêlages.

Pour Tanguy Rault, les traitements hormonaux doivent rester l’exception : en cas de transplantation embryonnaire, ou de recherche de vêlages très groupés, par exemple. Ces traitements coûtent cher et sont rarement indispensables pour relancer la reproduction.

Sur le plan sanitaire, quelques maladies sont connues pour pénaliser la reproduction : BVD, néosporose, fièvre Q, brucellose, salmonellose­, listériose. Les quatre premières sont automatiquement soupçonnées en cas d’avortements. Il faut savoir que la mort d’un veau dans les deux jours suivant la mise bas est considérée comme un avortement.

En routine, les protocoles de dépistage de ces maladies s’améliorent, mais de manière différente selon les régions. En Bretagne, la fièvre Q est désormais régulièrement recherchée dans les laits de tank afin de déterminer les statuts des troupeaux. Un plan d’éradication de la BVD y est en cours. En cas de néosporose, une maladie véhiculée par les chiens, on sait qu’il existe une transmission mère-fille dans 75 % des cas. Il est donc utile de remonter les lignées pour identifier les animaux porteurs.

L’autre point noir de la reproduction reste la détection des chaleurs. Les éleveurs ont de moins en moins de temps à y consacrer, et certaines vaches les expriment très discrètement. Cette expression des chaleurs est liée à l’état de santé de la vache, notamment de ses pieds. Là aussi, on peut donc améliorer les choses par de la prévention. De nombreux outils de monitoring sont apparus ces dernières années et semblent se montrer efficaces. Leur usage se généralise sur les élevages équipés de robots de traite mais la mesure de l’activité ne permet de détecter que les vaches qui expriment leurs chaleurs.

IPE : des performances hétérogènes

Lorsque des retours en chaleurs sont observés 21 jours après l’insémination, on en déduit que la vache n’a pas été fécondée. Ceci peut s’expliquer par une détection ou une insémination trop tardive. Certains éleveurs ont pris en main l’insémination de leurs troupeaux, avec plus ou moins de bonheur. Vétérinaire à Landivisiau (Finistère), Frédéric Arzur constate que ces éleveurs sont ceux qui affichent les meilleurs résultats en termes d’intervalles entre vêlages, mais aussi les pires ! Il peut donc s’agir d’une voie de progrès, mais à condition que l’acte soit bien maîtrisé.

Les entreprises de sélection ont pris en compte ces difficultés et depuis quelques années, les taureaux, surtout en race holstein, affichent des index reproduction de plus en plus hauts. Ceci a un impact sur la fertilité des vaches (voir l’infographie). Mais les intervalles entre vêlages restent en moyenne supérieurs à 400 jours, preuve qu’une majorité d’élevages disposent d’une marge de progrès avec, à la clé, moins de soucis et de meilleurs résultats économiques.

Pascale Le Cann, en collaboration avec les GTV bretons
Vêlage. Quand la mise bas se passe bien, signe d’une bonne préparation, les risque d’infécondité sont réduits. © P. Le Cann
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