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Dossier. « Les panneaux solaires couvrent près de 20 % de ma consommation »

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en produisant sa propre électricité, réduit de 1 200 € sa facture d’achat annuelle. © Denis Lehé

Adepte du photovoltaïque, Gilles Guilloux a réservé une partie de sa dernière installation à de l’autoconsommation. Un choix plus rentable que la revente avec, à la clé, une baisse de sa facture d’électricité de 1 200 euros par an.

« En 2019, j’ai construit un nouveau bâtiment de stockage avec une toiture photovoltaïque, explique Gilles Guilloux, éleveur à Saint-Gildas (Côtes-d’Armor). J’avais déjà implanté des panneaux sur différents hangars, en 2012 et 2014, sous contrats pour la revente de l’électricité. Cette fois-ci, le conseiller de la chambre d’agriculture que j’avais contacté pour...
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« En 2019, j’ai construit un nouveau bâtiment de stockage avec une toiture photovoltaïque, explique Gilles Guilloux, éleveur à Saint-Gildas (Côtes-d’Armor). J’avais déjà implanté des panneaux sur différents hangars, en 2012 et 2014, sous contrats pour la revente de l’électricité. Cette fois-ci, le conseiller de la chambre d’agriculture que j’avais contacté pour calibrer le projet m’a orienté vers un système mixte, avec une partie revendue et le reste consommé directement sur l’exploitation. »

En produisant son électricité, l’éleveur fait baisser sa facture. À condition que la production corresponde précisément aux besoins, sans les dépasser. Car les excédents ne sont pas ou très mal valorisés.

Le dimensionnement de l’installation doit donc débuter par une estimation de la consommation réelle. Pour cela, la chambre d’agriculture de Bretagne a placé des capteurs sur la ferme afin de mesurer, pendant quelques semaines, la puissance nécessaire aux différentes heures de la journée. Ces relevés ont servi à évaluer le nombre de panneaux à poser. L’idéal étant d’avoir une courbe de production qui soit la plus proche de celle de la consommation, mais sans la dépasser, ou alors très occasionnellement.

Plus rentable en robot qu’en salle de traite

L’exploitation de Gilles Guilloux est équipée d’un robot GEA à deux stalles, une configuration intéressante car les besoins pour la traite et le refroidissement du lait sont relativement stables tout au long de la journée. À l’inverse, dans le cas d’une salle de traite, les pics de consommation ont lieu le matin et le soir à des horaires où la production est encore assez faible, voire nulle en hiver. En plus de la laiterie, ici, les racleurs de la stabulation consomment aussi de l’électricité en journée, tout comme les distributeurs d’aliments des deux poulaillers que compte l’exploitation. Le chauffe-eau, en revanche, reste programmé sur les heures creuses, en pleine nuit. Avec la surface de toiture disponible sur le nouveau bâtiment et les besoins sur la ferme, l’installation a été dimensionnée pour une production totale de 65 kWc (kilowatt-crète), dont 9 kWc en autoconsommation, soit 29 des 210 panneaux recouvrant le hangar. Sur le toit, rien ne les différencie, car c’est au niveau des onduleurs et des compteurs que la connexion se distingue. Ce bâtiment est orienté plein sud et profite de la meilleure exposition. L’éleveur a choisi des panneaux qui assurent l’étan­chéité, posés directement sur la charpente.

Une économie de 13 centimes par kilowattheure

Pour alimenter son exploitation, l’éleveur achète actuellement son électricité à près de 13 centimes du kilowattheure (cts/kWh). C’est donc à ce prix qu’il valorise l’énergie produite en autoconsommation, un tarif plus intéressant que celui de 11,2 cts auquel il revend l’électricité via le contrat de 56 kWc. Quand la production destinée à être autoconsommée dépasse les besoins de la ferme, le solde est tout de même réinjecté dans le réseau, mais payé à seulement 6 cts/kWh. L’an dernier, l’excédent fut de 3 300 kWh, soit un chiffre d’affaires d’une centaine d’euros. D’où l’importance de bien dimensionner l’installation afin de ne pas produire trop, sans quoi la rentabilité est compromise. Depuis 2019, les compteurs de Gilles Guilloux montrent qu’il produit pour son compte en moyenne 9 500 kWh/an, pour une consommation annuelle de 47 000 kWh, soit un ratio proche de 20 %. Les jours d’été ensoleillés, la ferme atteint quasiment l’autonomie. En hiver, si le temps est nuageux, cela varie entre 0 et 10 %. « Ma production d’électricité me permet d’économiser 1 200 € par an sur une facture qui était auparavant de 7 500 € avec l’abonnement, précise l’exploitant. De plus, je suis désormais moins regardant sur l’utilisation de certains matériels, comme les racleurs que je peux faire passer plus fréquemment en journée sans me soucier du coût de fonctionnement. Dans mon cas, il est difficile de séparer la rentabilité entre les 9 kWc autoconsommés et les 56 kWc de panneaux destinés à la vente puisque l’ensemble fait partie du même projet. Je sais juste que l’autoconsommation est plus intéressante financièrement. En intégrant toutes les recettes et les dépenses, y compris l’intervention d’une entreprise de nettoyage tous les 12 à 24 mois, je pense amortir le tout en douze ans, voire moins si les tarifs à l’achat augmentent, ce qui est fort probable. »

Denis Lehé
t Robot. L’autoconsommation est plus rentable avec un robot que dans le cas d’une salle de traite, car sur la journée, la production électrique correspond mieux à la consommation. © Denis Lehé
Autoconsommation. Sur le bâtiment le plus à droite, construit en 2019, une partie des panneaux produit de l’électricité qui sera autoconsommée. © Denis Lehé
50 à 75 mètres carrés pour un robot

« L’autoconsommation d’électricité se développe, car dans les offres de rachat proposées actuellement, le kilowattheure produit est souvent valorisé moins cher que le prix auquel l’éleveur le paie à son fournisseur, explique Régis Le Carluer, de la chambre d’agriculture de Bretagne. Ce courant doit être consommé par l’exploitation, car il n’existe pas de solution de stockage réellement intéressante, surtout sur le plan économique. Le nombre de panneaux à poser résulte d’un compromis entre les besoins réels aux différentes heures de la journée, l’orientation de la toiture et l’ensoleillement global sur le secteur.

Selon les cas, la couverture varie de 20 à 35 % des besoins sur l’année, avec naturellement de meilleures performances en été. »

Plus la consommation d’électricité est linéaire sur la journée, plus l’installation sera rentable, d’où un avantage pour les fermes en traite robotisée. Pour un robot seul, il faut généralement une installation de 10 à 15 kWh, soit 50 à 75 m2 de panneaux bien exposés. Avec deux robots, la capacité préconisée est de 20 à 25 kWh. L’idéal est d’avoir un seul pan orienté sud, ou de répartir les panneaux sur les faces est et ouest d’un même toit. Sur un bâtiment existant, un renforcement de la charpente est souvent nécessaire car la pose des panneaux entraîne un alourdissement de la toiture de l’ordre de 10 kg/m2.

Les éleveurs équipés de matériels énergivores, comme une fabrication d’aliments ou un atelier de transformation à la ferme, ont également intérêt à les faire fonctionner l’après-midi. « Installer un pilotage du tank ou du chauffe-eau avec des délestages visant à optimiser le fonctionnement est envisageable, mais attention à ne pas dépenser trop en accessoires, souligne Régis Le Carluer. Une installation destinée uniquement à l’autoconsommation est assez facile à mettre en œuvre, puisqu’il n’y a pas de contrat à obtenir pour la revente. Ces projets peuvent souvent bénéficier d’aides spécifiques, via les PCAE (1) par exemple. L’éleveur a tout de même l’obligation de se déclarer auprès d’Enedis et d’installer un bridage sur son compteur afin de ne pas injecter son électricité dans le réseau. À l’inverse, une installation mixte comprenant à la fois de l’autoconsommation et de la revente offre davantage de souplesse. Cela permet aussi de valoriser toute la surface disponible et pas uniquement celle correspondant aux besoins de l’exploitation. »

(1) PCAE : Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles.

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