Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier. Une protection efficace contre les mammites, mais pas infaillible

réservé aux abonnés

 - -->
Hygiène. Le vaccin sert aussi à amplifier l’effet des autres mesures d’hygiène, à la traite et dans le bâtiment. © Claudius THIRIET

Encore sous-utilisés en France, les vaccins contre les mammites ont démontré leurs bénéfices. Mais ils doivent impérativement s’accompagner d’autres mesures préventives. Leur intérêt économique est établi dans les élevages à problèmes.

Nous disposons en France de deux vaccins contre les mammites, issus du même laboratoire, Hipra. Le premier, Startvac, est disponible depuis une dizaine d’années. Il est indiqué dans la prévention des mammites à Escherichia coli, à staphylocoque doré et à staphylocoque à coagulase négative. Le premier est un germe dit « d’environnement » (sol, litière, etc.) provoquant des infections...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Nous disposons en France de deux vaccins contre les mammites, issus du même laboratoire, Hipra. Le premier, Startvac, est disponible depuis une dizaine d’années. Il est indiqué dans la prévention des mammites à Escherichia coli, à staphylocoque doré et à staphylocoque à coagulase négative. Le premier est un germe dit « d’environnement » (sol, litière, etc.) provoquant des infections cliniques qui peuvent être très sévères, détruire le tissu mammaire et aller jusqu’à la mort de l’animal. Les staphylocoques, eux, sont des germes dits de « contagion » qui se transmettent de vache à vache, souvent pendant la traite. L’infection aux staphylocoques cause en général peu de mammites cliniques mais ils ont un impact sur le comptage cellulaire du lait et ils sont responsables de mammites subcliniques chroniques.

Le second vaccin, Ubac, arrivé plus récemment sur le marché (en 2019) est recommandé pour la protection contre les mammites à Streptococcus uberis, un germe très fréquent en élevage et qui joue sur les deux tableaux avec des mammites cliniques et des mammites chroniques difficiles à guérir. Ces deux vaccins, Startvac et Ubac, protègent contre 80 % des germes responsables des infections mammaires en élevage laitier. Cependant, ils restent peu utilisés en France. Les éleveurs interrogés évoquent plusieurs raisons à cela : la lourdeur du protocole, le coût, etc. Cela traduit aussi le peu d’appétence en général pour la vaccination dans les élevages français. Certes, l’investissement dans la vaccination contre les mammites peut paraître important : 30 à 50 € par vache la première année, selon le protocole choisi par le vétérinaire.

Un retour sur investissement de 4 € pour 1 €

En 2020, le laboratoire Hipra avait conduit une étude sérieuse sur sept élevages robotisés (soit plus de 600 vaches) qui utilisaient le vaccin Startvac.

Dix-huit mois après la vaccination, cela avait permis de baisser le comptage cellulaire de 9,1 %, les traitements de 49 %, le lait écarté de 10 % mais surtout d’augmenter la production laitière de 6,2 %. Avec ces données, le laboratoire a calculé un retour sur investissement pour Startvac de 4 € pour 1 € investi : « L’impact économique des mammites est surtout lié à la baisse de la production laitière et au lait jeté. Ce sont deux éléments difficilement mesurables par l’éleveur qui a tendance à se concentrer sur le nombre de vaches à traiter », expliquait Hipra. « Il faut prendre la vaccination comme un investissement capable de vous amener à une seconde situation plus rentable que la première », nous expliquait, en 2019, Romaric Feuillet, vétérinaire dans le Maine-et-Loire. Selon lui, la cible principale pour une vaccination, ce sont les éleveurs qui connaissent des problèmes chroniques de mammites avec des facteurs de risques identifiés mais parfois difficiles à corriger à court terme. « Les élevages qui subissent plus de 30 % de mammites cliniques et (ou) des pénalités régulières devraient trouver un bénéfice à vacciner », explique le praticien.

Des protocoles simplifiés, plus faciles à respecter

Sur le terrain, le protocole vaccinal a été simplifié, comparé à celui de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) qui demande de vacciner les animaux, un par un, selon leur date prévisible de vêlage : impossible à tenir dans la pratique. Alors on vaccine toutes les vaches en même temps avec trois injections à six semaines d’intervalle, suivies d’un rappel à trois ou six mois selon le vaccin. L’objectif est d’acquérir une immunité de groupe pour diminuer le nombre de mammites, augmenter le taux de guérison et empêcher la contamination des vaches entre elles. Ainsi, contre les germes de contagions, qui provoquent des mammites subcliniques souvent difficiles à guérir, la vaccination va limiter le réservoir mammaire de ces germes et ainsi casser la contagion. Car les vaches récemment infectées vont voir leur immunité augmenter et se débarrasseront plus facilement des germes. Quant aux vaches infectées depuis longtemps, elles sont pour la plupart incurables mais en attendant leur indispensable réforme, le vaccin réduira l’excrétion de germes et protégera ainsi les congénères saines.

Pour les germes dits « d’environnement », l’objectif de la vaccination est surtout d’éviter les réactions inflammatoires violentes et de diminuer le nombre de mammites cliniques. Plusieurs études expérimentales montrent que la vaccination atténue les signes cliniques. La vache guérit plus vite pour une reprise de la production plus rapide.

Mais l’une des difficultés du vaccin contre les mammites est son efficacité variable d’un élevage à l’autre, selon l’environnement des animaux. Tous les vétérinaires le répètent, la vaccination n’empêche pas les germes d’entrer dans la mamelle.

L’effet amplificateur du vaccin sur les autres mesures

Le vaccin reste avant tout un outil de prévention, certes efficace, mais qui doit obligatoirement s’accompagner d’autres mesures préventives.

Elles sont toutes bien connues : hygiène de la traite et du bâtiment (surtout le couchage), entretien de la machine à traire, réforme des vaches chroniques, bonnes pratiques de tarissement, de façon à limiter les réservoirs de germes.

Et lorsque les pathogènes sont déjà dans la mamelle il faut que celle-ci puisse se défendre en assurant une immunité de base avec une alimentation équilibrée et des animaux en bonne santé. La vaccination servira à amplifier toutes ces mesures pour un résultat qui peut être très positif.

Dominique Grémy
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités