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Dossier. « Réduire l’âge au vêlage, sans déraper sur le coût alimentaire »

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Valentin et Christopher Doudard © j.p.

Après une première phase d’élevage avec une ration concentrée, la mise à l’herbe assure une meilleure maîtrise des charges avec un âge au premier vêlage inférieur à 24 mois.

Depuis deux ans, les associés du Gaec des Chèvres Alpines, en Mayenne, ont souscrit le service Bovin Croissance auprès de Seenovia. Dans le cadre du suivi des génisses, ils ont opté pour trois pesées : la première à 6 mois, la seconde au moment de l’insémination et la dernière à 22 mois avant la mise bas. « Notre objectif était de réduire un âge au premier vêlage de 28&thinsp...
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Depuis deux ans, les associés du Gaec des Chèvres Alpines, en Mayenne, ont souscrit le service Bovin Croissance auprès de Seenovia. Dans le cadre du suivi des génisses, ils ont opté pour trois pesées : la première à 6 mois, la seconde au moment de l’insémination et la dernière à 22 mois avant la mise bas. « Notre objectif était de réduire un âge au premier vêlage de 28 mois, sans hausse du coût alimentaire, tout en assurant un développement corporel favorable à une forte ingestion compatible avec un haut niveau de production en première lactation, explique Valentin Doudard. La pesée des génisses permet de valider que nos pratiques de rationnement sont conformes aux objectifs de croissance et de s’assurer que l’insémination intervient au bon moment. »

Un plan d’allaitement de deux mois et vingt jours au lait entier

Pour limiter le chargement, chaque année, les associés élèvent 22 ou 23 génisses, soit un taux de renouvellement maximum de 30 % avec une marge de sécurité. La sélection du troupeau accorde une place de choix à la qualité des aplombs et à la santé de la mamelle, mais aussi à l’implantation des trayons dans le cadre d’une réflexion portant sur la traite robotisée.

Jusqu’au sevrage, le plan d’alimentation des génisses est le suivant.

La phase colostrale : dans les trente-six heures suivant la naissance, les jeunes éleveurs s’attachent à apporter un minimum de 4,5 l du colostrum maternel, au seau à tétine, souvent fractionné en trois apports : 2,5 + 2 + 1,5 l. Un stock congelé est prévu au cas où la mère ne donnerait pas son colostrum. Puis, classiquement, le nouveau-né est placé sans attendre en niche individuelle, et nourri au lait maternel pendant sept jours.

La phase lactée au lait de tank : 2 x 3 litres au seau à tétine (nourrisseur individuel Milk Bar) jusqu’à 2 mois d’âge. Puis, pendant cinq jours, les éleveurs réduisent la buvée du soir pour passer en douceur à un repas de 3 litres de lait par jour le matin pendant quinze jours, soit un sevrage progressif programmé à 2 mois et 20 jours pour une consommation de lait entier comprise entre 450 et 480 litres/veau, c’est-à-dire l’équivalent de 58 kg de poudre.

Des aliments 1er âge et 2e âge pour stimuler l’ingestion : lors de la phase d’allaitement, les veaux ont à disposition de la paille et de l’eau fraîche. C’est seulement à partir de 3 semaines qu’ils ont à disposition un aliment floconné (Nursilac) à 17 % de MAT. « Ce type d’aliment assez coûteux n’est pas adapté pour faire de la croissance après 1 mois, il est distribué en faibles quantités, pour son appétence, afin d’inciter le veau à consommer du concentré rapidement », explique le conseiller Seenovia, Antoine Renaudier. La transition se fait à l’âge de 1,5 mois en mélangeant le floconné avec un aliment 2e âge, plus riche en énergie, jusqu’au tarissement.

L’insémination dès13,9 mois en moyenne ou 420 kg au minimum

Après le sevrage, un anticoccidien (Vecoxan) est administré systématiquement par voie orale à 3 mois. Jusqu’à l’âge de 6 mois, la ration des génisses comprend 2,5 kg, puis 3 kg de l’aliment 2e âge, l’équivalent d’un VL 2,5 l à 17 % de MAT que les éleveurs complètent par 0,7 kg de correcteur azoté. « Cela revient à reconstituer un VL à 20 % de MAT, souligne Christopher. Nous poussons un peu la concentration azotée, afin de sécuriser la croissance avec de la paille à volonté. »

La première pesée intervient donc à l’âge de 6 mois. Résultat : un poids moyen de 205 kg, en conformité avec l’objectif de 200 kg au minimum. Pour autant, de 6 à 10 mois, la ration reste concentrée. Elle se compose alors d’un foin mature à volonté + 800 g à 1 kg de soja + 3 kg de maïs grain humide autoproduit + 50 à 60 g de minéral. L’âge de 10 mois signe le début de la mise à l’herbe. Jusqu’à­ la confirmation de gestation, le pâturage est géré au fil, avant d’être déplacé deux fois par jour, et représente une demi-ration journalière associée à 10 kg brut de maïs ensilage, avec du foin à disposition et 100 g de minéral.

Ainsi, la seconde pesée indique que le poids objectif de 400 kg au minimum pour la mise à la reproduction est atteint autour de 13,5 mois. L’insémination intervient en moyenne à 13,9 mois. « À 400 kg, c’est un peu trop juste, estime l’éleveur. Si la génisse est trop légère au moment de l’IA, elle risque de prendre du retard dans son développement et d’être pénalisée en début de lactation. »

Un poids vif de 650 kg au vêlage et un pic de lactation de 34 litres de lait

Six semaines avant le début programmé de la mise à la reproduction, les éleveurs posent à chaque génisse un collier de détection de chaleur Médria, « un outil indispensable » assurent-ils, chiffre à l’appui : 1,4 paillette en moyenne avec des doses sexées. Des cornadis installés en pâture facilitent les interventions. Une fois confirmées gestantes, les futures laitières ont une alimentation 100 % herbe : du pâturage de mars à octobre et un ensilage d’herbe spécial génisses, avec 1,5 kgMS de maïs humide à l’étable : il s’agit d’un ensilage de prairies naturelles dosant entre 13 et 14 % de MAT, récolté autour de 60 % de MS après deux fanages systématiques, en vue de ralentir le transit pour une meilleure valorisation. Grâce à l’herbe, l’absence de complémentation azotée jusqu’à la préparation au vêlage contribue à maîtriser le coup alimentaire avec un âge au vêlage de 23,6 mois en moyenne lors de la dernière campagne.

À l’âge de 22 mois, la dernière pesée confirme un poids moyen de 650 kg, c’est-à-dire 30 kg de plus que l’objectif que se sont fixé les éleveurs. Les génisses observent ensuite une préparation au vêlage de 28 jours, avec une ration conservée comprenant 18 kg brut de maïs ensilage, 3-4 kg de paille broyée, 2,2 kg de soja, 250 g de minéral spécial taries, 120 g de chlorure de calcium et un hépato-protecteur en granulés. C’est un moyen de réduire, de façon importante, le recours au traitement curatif à base de propylène en début de lactation d’animaux qui expriment un pic de production de 35 kg de lait à 50 jours et une production moyenne en 1re lactation de 8 450 kg de lait en 305 jours.

jérôme Pezon
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