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Dossier. « Nous corrigeons nos nouvelles logettes en observant nos vaches »

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Confort. C’est le premier objectif qui a guidé Vincent et Benjamin Caroux © c. hue

Lancées en juillet 2021, les 120 logettes creuses ne sont utilisées pleinement que depuis novembre par les vaches du Gaec Caroux. Il pratique les ajustements en surveillant le comportement des laitières. La conception des logettes permet ces adaptations.

Benjamin et Vincent Caroux sont tous deux de jeunes agriculteurs. Après trente ans dans la grande distribution, le père, Vincent, s’est installé en 2015 avec 60 holsteins en aire paillée à Pernes-lès-Boulogne (Pas-de-Calais). Le fils a repris de son côté, en 2019, une ferme de 30 vaches. Les deux troupeaux sont regroupés depuis juillet dernier dans une stabulation construite à 100 mètres du site initial de Vincent...
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Benjamin et Vincent Caroux sont tous deux de jeunes agriculteurs. Après trente ans dans la grande distribution, le père, Vincent, s’est installé en 2015 avec 60 holsteins en aire paillée à Pernes-lès-Boulogne (Pas-de-Calais). Le fils a repris de son côté, en 2019, une ferme de 30 vaches. Les deux troupeaux sont regroupés depuis juillet dernier dans une stabulation construite à 100 mètres du site initial de Vincent. Elle comprend 120 logettes creuses réparties en une rangée face au mur et deux rangées face à face. Quatre aires de repos paillées pour les fraîches vêlées, les vêlages et l’infirmerie sont en cours de réalisation.

Les deux associés apprécient l’aire paillée pour le confort de couchage qu’elle apporte aux vaches et la liberté des mouvements de coucher et de lever. « Seulement, nous ne produisons pas de céréales. Acheter de la paille pour 120 vaches serait trop onéreux. Après avoir visité plusieurs bâtiments, nous avons opté pour la logette creuse, qui, après la logette sable, est le système de couchage que nous estimons le plus confortable. C’est un bon compromis entre le confort et l’économie de paille. »

Une mise en servicesans arrêtoir bas

Les vaches passent 100 % de leur temps dans le bâtiment de novembre à la mi-mars. Même s’il a été mis en service en juillet, ce n’est que depuis l’automne dernier que le troupeau l’utilise à plein. « La stabulation est pensée pour un pâturage de cinq à six mois. Dans ce but, nous avons investi dans une salle de traite 2 x 12 postes en traite par l’arrière, et non dans deux robots. » Depuis novembre, Benjamin et Vincent tâtonnent donc pour obtenir un réglage optimal des logettes, c’est-à-dire adapté à la fois aux primipares plus fines que les multipares, convenant aux grandes vaches comme aux plus petites. « Nos vaches ont subi de grands changements l’an passé. Afin qu’elles s’habituent facilement aux logettes et qu’elles soient à l’aise, nous n’avons pas posé d’arrêtoir au sol à la mise en service de la stabulation. » Dès qu’elles se sont retrouvées totalement en bâtiment, le verdict a été immédiat : des bouses dans toutes les logettes. « Nos vaches étaient sales. Or leur propreté est primordiale, car la fromagerie locale que nous livrons fabrique en lait cru. »

En janvier, les deux associés testent le réglage de la barre au garrot et de l’arrêtoir au sol sur deux rangées de 12 logettes en tête à tête. Ils décident d’avancer d’une quinzaine de centimètres la barre au garrot vers le seuil de la logette. Cette avancée n’est pas décidée au hasard. Ils ont observé le positionnement des bouses dans les logettes et pris en compte les plus proches du couloir. « Elles correspondent aux vaches les plus grandes. Il faut accepter des bouses dans les logettes pour éviter que ces vaches souffrent d’inconfort et préfèrent rester debout les pattes arrière dans le couloir, avec les problèmes de boiteries qui vont avec. » De 200 cm, valeur pour les très grands gabarits (voir page 31), la barre au garrot est glissée à 185 cm. « Cette dimension est plutôt pour les gabarits moyens mais pour l’instant, ce réglage fonctionne bien », observe Benjamin.

Des profondeurs de logette qui laissent des marges de manœuvre

C’est que, dans la foulée, toujours dans la double rangée de 12 logettes testée, Benjamin et Vincent ont posé les arrêtoirs au sol à 198 cm du seuil, ce qui est conseillé pour les très grands gabarits. Les arrêtoirs sont en PVC non abrasif de 15 cm de diamètre, fixés à la barre basse de la barrière de séparation (ou bat-flanc) par un système de glissières à crans. Les éleveurs ont tâtonné pour établir leur bonne hauteur par rapport au couchage meuble. Deux positions ont été testées : un peu en dessous­ de la surface de la bande bétonnée sur laquelle sont boulonnés les tubulaires et un peu au-dessus. La première a été retenue (détail page précédente), la vache étalant facilement ses pattes à l’avant.

« Avec une bande bétonnée large de 1,75 m, et non 1,10 m, l’arrêtoir aurait pu être posé directement dessus. » Toutes les adaptations réalisées sur la double rangée de logettes ont été possibles grâce à une largeur de 573 cm, de seuil à seuil. C’est plus que la nouvelle valeur recommandée par l’Institut de l’élevage (Idele) pour les très grands gabarits : un minimum de 550 cm. « Malgré les tubulaires scellés, les choses ne sont pas définitives. Ces 573 cm nous donnent une marge de manœuvre pour avancer ou reculer les barres au garrot et l’arrêtoir. »

Il en est de même pour les 46 logettes face au mur. Elles sont profondes de 327 cm contre 320 cm au minimum recommandés pour les grands gabarits. En effet, dans les réglages, il ne faut pas négliger le dégagement à l’avant de la logette. Idele préconise 80 cm en logettes face au mur et au moins 40 cm entre les deux poteaux des logettes en tête à tête. Dans ce dernier cas, cela évite aux vaches un phénomène de compétition.

« Nos poteaux sont espacés de 60 cm. Cela ne permet pas un passage d’homme mais si nous avions choisi plus large, cela aurait reculé les bat-flanc des logettes vers le seuil. »

Veiller à la qualité de la litière pour préserver les réglages

Ces nouveaux réglages sont opérationnels à condition de niveler quotidiennement le mélange de paille et de chaux des logettes creuses. Ce type de logettes permet aux laitières de s’installer à leur aise mais, en chamboulant la litière, elles en repoussent devant et sur les côtés. Si elle n’est pas rétablie, l’animal s’avancera moins et sera plus contraint dans ses mouvements de coucher et de lever. Matin et soir, après avoir enlevé les bouses, les deux éleveurs la mettent donc à niveau. De plus, tous les quinze jours, ils renouvellent la litière des 120 logettes (lire encadré). En plus d’entretenir la qualité du couchage, cette recharge évite de l’enfoncer, ce qui, sinon, remettrait en cause la hauteur sous la barre de cou à 119 cm.

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Sans arrêtoir au sol. Les arrêtoirs au sol n’ont pas encore été posés dans la rangée de logettes face au mur. Les vaches s’avancent trop dans la stalle, bousent dedans et se salissent. © c.h.
Avec arrêtoir au sol. Le réglage des logettes avec, entre autres, la pose des arrêtoirs au sol sur cette rangée en face à face est efficace. S’il y a encore des bouses dans les logettes, elles sont le fait des plus petits gabarits, les réglages étant établis à partir des plus grands. © c.h.
Tester des hauteurs d’arrêtoir. La bande de béton de 1,10 mètre devant les logettes creuses ne s’avance pas assez dans le couchage pour y poser l’arrêtoir bas (15 cm de diamètre). Il est donc fixé à la barre basse de la barrière de séparation par un support réglable à crans. Deux hauteurs par rapport à la litière ont été testées. Cette photo présente celle retenue. L’arrêtoir est enfoncé de 4 cm par rapport à la surface de la bande bétonnée. La hauteur de 10 cm conseillée est respectée. © c.h.
Hauteurs d’arrêtoir. La distance seuil à seuil entre les deux rangées de logettes face à face est de 573 cm pour des poteaux de logettes espacés de 60 cm. C’est plus que la valeur recommandée pour les très grands gabarits. Cela donne au Gaec Caroux de la marge pour les réglages. © c.h.
Les vaches ne se gênent pas. Entre les rangées de logettes face à face, les poteaux de fixation sont espacés de 60 cm et les deux barres au garrot de 196 cm. La vache n’est pas gênée par celle en face pour se coucher et se relever. Si de la paille était stockée au milieu, il faudrait plus d’espace entre les poteaux. © c.h.
Du dégagement face au mur. La distance entre le seuil de la logette et le mur est de 327 cm. Ce sont 7 cm de plus que la valeur conseillée pour les très grands gabarits. La distance entre la barre au cou et le mur, elle, est de 134 cm. Quand elle se lève, la vache a suffisamment de place pour envoyer sa tête en avant. © c.h.

    À Pernes-lès-Boulogne (Pas-de-Calais)

    Gaec à 2 associés

    120 holsteins

    Stabulation de  120 logettes pour 110 vaches en lactation­

    118 ha sans cultures­ de vente : 29 ha de maïs, 15 ha de méteil, 23 ha pâturés par les vaches et 51 ha pour les génisses et la fauche

Barre au garrot reculée. Pour obtenir des logettes propres, en plus de l’arrêtoir au sol, la barre au garrot est reculée de 15 cm (224 cm de diagonale barre-seuil). Le Gaec Caroux a établi ce recul à partir des bouses les plus proches du seuil correspondant aux grandes vaches. La fixation coulissante de la barre au garrot facilite le réglage. © c.h.
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