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Dossier. La vaccination est un outil de prévention majeur

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L’efficience des vaccins est prouvée sur beaucoup de pathologies, mais les éleveurs laitiers peinent à les utiliser de manière systématique. Pourtant, ils apportent de bonnes réponses aux préoccupations d’économie, de temps de travail, de réduction des antibiotiques ou encore de durabilité des élevages.

Diarrhées des veaux, maladies respiratoires, fièvre Q, mammites, BVD : toutes ces pathologies qui empoisonnent parfois la vie des éleveurs peuvent être combattues par la vaccination. Et pourtant, cette pratique est encore assez peu répandue. « Les éleveurs laitiers ont tendance à utiliser les vaccins dans l’urgence », constate Tanguy Rault, vétérinaire dans les Côtes-d’Armor. Dans son cabinet...
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Diarrhées des veaux, maladies respiratoires, fièvre Q, mammites, BVD : toutes ces pathologies qui empoisonnent parfois la vie des éleveurs peuvent être combattues par la vaccination. Et pourtant, cette pratique est encore assez peu répandue. « Les éleveurs laitiers ont tendance à utiliser les vaccins dans l’urgence », constate Tanguy Rault, vétérinaire dans les Côtes-d’Armor. Dans son cabinet, ils sont plusieurs jeunes praticiens qui cherchent à encourager cette pratique. Car la vaccination est un outil de prévention majeur. Les éleveurs de porcs et de volailles l’ont bien compris et la plupart vaccinent de façon systématique. Les laitiers pourraient aussi tirer profit de ce type de stratégie.

Limiter les problèmes sanitaires améliore la rentabilité

Les vaccins permettent aux animaux de rester en bonne santé, ce qui a un bénéfice économique élevé : moins de pertes d’animaux, de retards de croissance, de frais vétérinaires. Les éleveurs sont gagnants aussi en matière de temps de travail et de stress. De plus, la lutte contre l’antibiorésistance, qui a un impact grave en santé humaine, est devenue une priorité. La vaccination représente un très bon moyen de réduire l’usage des antibiotiques en élevage. L’antibiorésistance augmente aussi dans les fermes et les innovations sont rares dans cette classe de médicaments. Certaines infections deviennent donc plus difficiles à traiter. Mieux vaut les éviter.

Des études ont permis d’identifier les freins à la vaccination en élevage. Le premier est d’ordre économique, les éleveurs craignant d’avoir à supporter une charge supplémentaire. Mais ce coût doit être comparé à celui des pertes d’animaux et de production, des visites et frais vétérinaires. Investir dans la prévention génère des bénéfices pas toujours faciles à mesurer, mais bien réels.

Le deuxième frein est lié à l’organisation du travail. Pour vacciner, il faut souvent constituer des lots d’animaux, les bloquer, les piquer. Cet investissement en temps se révèle ponctuellement important. Mais il peut être programmé et maîtrisé ce qui n’est pas le cas de la disponibilité requise quand les problèmes sanitaires arrivent.

Un intérêt renforcé dans les grands troupeaux

L’agrandissement des troupeaux devrait inciter les éleveurs à maximiser la prévention sanitaire. « Plus l’élevage est grand, plus le recours aux vaccins devrait être encouragé et systématisé avant que les problèmes ne surviennent. Car le moindre désordre sanitaire peut prendre des proportions considérables et avoir un impact sur les laitières comme sur le pré-troupeau, » souligne Tanguy Rault. Dans ce cas, les conséquences d’un problème sanitaire dépassent vite le coût des vaccins. Le recul du pâturage dans certains de ces élevages entraîne une concentration plus forte des animaux, mais aussi des germes pathogènes et donc une élévation des risques de contaminations. Le manque de main-d’œuvre de plus en plus fréquent en élevage rend encore plus compliquée la gestion des problèmes sanitaires.

Les vaccins ont fait leurs preuves et sont disponibles pour de nombreuses pathologies. D’une manière générale, il existe un délai de l’ordre de deux mois entre l’application du vaccin et l’obtention de l’immunité. Attendre l’arrivée de la maladie pour réagir ne constitue donc pas une bonne option.

Il existe un vaccin à action immédiate contre les maladies respiratoires des veaux. Appliqué en pulvérisation intranasale à l’âge d’une semaine, il permet à l’animal d’acquérir une immunité en quelques jours mais il ne protège que les voies aériennes supérieures. Des rappels sont donc nécessaires par injection intramusculaire. Tanguy Rault conseille d’utiliser ce vaccin intranasal systématiquement sur les jeunes veaux. Le rappel est nécessaire tant que les animaux restent à l’intérieur. Quand ils sortent, ils sont moins exposés aux germes et le recours à la vaccination peut donc être moins systématique.

On peut aussi vacciner les vaches au tarissement contre les gastro-entérites néonatales, pour protéger les veaux des diarrhées. Elles produiront des anticorps qui se retrouveront dans le colostrum. Ces anticorps peuvent être absorbés par la paroi intestinale du veau dans les six heures suivant la naissance. Il est donc essentiel qu’il consomme rapidement ce produit en quantité suffisante. L’idéal est de le lui donner dans les deux heures qui suivent la mise bas. Dans ces conditions, le vaccin est très efficace. Ce colostrum peut être congelé, il conserve toutes ses qualités. On le donnera aux veaux dont les mères produisent un colostrum peu abondant ou de qualité insuffisante (les génisses, par exemple).

Contre la fièvre Q, la BVD, les mammites

Il existe aussi un vaccin contre la fièvre Q. Les élevages touchés ont fortement intérêt à l’utiliser. Cette maladie provoque des avortements, mais aussi de nombreux troubles de la reproduction dont l’impact économique n’est pas négligeable. Au départ, toutes les vaches doivent être vaccinées. Ensuite, les génisses reçoivent leur première dose avant d’entrer dans le troupeau. Idéalement, la vaccination ne doit pas être arrêtée avant que la dernière vache présente lorsque la maladie a été identifiée quitte le troupeau.

Le vaccin contre la BVD est, lui, de plus en plus utilisé dans les élevages bretons, le GDS de la région cherchant à éradiquer la maladie. Il doit être appliqué avant la mise à la reproduction. Il protège le fœtus et évite ainsi la naissance d’IPI qui sont responsables de la dissémination du virus dans l’élevage.

On peut aussi vacciner contre les mam­mites. Les génisses doivent avoir reçu trois injections à six semaines d’intervalle avant d’entrer dans le troupeau. Quant aux vaches, elles doivent recevoir un rappel sous la forme de trois injections espacées de six semaines. Toutes doivent être traitées en même temps. Du fait de ce protocole assez complexe, mais aussi peut-être parce que le produit est arrivé récemment sur le marché, ce vaccin reste peu utilisé. Quant à la Mortellaro, il n’existe pas encore de vaccin. Les innovations concernent surtout la formulation des produits. Les laboratoires travaillent sur de nouveaux adjuvants qui peuvent booster l’efficacité.

Les vaccins sont délivrés sur prescription du vétérinaire. Si l’on dispose encore de peu de recul en ce qui concerne les mammites, les autres ont fait leurs preuves. Malgré tout, il existe des échecs. Parfois, les facteurs de risque liés à l’élevage sont tels que la seule vaccination ne suffit pas à régler le problème (voir encadré).

Les conditions de stockage et d’administration du vaccin sont à vérifier en cas d’échec. Il arrive aussi que le vaccin se révèle inefficace. Ils sont conçus pour agir sur les pathogènes majeurs que l’on trouve dans les élevages. Mais il en existe d’autres. En cas d’échecs récurrents, il est utile d’identifier le germe en cause et de vérifier qu’il figure bien dans les cibles du vaccin. Si ce n’est pas le cas, l’autovaccin apporte une solution. Il s’agit d’un produit sur mesure, fabriqué pour un seul élevage. Cette piste, souvent utilisée en élevage hors sol, donne de bons résultats (voir p. 44). Les éleveurs ont tendance à adopter un vaccin qui les a aidés à résoudre un problème sanitaire. Mais beaucoup abandonnent au bout de quelques années, souvent pour des raisons économiques. Et les infections réapparaissent. « Nous incitons les éleveurs à vacciner avant que les problèmes arrivent », précise Tanguy Rault. Si celui-ci convient qu’il est possible de lever un peu le pied à la belle saison, quand les animaux sont dehors, il rappelle que l’automne et l’hiver restent des périodes à risque.

Pascale Le Cann
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