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Dossier. La question du stockage de l’eau refait enfin surface

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, estime Gérard Bazin. Éleveur laitier et président de la chambre d’agriculture du Rhône, il ne renonce pas à l’espoir de voir du bon sens réapparaître dans la gestion des projets de stockage de l’eau. © a. b.

En Rhône-Alpes, épicentre du changement climatique en France, le stockage de l’eau est indispensable pour assurer le maintien des exploitations. Quinze projets dans ce sens ont été déposés après le passage du président Macron au Salon de l'élevage, en 2019. Rencontre avec Gérard Bazin, président de la chambre d’agriculture du Rhône.

Depuis quatre ans, les accidents climatiques se multiplient et les sécheresses deviennent récur­rentes. « En 2020, parmi les dossiers “calamités” présentés au plan national, notre département a affiché le taux de pertes fourragères le plus important : 50 % en herbe, 30 % en maïs, pointe Gérard Bazin, éleveur laitier et président de la chambre d’agriculture du Rhône. Mais...
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Depuis quatre ans, les accidents climatiques se multiplient et les sécheresses deviennent récur­rentes. « En 2020, parmi les dossiers calamités présentés au plan national, notre département a affiché le taux de pertes fourragères le plus important : 50 % en herbe, 30 % en maïs, pointe Gérard Bazin, éleveur laitier et président de la chambre d’agriculture du Rhône. Mais plus que le changement climatique en lui-même, c’est l’accélération des phénomènes qui nous inquiète. Toutes les productions sont touchées, y compris les forêts. Un peu d’irrigation favoriserait la résilience de nos exploitations, qu’elles soient laitières, maraîchères ou arboricoles. »

Dans les années 1970, parallèlement au réseau d’irrigation géré par le Syndicat mixte d’hydraulique agricole du Rhône (SMHAR, lire encadré), de nombreux petits lacs collinaires avaient été créés. À l’époque, c’était simple. Depuis, malheureusement, une partie de ces réserves en eau ont été privatisées. Elles n’ont pas été cédées aux fermiers et sont utilisées désormais pour la pêche ou les loisirs. Pour la Dreal, il n’est pas question aujourd’hui d’autoriser la construction de nouvelles retenues dans un secteur où il en existe déjà, même si ces dernières ne servent pas à l’agriculture.

Des études coûteuses découragent les demandes

« Depuis quinze ans, dans l’administration, une vision écologique prédomine. Le moindre projet est soumis à des études pléthoriques et coûteuses, qui ont comme résultat de décourager les demandes, regrette Gérard Bazin. Qui plus est, une partie du département a été classée en zone rouge. Dans ces territoires reconnus structurellement déficitaires en eau (qu’elle soit superficielle ou souterraine), il est actuellement impossible d’accéder aux aides publiques (Région, Europe) pour financer des ouvrages de stockage ou de transfert de l’eau. Nous espérons lever cet obstacle dans le cadre du prochain PDR (Programme de développement rural européen). » Par ailleurs, alors que la fonte des glaciers s’accélère (et que la ressource future en eau s’amoindrit), Gérard Bazin est de plus en plus inquiet du traitement de l’agriculture dans les arbitrages concernant la gestion des captages dans le Rhône entre les différents usagers : industriels, eau potable, centrale nucléaire… Les droits d’accès agricoles aujourd’hui seront-ils encore autorisés demain ? Seront-ils réduits ? Dans quelle proportion ? Compte tenu de ces incertitudes, stocker dans des réserves l’eau excédentaire l’hiver pour la réutiliser en période de végétation semble relever du bon sens. « C’est une solution plus résiliente à long terme que de puiser dans le fleuve. »

À la suite de la visite du président Emmanuel Macron au Salon de l’élevage de Cournon (Puy-de-Dôme), en 2019, où il promettait la création d’une centaine de retenues sur la région Auvergne - Rhône-Alpes, un maximum de dossiers a été déposé en 2020. « Nous avons ressenti un certain assouplissement dans les positions de l’administration, reconnaît Gérard Bazin. Dans le Rhône, nous avons profité de cette fenêtre de tir pour présenter quinze projets, dont six collectifs portés par une soixantaine d’exploitations. Les projets individuels concernent des petites réalisations de 20 000 à 30 000 m3 avec 10 ha irrigables par exploitation, de quoi juste sécuriser les systèmes en place. »

Enfoncer le clou en faisant valoir les économies

Dans le département où les collectivités ont pris conscience de l’enjeu de l’eau, il faut enfoncer le clou. « Nous devons parler de la nécessité de stocker l’eau quand la pluie tombe drue. En faisant valoir les économies d’eau réalisées dans les pratiques d’irrigation : utilisation de sondes hyperperformantes pour identifier les meilleurs moments pour arroser, recours aux nouvelles technologies (goutte-à-goutte en arboriculture), etc. Il faut aussi montrer qu’un lac collinaire peut être un atout pour la biodiversité. Parallèlement, il faut financer la recherche sur les plantes moins gourmandes en eau. »

Anne Bréhier
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