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Dossier. « Je récolte 120 ha de luzerne destinée aux éleveurs »

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Cyrille Cochereau fauche et récolte 120 ha par an chez lui et des voisins. © Denis Lehé

Exploitant en zone de grandes­ cultures et entrepreneur­ de travaux, Cyrille Cochereau cultive de la luzerne chez lui et des voisins céréaliers, pour la récolter en bottes vendues à des éleveurs.

«J’ai réintroduit la luzerne dans mon assolement depuis une dizaine d’années, se souvient Cyrille Cochereau, céréalier à Pas-de-Jeu (Deux-Sèvres). À l’époque, je cherchais une nouvelle tête d’assolement pour remplacer le colza en raison des problèmes d’orobanches qui limitaient fortement les rende­ments. La luzerne m’a permis de diversifier ma rotation. Cette culture convient bien à...
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«J’ai réintroduit la luzerne dans mon assolement depuis une dizaine d’années, se souvient Cyrille Cochereau, céréalier à Pas-de-Jeu (Deux-Sèvres). À l’époque, je cherchais une nouvelle tête d’assolement pour remplacer le colza en raison des problèmes d’orobanches qui limitaient fortement les rende­ments. La luzerne m’a permis de diversifier ma rotation. Cette culture convient bien à mes terres calcaires. J’en cultive actuellement 19 ha pour une SAU totale de 134 ha. Je suis équipé pour la fenaison et le pressage car je suis aussi entrepreneur de travaux agricoles. Plusieurs voisins, céréaliers comme moi, me délèguent la récolte de leur luzerne. Au total, j’en fauche environ 120 ha chaque année. La moitié des parcelles sont implantées comme porte-graines où je ne fais qu’une seule coupe. Pour le reste, il s’agit de luzernes fourragères, avec une première récolte au printemps, une deuxième coupe en début d’été et une troisième à l’automne si la saison n’est pas trop sèche. »

« J’utilise un combiné avec une faucheuse conditionneuse à rouleaux »

Sur son exploitation, Cyrille Cochereau sème généralement la luzerne pour quatre ans. C’est une bonne durée en matière de rendement. Ensuite, elle est retournée. Sachant aussi qu’au-delà, la parcelle peut être reclassée en prairies permanentes vis-à-vis de la Pac. L’implantation a lieu en direct avec un semoir John Deere au mois de septembre. Parfois, il déchaume le terrain au préalable pour détruire les galeries de mulots. Il applique ensuite un désherbant et quelquefois un insecticide au départ.

Ne consommant pas de fourrages sur son exploitation, Cyrille Cochereau commercialise le foin de luzerne directement auprès d’éleveurs de chèvres ou de vaches, dans un rayon de 30 à 100 km autour de chez lui. « Certains de mes clients se déplacent pour voir la culture sur pied avant de valider leur commande. Ils sont généralement exigeants. Pour le fauchage, j’utilise un combiné avec une faucheuse frontale et une faucheuse latérale de marque John Deere. Toutes deux mesurent trois mètres de large et sont équipées d’un conditionneur à rouleaux. L’herbe passe entre deux cylindres horizontaux qui aplatissent les tiges, accélérant la coulée de sève. Ce principe est moins agressif que les conditionneurs à fléaux classiques. Je gagne du temps par rapport à une faucheuse sans conditionneur, notamment au printemps. C’est important, car j’ai souvent beaucoup de surfaces à faire d’un coup. J’utilise ensuite un retourneur d’andains que je passe le lendemain, complété par un second passage le troisième ou le quatrième jour selon la saison et la météo. »Ce retourneur est de marque CCM Équipement, un constructeur de l’Aveyron. Il fonctionne comme trois petits andaineurs à rotor, placés sur la même ligne et distants de 2,80 m d’axe en axe. Chacune des trois toupies possède huit bras animés par un entraînement hydraulique, qui retournent le fourrage en douceur sans le projeter, selon un commercial. Ce modèle à trois rotors est commercialisé aux alentours de 16 000 €. Des versions à quatre rotors existent également. Le même engin sert à grouper les andains par deux.

« Cette culture assure un débouché intéressant »

Pour cela, l’utilisateur doit inverser le sens de rotation de la toupie centrale et remplacer les huit bras par d’autres bras symétriques, conçus pour tourner dans l’autre sens. Ils sont montés avec des goupilles pour faciliter l’opération. Dans cette configuration, les premier et deuxième andains sont réunis lors du premier passage alors que le troisième est repoussé vers l’extérieur. Au retour, le quatrième andain est posé sur le troisième et les cinquième et sixième andains sont également réunis. Sur un aller et retour, le chauffeur forme donc trois gros andains qui seront pressés quelques heures plus tard, ou le lendemain. « J’évite de passer aux heures chaudes de la journée, précise Cyrille. Sinon je perdrais trop de feuilles. Je presse ensuite la luzerne en bottes rondes ou cubiques, selon la demande de mes clients. Pour les premières coupes, j’applique souvent de l’acide propionique comme conservateur au moment du pressage. Il est possible qu’un jour, j’installe un séchoir sur mon exploitation. Cela pérenniserait ma production et ma clientèle avec une qualité garantie quelle que soit la météo de l’année. Cette culture assure un débouché intéressant, surtout dans le contexte difficile que nous traversons. Je crois beaucoup à ce genre de partenariat entre éleveurs et céréa­liers, qui répond à une véritable attente aussi bien en matière d’agriculture, d’environnement et de société. »

Denis Lehé
Retourneur. De marque CCM Équipement, il décale trois andains en un seul passage. Il peut aussi servir à les regrouper par deux. © D.L.
La luzerne est implantée avec un semoir direct pour quatre ans, en général. © D.L.
L’avis de...
« J’ai délégué cette production » L’avis de... David Vincent,  éleveur laitier dans le Maine-et-Loire

Depuis trois saisons maintenant, David Vincent, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire, achète 30 tonnes de foin de luzerne à Cyrille Cochereau. Le fourrage est pressé en bottes cubiques et livré par camion. « Je donne environ 1 kg de matière sèche par jour à chaque vache en période hivernale, explique-t-il. Quand elles vont en pâture, je descends à 700 ou 800 g. La luzerne est vraiment un produit intéressant d’un point de vue nutritionnel et j’ai moins de problèmes sanitaires depuis que je nourris mes animaux ainsi. Actuellement, je préfère déléguer cette production et acheter du foin de luzerne plutôt que de le produire sur mon exploitation. Pour avoir un produit de qualité, il faut être équipé avec du matériel spécifique. Pendant la récolte, il est conseillé d’intervenir le matin ou le soir, à l’heure où je suis normalement à la traite. Ce n’est pas compatible avec mon organisation. »

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