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Dossier. Un chargeur électrique pour tous les travaux à la ferme

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Franck Houssais © Denis Lehé

Franck Houssais utilise, depuis deux ans, un chargeur Weidemann équipé d’une batterie et d’un moteur électriques. Les points forts de cet engin ? Il est silencieux, ne réclame aucun entretien, et sa consommation est très modérée.

En 2019, Franck Houssais, éleveur en Gaec avec son épouse Véronique, à Domalain (Ille-et-Vilaine), fut l’un des premiers exploitants agricoles en France à investir dans un chargeur articulé Weidemann 1160 eHoftrac. La particularité de cet engin ? Pas de moteur diesel, mais une batterie de 48 V et des moteurs électriques développant 6,5 kW pour les déplacements, et 9 kW pour l’entraînement du systè...
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En 2019, Franck Houssais, éleveur en Gaec avec son épouse Véronique, à Domalain (Ille-et-Vilaine), fut l’un des premiers exploitants agricoles en France à investir dans un chargeur articulé Weidemann 1160 eHoftrac. La particularité de cet engin ? Pas de moteur diesel, mais une batterie de 48 V et des moteurs électriques développant 6,5 kW pour les déplacements, et 9 kW pour l’entraînement du système hydraulique. Le débit d’huile est de 32 l/min. Pour ce modèle de 2 400 kg, une charge de basculement maximale de 1 576 kg est annoncée, ainsi qu’une hauteur de levée de transbordement de 2,44 m. « Longtemps avant cet achat, j’avais déjà organisé mon exploitation pour tout faire à l’aide de ce genre de petit chargeur d’environ 25 ch, indique l’éleveur. C’est le troisième que j’utilise, mais les deux premiers avaient des moteurs thermiques. En matière de performances, l’électrique réalise le même travail que les modèles précédents. »

Un seul godet pour tout faire

L’exploitant a opté pour le bio en 2001, avec quarante vaches laitières et un atelier d’engraissement de porcs dont une partie en vente directe. Choisir un matériel électrique moins polluant fait donc partie d’un schéma cohérent, d’autant que la ferme est aussi équipée de panneaux photovoltaïques. C’est généralement Franck Houssais qui conduit le chargeur, ou Clément Vallienne, l’ami de sa fille, qui prévoit de s’installer sur la ferme dans un futur proche. Le même godet sert pratiquement à toutes les tâches quotidiennes, notamment la manutention et la distribution des bottes d’enrubannage. Le chauffeur les pose dans le couloir d’alimentation, puis, après avoir ôté le film, utilise la fourche hydraulique du godet pour découper des morceaux et les placer devant les cornadis. Même chose pour les bottes de paille, qui sont ensuite étalées sur l’aire de couchage.

Le troupeau est également nourri tous les jours avec des bouchons de maïs et de luzerne déshydratés. Pour les distribuer, Franck Houssais utilise une trémie conique de sa fabrication, qu’il déplace avec le godet. Pour le remplissage, il pose la trémie à côté du tas d’aliments et la charge au godet. Une fois qu’elle est pleine, il la reprend et l’emporte jusqu’à la stabulation. Il distribue ensuite la ration en tirant sur une ficelle qui déclenche l’ouverture d’une trappe située sur le côté.

Quatre heures d’autonomie

Bien équilibré, témoignant d’une bonne adhérence, ce chargeur est adapté à tous les travaux réalisés dans la cour de ferme. Avec sa cabine arceau repliable, il passe dans tous les bâtiments, y compris les moins hauts. Il dispose d’une autonomie maximale de quatre heures par jour. « En cas d’utilisation intensive, avec une forte sollicitation de la partie hydraulique, la batterie s’épuise en seulement deux heures, souligne l’éleveur. Comme un cycle de charge complet dure environ six heures, je dois organiser mes chantiers en intégrant cette contrainte et en anticipant les recharges si nécessaire. Ranger les bottes de paille en été, par exemple, cela passe, car l’effort demandé est raisonnable. Mais si je veux vider les cases des cochons, je sais que je ne pourrai pas tout faire en une seule fois. Je répartis donc la tâche sur deux jours. Pour curer la stabulation des vaches, en revanche, j’utilise mon tracteur, ou je fais appel à un prestataire. C’est la seule activité sur le siège de l’exploitation qui n’est pas réalisée avec ce chargeur. »

100 € d’électricité par an

La recharge s’effectue en raccordant simplement un câble, rangé sous le capot, à une prise 220 V classique, car le transformateur est intégré à côté de la batterie. L’éleveur se connecte toujours au même endroit et a installé un compteur sur la prise qu’il utilise. Il sait ainsi que sa consommation électrique pour ce poste lui revient à 100 €/an. En comparaison, le chargeur thermique précédent réclamait annuellement 800 litres de GNR. Après vingt-quatre mois d’utilisation du eHoftrac, Franck Houssais se montre assez satisfait : il apprécie l’absence de bruit, et le fait que le moteur et la batterie ne requièrent aucun entretien, un atout également sur le plan économique. Principal reproche fait à ce modèle : la colonne de direction, mal placée ; en montant, le chauffeur se cogne souvent le genou.

En deux ans, le seul incident à déplorer est la coupure accidentelle d’un faisceau sur une électrovanne qui a entraîné l’immobilisation du matériel tout un week-end. « Je possède d’autres petits matériels électriques comme une débroussailleuse et une tondeuse, et je pense que ces équipements sur batterie vont se répandre de plus en plus dans les fermes, estime l’éleveur. Actuellement, je recherche un quad électrique pour remplacer celui à moteur essence qui me sert à déplacer les clôtures. Pour l’instant, les modèles que j’ai essayés manquent d’adhérence. Mais l’offre se diversifie, j’espère donc trouver rapidement un quad utilitaire qui corresponde à un usage agricole comme le mien, d’une à deux heures par jour au maximum. »

Denis Lehé
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