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Dossier. « Des vêlages précoces pour maîtriser le chargement »

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Alain Paillard : © j.pezon

Sur la base de pratiques simples et efficaces, Alain Paillard maintient un âge au premier vêlage autour de 23 mois, grâce à une croissance soutenue des génisses.

Àl’issue de la dernière campagne, l’âge au premier vêlage au Gaec de la Table s’élevait à 22,9 mois. Il était de 23,1 mois et 22,9 mois lors des deux campagnes précédentes. Cette pratique répond à une recherche d’intensification sur une SAU limitée (12 262 l/ha), en partie consacrée aux céréales pour l’élevage porcin. « Les vêlages...
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Àl’issue de la dernière campagne, l’âge au premier vêlage au Gaec de la Table s’élevait à 22,9 mois. Il était de 23,1 mois et 22,9 mois lors des deux campagnes précédentes. Cette pratique répond à une recherche d’intensification sur une SAU limitée (12 262 l/ha), en partie consacrée aux céréales pour l’élevage porcin. « Les vêlages précoces visent à maîtriser le chargement, dans un contexte où nous avons déjà 30 ha de plan d’épandage extérieur, mais aussi à réduire le coût d’élevage des génisses », précise Alain. Sur la ferme, c’est lui qui est en charge du troupeau laitier. Son frère, Patrick, s’occupe de l’élevage hors sol. L’éleveur se fixe un objectif de croissance de 1000 g de GMQ depuis la naissance jusqu’au vêlage. Pour cela, il mise sur une alimentation stable en stabulation. Antoine Renaudier, conseiller Seenovia (encadré), rappelle les objectifs de GMQ en matière de vêlages précoces : 900 g jusqu’au sevrage ; 1100 à 1200 g du sevrage à 6 mois pour atteindre les 220 kg ; avant de redescendre autour de 900 g « afin de limiter l’état d’engraissement ».

Ici, pas de méthode révolutionnaire ni d’équipements spécifiques. Juste de la rigueur, le respect des transitions, la qualité des aliments et l’œil de l’éleveur. Tout d’abord, la volonté de maîtriser le chargement amène à plafonner le renouvellement à 25 %, soit 17 ou 18 génisses élevées/an, toutes issues d’accouplements réalisés avec des semences sexées sur les primipares. Le génotypage systématique des femelles permettant d’affiner ces accouplements.

Le respect des transitions alimentaires­ à chaque étape

Les autres femelles sont inséminées avec du blanc bleu belge. Les vêlages sont étalés, avec un léger creux d’été. Pour éviter la tétée, les veaux sont placés sans attendre en niches individuelles. Des niches lavées au nettoyeur haute pression entre chaque animal. Au moment du vêlage, pas de pesée du colostrum ni de stock congelé. S’il a lieu la nuit, le veau attend le matin sa première buvée. Jusqu’au sevrage, le plan d’alimentation est le suivant.

De j + 1 à j + 7, 2 x 3 litres de lait entier : le colostrum de la mère est distribué au seau et à volonté les deux premiers repas. « L’idée est de gaver le veau. Certains boivent 4 à 5 litres à chacun de ces repas », précise Alain. Le lait maternel est ensuite distribué jusqu’au 7e jour, à raison de 2 repas de 3 litres. Le passage au lait reconstitué se fait en douceur, en diluant de petites quantités de poudre dans la buvée. « Je suis attentif aux transitions, à un âge où le système digestif est très fragile. » Vers j + 5, l’éleveur commence à mettre à disposition de l’eau fraîche et de petites poignées de concentré fermier dans le nourrisseur.

De j + 8 à j + 15, 1 000 g de poudre à 26 % de protéines : place au lait reconstitué, avec 2 repas de 3 litres, soit 1000 g/jour d’une poudre riche en protéines (26 %) et en PLE (50 %). « C’est un investissement qui en vaut la peine (2600 €/t). Les essais avec des poudres moins coûteuses ne sont pas des réussites : par manque d’appétence des veaux pour la buvée, des croissances moins rapides ou davantage de besoins en poudre. » Le concentré, l’eau et la paille dans le râtelier sont renouvelés deux fois par jour.

De j + 15 à j + 60, une buvée/jour : transfert en case collective. Pendant une semaine, l’éleveur réduit progressivement la concentration de la buvée du soir, pour passer à 1 seul repas/jour de 3 litres dès la 3e semaine de vie, c’est-à-dire avec 500 g de poudre/jour. À 3 semaines et à 1 mois, un anticoccidien préventif est dilué dans la buvée (Baycox) : « Laisser un temps de contact avec le parasite avant administration a permis de résoudre ce problème. » Sensibilisé aux médecines alternatives via la participation à des formations, Alain n’hésite pas à soutenir les défenses des veaux avec des compléments à base de plantes, comme le Plasma 6 en cure de trois jours dès les premiers symptômes de toux infectieuses. « Je n’ai pas piqué un veau depuis plusieurs années », assure-t-il. À condition d’offrir une ambiance saine, sans courants d’air. Alain garde surtout un œil attentif aux fèces, pour intervenir dès les premiers signes de troubles digestifs : « C’est essentiel pour réussir des vêlages précoces. Une diarrhée détectée trop tard, c’est 15 jours de croissance perdus. » Cette réactivité autorise une prise en charge rapide, le plus souvent sans antibiotiques, avec un réhydratant et sans couper le lait plus de vingt-quatre heures (voir p. 38).

1000 g de GMQ de la naissance jusqu’à l’insémination

Le sevrage est programmé à 2 mois, après une transition d’une semaine qui voit la concentration de la buvée diminuer, jusqu’à distribuer une eau colorée. Au sevrage, une première pesée au ruban permet de contrôler les croissances : le dernier lot de génisses a ainsi été sevré entre 88 kg et 122 kg. Il s’agit ensuite de maintenir un haut niveau de croissance jusqu’à l’insémination. C’est pourquoi, les génisses n’ont accès au pâturage qu’après confirmation de gestation. Jusqu’à l’âge de 6 mois, la ration se compose de concentré fermier rationné à 4 kg/jour maximum et de la paille à volonté. À 6 mois, la transition se fait vers une ration avec 12 kg brut de maïs ensilage + 1 kg de soja et du foin à volonté. Une seconde pesée valide les pratiques avec des poids compris entre 220 et 250 kg. Enfin, une troisième pesée est programmée avant l’insémination, au plus tôt à 11 mois avec un poids objectif minimum de 400 kg : « C’est le poids qui détermine le moment de l’IA. S’il est atteint, il n’y a aucune raison d’attendre, au risque d’un excès d’engraissement pénalisant pour le taux de réussite. » Ce dernier est de 53 % en IA 1re : si l’on tient compte de la moindre fertilité des doses sexées (-10 %), il correspond aux objectifs couramment admis de 60 à 65 %.

Avant le démarrage en lactation, les génisses observent une phase de préparation au vêlage de trois semaines. La ration est alors composée de 1,5 kg de maïs grain + 1,5 kg de soja + 600 g d’orge + 11 kg brut de maïs ensilage, de la paille à volonté et un minéral spécifique. Après la mise bas, les primipares ont bien sûr une ration plus concentrée au Dac pour couvrir leurs besoins : + 500 g à 1 kg de VL et 200 à 300 g de correcteur, pour une production au premier contrôle de 27,3 litres et une première lactation de 8389 litres à 7 %.

jérôme pezon
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