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Dossier. « De la ventilation naturelle pour maîtriser les coûts »

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q Brumisation. En complément de l’ouverture des bâtiments, les éleveurs ont conçu un dispositif de brumisation à l’aide de tuyaux d’irrigation, dans l’aire d’attente, qu’ils actionnent depuis la salle de traite. © j.p.

Soucieux de contrôler leurs investissements, les associés du Gaec des Cerisiers ont créé des ouvertures afin d’améliorer le renouvellement de l’air dans des niches à vaches.

Dans les monts du Lyonnais, même à 550 mètres d’altitude, les étés caniculaires se succèdent, en raison notamment de vents chauds qui remontent la vallée du Rhône. En 2019, les associés du Gaec des Cerisiers ont fait état de pics de chaleur dépassant les 40 °C pendant plus de dix jours. C’est l’élément déclencheur qui les a amenés à mettre en œuvre...
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Dans les monts du Lyonnais, même à 550 mètres d’altitude, les étés caniculaires se succèdent, en raison notamment de vents chauds qui remontent la vallée du Rhône. En 2019, les associés du Gaec des Cerisiers ont fait état de pics de chaleur dépassant les 40 °C pendant plus de dix jours. C’est l’élément déclencheur qui les a amenés à mettre en œuvre des aménagements des bâtiments dédiés aux vaches laitières, afin de lutter contre les effets du stress thermique : « Lors de ces épisodes caniculaires, les vaches cherchent la fraîcheur. Elles restent debout ou se couchent dans les aires de raclage et leur ingestion chute avec un effet visible, principalement sur la baisse de TP plus que sur la production laitière. Les échecs de mise à la reproduction à cette période nous incitent à décaler les inséminations en septembre. Ce décalage de deux mois coûte cher », explique Samuel Laurent.

Un bâtiment en kit de 22 000 € pour 44 places

Ici, au moment de son installation avec son frère Nicolas en 2009, l’éleveur a fait le choix d’un mode de logement du troupeau simple et économique : des niches à vaches. Quarante-quatre places construites dans le prolongement de niches préexistantes autoconstruites par son père, Daniel, vingt ans plus tôt, soit un total de 75 places. Cette option répond à la volonté des associés de maîtriser leur niveau d’endettement, compte tenu d’investissements spécifiques consentis en parallèle pour la conduite de 7 ha de cerisiers : « Il s’agit d’un bâtiment en kit que nous avons monté nous-mêmes après avoir confié le coulage de la dalle en béton à un maçon. Cela représente environ trois semaines de travail à trois personnes, pour un investissement de 22 000 €, c’est-à-dire seulement 500 €/place, hors main-d’œuvre et maçonnerie. » Dans ce bâtiment 100 % bois, le faible volume d’air apparaît comme une limite en matière d’ambiance lors de fortes chaleurs.

Dans un premier temps, les éleveurs vont demander des devis en vue d’installer 5 ventilateurs verticaux : un investissement de 10 000 €, hors coût d’installation. « C’est à la suite d’une formation avec le contrôle laitier départemental et à la publication d’un article dans la revue L’Éleveur laitier que nous avons décidé d’opter pour une solution moins coûteuse, c’est-à-dire ouvrir le bâtiment pour miser d’abord sur la ventilation naturelle. »

« 300 € de fournitures et un peu d’huile de coude »

La première étape consiste avant tout à remplacer les 10 tôles translucides en toiture par des tôles opaques, pour éviter les effets du rayonnement solaire en plein été. Puis, au moins d’avril 2020, ils vont concevoir des volets tout le long des deux façades nord et sud du bâtiment : l’opération a simplement consisté à découper directement des panneaux dans la façade, avant de les fixer sur un cadre en bois et de réinstaller l’ensemble à l’aide de 3 charnières. « C’est l’histoire de trois jours de travail à trois. Comme nous avions déjà le bois disponible, sans compter le temps passé, cela nous a coûté 300 € au maximum et un peu d’huile de coude. »

Parallèlement, les éleveurs ont installé deux petits ventilateurs dans la salle de traite (2 x 5) et une brumisation faite maison dans l’aire d’attente : un système astucieux actionné par une vanne depuis la fosse de la salle de traite et qui repose sur des tuyaux d’irrigation équipés d’arroseurs, raccordés à l’arrivée d’eau. Là encore, une histoire de 700 €, avec un peu d’ingéniosité et de temps passé, à mettre en balance avec un devis de 5 000 €. « En été, les vaches aiment venir à la traite. Cette petite installation a l’avantage de les rafraîchir et de chasser les mouches. C’est aussi un confort pour nous car elles sont plus calmes à la traite. Nous envisageons d’installer ce type de brumisation au niveau des cornadis, dans l’aire d’exercice. » Les observations faites au cours de l’été 2020, le premier passé avec ces ouvertures des niches, sont plutôt positives au regard des faibles coûts engagés.

Pendant cette saison de pâturage où les vaches ont potentiellement accès à 65 ha d’herbe (deux tiers non mécanisables), le troupeau rentre à l’étable en début d’après-midi lors des épisodes caniculaires.

Un gain de 1,5 point de TP en été

Dans les niches, le contrôle laitier du Rhône a pu mesurer à l’aide d’un anémomètre une vitesse de l’air jusqu’à 2 mètres par seconde, c’est-à-dire une vitesse recommandée pour rafraîchir les vaches en évacuant l’humidité à la surface de la peau. La production laitière s’est maintenue entre 23 et 24 litres de lait, avec un gain de 1,5 point de TP (33,4) à partir d’une ration herbe pâturée + maïs.

En hiver, les volets de la façade exposée plein sud, protégée du vent par le coteau, restent ouverts 24 h/24. Un moyen de renouveler l’air, sans créer de courant d’air, dans cette étable basse de plafond (3,50 m) où se concentrent l’humidité et la poussière liée au paillage mécanique des logettes. Seule la façade nord est fermée à cette période et uniquement en période neigeuse associée au vent du nord. « Nous n’envisageons pas d’investir dans la ventilation dynamique en complément de ces aménagements. Notre réflexion serait peut-être différente avec un prix du lait de 450 €. Mais à ce stade, je pense que nous avons fait ce qu’il fallait et les conditions d’élevage sont aujourd’hui plus satisfaisantes sur les mois d’été. Un autre aspect de la lutte contre le stress thermique et hydrique reste à mener sur la sécurisation du système fourrager sur des terres sableuses superficielles où les maïs ont beaucoup souffert. »

Jérôme Pezon
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