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Dossier. « Avec 180 vaches, la vaccination est une assurance »

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Anticiper. Vincent Guinard, Christian Truet et Quentin Dourdan © P.L.C.

Les associés du Gaec de la Perche investissent dans la vaccination et sont satisfaits des résultats sur les problèmes respiratoires. En revanche, les diarrhées n’ont pas disparu.

Christian Truet, Vincent et Pierrick Guinard et Quentin Dourdan élèvent ensemble 180 vaches et autant de génisses sur leur ferme de Montreuil-sur-Ille (Ille-et-Vilaine). « Nous investissons 3 000 € HT/an dans la vaccination. C’est beaucoup, mais pour nous, cette prévention est indispensable pour bien soigner nos animaux », raconte Christian Truet. Il insiste sur le fait que dans le même esprit, ils ont mis en place un suivi...
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Christian Truet, Vincent et Pierrick Guinard et Quentin Dourdan élèvent ensemble 180 vaches et autant de génisses sur leur ferme de Montreuil-sur-Ille (Ille-et-Vilaine). « Nous investissons 3 000 € HT/an dans la vaccination. C’est beaucoup, mais pour nous, cette prévention est indispensable pour bien soigner nos animaux », raconte Christian Truet. Il insiste sur le fait que dans le même esprit, ils ont mis en place un suivi fécondité avec leur vétérinaire, Yolande David.

Les 180 vaches et les génisses pâturent une bonne partie de l’année. Mais quand tous les animaux sont rentrés, les densités assez élevées favorisent les infections. C’est particulièrement vrai pour les jeunes, logés dans de vieux bâtiments qui n’ont pas grandi avec le troupeau. Les vêlages sont étalés sur l’année avec une fréquence un peu plus élevée en été. « On a 90 naissances entre juin et septembre », précise Vincent Guinard.

4 litres de colostrum en drenchage dès la naissance

Les veaux bénéficient tous du colostrum dès la naissance, dont 4 litres en drenchage. Ils démarrent en cases individuelles puis rejoignent des box collectifs. Ils sont alors nourris au lait entier deux fois par jour. Tous reçoivent un complément en poudre contenant de la paromomycine une fois par jour durant cinq jours. « Il s’agit de lutter contre des germes qui sont présents dans la nurserie », explique Quentin Dourdan.

Pour lui, maintenir les locaux aussi propres que possible est une nécessité. Si la nurserie est nettoyée régulièrement, ce n’est pas le cas des box à vêlage. Sur paille pour le confort des vaches, ils sont situés sur une zone de passage ce qui augmente les risques. Les dix cases individuelles sont nettoyées au Kärcher et désinfectées entre deux veaux.

« Nous avons eu des épisodes de diarrhées sur les veaux avec beaucoup de pertes il y a quatre ans », se souvient Christian. C’est à cette époque qu’ils ont commencé à vacciner les taries contre ce type d’infections. Les premiers cas ont été soignés par des antibiotiques, ce qui est coûteux. Ceux qui ont guéri sont restés chétifs et les éleveurs sont bien conscients du coût des retards de croissance. Entre les traitements et le travail, ils estiment que soigner un veau coûte autour de 30 €, ce qui pose question quand le prix des mâles ne dépasse pas 5 €. « Nous ne cherchons pas la plus-value sur les veaux. Ce qui compte, c’est le troupeau laitier, et donc les génisses. » Ce vaccin contre les gastro-entérites néonatales s’applique en une fois en fin de gestation. « Un flacon contient cinq doses. On fait des lots. Ça coûte 13 € HT/veau et c’est donc plus intéressant que de les voir tomber malades », explique Vincent. Par ailleurs, toutes les vaches sont taries avec un antibiotique et un obturateur. Les primipares ne sont vaccinées que lorsqu’elles sont à l’intérieur. La situation s’est améliorée. Quelques veaux ont encore souffert de diarrhées mais ils ont vite guéri avec un sachet de réhydratant.

Pas de vaccin contre la cryptosporidiose

Malgré tout, l’élevage a perdu d’autres veaux en début d’année à cause de diarrhées parasitaires. Une analyse a permis d’identifier la cryptosporidiose. Ils ont utilisé un autre antibiotique qui a bien fonctionné mais qui présente un risque élevé d’antibiorésistance. Le vaccin ne protège pas contre ce parasite. « On ne remet pas en cause la vaccination pour autant. Beaucoup de facteurs interviennent en élevage. On n’explique pas tout mais on est certains que la vaccination nous aide. » En revanche, les jeunes veaux sont peu affectés par des maladies respiratoires.

Entre 4 et 7 mois, les génisses sont élevées en lots dans un ancien bâtiment. Là, elles souffrent régulièrement de pneumonies. « Le volume est trop grand pour elles et le bâtiment est parfois trop chargé. Elles reçoivent deux à trois cures de vitamine C et aspirine au cours de l’hiver », remarque Vincent.

L’an dernier, sur le conseil de leur vétérinaire, les éleveurs ont vacciné leurs animaux contre les maladies respiratoires. Ils ont noté une nette amélioration malgré la survenue d’un ou deux cas. Ce vaccin nécessite une première dose à l’âge de 2 semaines et un rappel un mois plus tard. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser les bâtiments disponibles », soupire Christian.

Cette année, les éleveurs ont aussi vacciné les génisses contre la FCO. Car ils en vendent régulièrement et cette protection est obligatoire pour l’export. Au départ, ils ne pensaient protéger que la moitié du lot, sachant qu’un flacon contient 50 doses. Mais faute de savoir assez tôt lesquelles partiraient, ils les ont toutes vaccinées pour un coût de 10 € par tête. « On veut pouvoir prendre le temps de les trier », justifie Quentin.

Hors suivi fécondité, les frais vétérinaires s’élèvent ici à 105 €/vache, contre 87 pour leur groupe. Cette charge représente le prix de la sécurité pour les associés. Même si les problèmes sanitaires n’ont pas disparu, ils sont maîtrisés. « La pression est forte avec un troupeau de cette taille, note Christian. Nous devons anticiper pour ne pas subir. »

Pascale Le Cann
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