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« AUGMENTER MAIS PAS AUX DÉPENS DE MA FAMILLE »

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PHOTOS © C.H.

Sans bouleverser la structure de son exploitation, Liam Tobin peut accroître de 30 % sa production de 140 000 l. Prudent, il devrait s'engager pour 75 000 l.

43 ANS, SANS EMPRUNTS À REMBOURSER ET PROPRIÉTAIRE DE SES 59 HA, Liam Tobin est prêt à produire plus de lait, mais sans investir massivement et pas au détriment de sa vie familiale. Il veut être aux côtés de son épouse Noëlle, en congé parental, pour consacrer du temps à leurs trois très jeunes enfants. Son organisation actuelle lui convient. Conforme au système de production irlandais, il cale les dé...
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43 ANS, SANS EMPRUNTS À REMBOURSER ET PROPRIÉTAIRE DE SES 59 HA, Liam Tobin est prêt à produire plus de lait, mais sans investir massivement et pas au détriment de sa vie familiale. Il veut être aux côtés de son épouse Noëlle, en congé parental, pour consacrer du temps à leurs trois très jeunes enfants. Son organisation actuelle lui convient. Conforme au système de production irlandais, il cale les débuts de lactation sur la pousse de l'herbe. Les vêlages débutent le 1er février, avec un pic autour du 20 février. Les derniers vêlages ont lieu vers le 20 avril. Pendant cette pointe de travail, son père, qui habite sur le site de la ferme en face de son habitation, surveille les vêlages et nourrit les animaux. Liam assure 1 h 30 de traite matin et soir, nettoyage compris avec une 1 x 12 postes sur deux quais. Il est à la tête d'une structure à la mécanique bien rodée. Les 85 vaches laitières pâturent sur 40 ha de prairies de ray-grass anglais, divisées en vingt-quatre paddocks autour du site de l'exploitation. « Le point le plus éloigné se situe à 700 m de la salle de traite », précise-t-il. Les génisses, elles, sont élevées sur 19 ha de prairies attenantes, séparés par une petite route de campagne. Cerise sur le gâteau, les sols portants permettent un pâturage dans de bonnes conditions, y compris par temps très pluvieux comme c'était le cas cet été. À la mi-novembre, toutes les vaches sont taries et le cheptel rentré en stabulation. Liam leur consacre alors deux heures le matin pour distribuer l'ensilage issu des excédents de pousse d'herbe, racler le bâtiment et l'aire bétonnée extérieure des génisses.

« AGRANDIR LA STABULATION S'IL LE FAUT »

La stabulation des vaches taries est loin des critères de logement français. Pas de chichi dans ce bâtiment de 70 logettes construit il y a vingt-cinq ans. Y sont hébergées les 85 laitières et 20 génisses, circulant sur des couloirs larges de 2 m à 2,50 m. Vingt autres génisses sont élevées dans le bâtiment paillé avec une aire extérieure de l'ancien atelier viande bovine. L'étable qui accueille les vaches prêtes à vêler peut servir de soupape. Pas étonnant que les charges de structure, quotas compris, s'élèvent à 98,80 €/1 000 l en 2011 (voir tableau). « En l'absence d'investissement dans le foncier et peu en bâtiment, je peux produire jusqu'à 140 000 l de plus, mais en maximisant le chargement à 3 vaches/ha sur les 40 ha », estime Liam. Il s'oriente vers un développement plus sécurisé et sécurisant. Il a l'intention de s'engager auprès de son groupe coopératif Glanbia, le numéro un laitier irlandais, pour environ 75 000 l supplémentaires après les quotas. « Cela signifie accroître le troupeau de 15 vaches pour atteindre une centaine de vaches à 4 800-5 000 l/vache. » Il n'aura pas à trop booster le niveau d'étable (4 722 l/vache en 2012) et aura, sur les 40 ha réservés aux laitières, un chargement par animal certes intensif (2,5 UGB/ha) mais « gérable ». « En hiver, les vaches supplémentaires pourront être hébergées dans la stabulation à la place des 20 génisses et s'il faut étendre la stabulation, ce ne sera pas compliqué à réaliser. » Les génisses, elles, pourraient être élevées sur une parcelle portante l'hiver, juste à côté. « Ici, les hivers ne sont pas rigoureux. »

Avec un chargement à 2,1 vaches/ha, comment fera-t-il face à la pression de pâturage supplémentaire ? « Je ne suis pas convaincu par le pâturage ras que conseille le Centre de recherche de Moorepark pour augmenter le chargement (voir p. 36), répond Liam. La solution sera plutôt de renouveler les prairies de ray-grass anglais tous les cinq à sept ans, et non plus tous les dix à quinze ans, et d'augmenter la fertilisation azotée. »

« JE POURRAIS CONDUIRE 170 VACHES EN PLUS MAIS CE SERAIT PLUS COMPLIQUÉ »

En 2012, il a épandu 130 kg d'azote minéral par hectare, en plus des déjections animales. L'éleveur préfère jouer sur la productivité et la qualité de ses prairies pour nourrir plus de vaches et, mieux, plutôt que de distribuer davantage de concentrés pour augmenter la production par animal. Ses résultats techniques 2012 montrent que c'est possible. Il a compensé l'été pluvieux en distribuant de l'enrubannage et non plus des concentrés. À tel point que la quantité de concentrés est tombée à 335 kg par vache en 2012, contre 500 kg en 2011, pour des performances (lait et taux) légèrement supérieures. Reste l'accroissement du troupeau. Pour lui, ce n'est pas un problème. Il suffira de puiser dans les 40 génisses de renouvellement qu'il élève. Aujourd'hui, il en vend la moitié 335 kg par vache en 2012, contre 500 kg en 2011, pour des performances (lait et taux) légèrement supérieures. Reste l'accroissement du troupeau. Pour lui, ce n'est pas un problème. Il suffira de puiser dans les 40 génisses de renouvellement qu'il élève. Aujourd'hui, il en vend la moitié, ce marché étant porteur. Les règles environnementales ne seront pas un frein à l'évolution de son exploitation. « Si davantage de vaches génèrent un dépassement du plafond des 170 kg d'azote organique par hectare fixé par la directive nitrates, je demanderai une dérogation (NDLR : 250 kg/ha d'azote organique si 80 % de la SAU sont en prairies). Je n'en ai pas besoin aujourd'hui. » En optimisant tous les facteurs de production, quel volume de lait son exploitation est-elle capable d'atteindre ? « À raison d'un chargement de 3 vaches/ha, je peux monter l'effectif jusqu'à 170 laitières, répond l'éleveur. Elles pâtureraient les 59 ha de la SAU. Il faudrait gérer la traversée de la route pour la traite, trouver des parcelles supplémentaires pour assurer les stocks d'ensilage et sans doute passer un contrat avec un collègue pour mettre les génisses en pension. » Or, en Irlande, décrocher un bail ou confier ses animaux avec un engagement de plusieurs années est difficile. Encore plus pour acheter du foncier. Bref, ces obstacles n'incitent pas Liam à doubler son troupeau, lui qui souhaite concilier vie familiale et vie professionnelle.

« FINANCER 0,02 € PAR LITRE LE LAIT PRODUIT EN PLUS »

L'éleveur n'a pas l'intention de développer son exploitation laitière avant la suppression des quotas. Pas question d'acheter des quotas d'ici là. C'est ce qu'il indiquera à Glanbia lorsque le groupe coopératif lui rendra visite prochainement pour connaître ses intentions de production à la fin des quotas. « Glanbia veut développer la production laitière. C'est une bonne chose, estime Liam. J'ai d'ailleurs soutenu ce projet en votant en novembre et décembre pour le recentrage d'une partie de l'activité du groupe international sur l'Irlande (voir p. 36). De même, je laisserai dans la nouvelle structure, Glanbia Ingredients Ireland, mes actions de Glanbia plc (cotée en bourse). Elle propose à ses actionnaires éleveurs de lui verser, en équivalents euros, une partie des actions qu'ils détiennent dans son capital pour financer leur développement. » Ce qui sera obligatoire, c'est le versement de 0,02 € par litre de lait produit en plus de leur quota pendant cinq ans.

Stabulation des vaches taries L'une des clés du faible coût de production de Liam Tobin est un bâtiment amorti depuis longtemps. Il contient 70 logettes en cul à cul (derrière le mur des deux couloirs d'alimentation). La production laitière se déroulant surtout au pâturage, il ne ressent pas la nécessité d'investir pour l'hébergement des vaches taries.
Génisses de renouvellement L'élevage en compte quarante. Vingt sont élevées l'hiver dans ce bâtiment paillé + aire d'exercice de l'ancien atelier viande bovine. Vingt autres sont hébergées dans la stabulation des vaches taries. La moitié est vendue. Dans le contexte irlandais de développement de la production laitière, ce marché est porteur.
Une 1 x 12 postes La salle de traite comporte 12 griffes branchées alternativement sur l'un ou l'autre quai. Elle pourra passer en 2 x 12 postes si le nombre de vaches augmente. Elle est équipée de distributeurs automatiques de concentré réglés sur la même quantité par vache. Au printemps, en plein boom de production, Liam Tobin consacre 1 h 30 à la traite, matin et soir, nettoyage compris.
Vaches gestantes Quinze jours à trois semaines avant leur vêlage, les vaches gestantes sont dirigées vers ce bâtiment de 45 places vide jusqu'en janvier. Elles vêlent dans un autre bâtiment divisé en quatre box à vêlage. Une caméra de surveillance évite à l'éleveur de se lever la nuit.
L'EXPLOITATION

- À Kilsheelan (à côté de Clonmel)

- 1,5 UTH avec son père

- 388 000 l de quota

- 85 vaches dont 60 % de holsteins type néo-zélandais et 40 % de croisées holsteins (NZ) x jersiaises

- 4 722 l/vache en 2012, à 40 de TP et 35,3 de TP

- 59 ha en prairies permanentes

- Producteur Glanbia

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