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Dossier. Assurer l’eau pour les animaux

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Dans certaines régions, l’abreuvement des animaux l’été est devenu une préoccupation. Sous l’effet de la sécheresse, les ressources en eau se tarissent dans de nombreux secteurs. © A.B.

Le changement climatique, par ses sécheresses et fortes chaleurs, a un impact sur les conditions d’abreuvement des troupeaux. En quantité et en qualité.

Alors que les ressources se raréfient (tarissement des sources et des rivières), que les factures d’eau du réseau s’envolent sous l’effet de l’augmentation du prix du mètre cube – très variable selon les secteurs –, les besoins en eau des animaux augmentent avec l’élévation des températures et une alimentation en partie plus sèche : moins d’herbe à pâturer, plus de...
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Alors que les ressources se raréfient (tarissement des sources et des rivières), que les factures d’eau du réseau s’envolent sous l’effet de l’augmentation du prix du mètre cube – très variable selon les secteurs –, les besoins en eau des animaux augmentent avec l’élévation des températures et une alimentation en partie plus sèche : moins d’herbe à pâturer, plus de fourrage grossier à consommer.

Face à cette situation, les éleveurs essaient de s’adapter en recherchant les solutions les plus pertinentes, mais aussi souvent les moins coûteuses. Les remèdes varient selon le contexte de chaque territoire.

Alors que certains agriculteurs créent des petites retenues de moins de 1000 m2 (au-delà, une autorisation administrative, et non une déclaration, est nécessaire), des techniciens mettent en garde sur les pertes d’eau liées à l’évapotranspiration et sur les sols pas suffisamment imperméables. Par ailleurs, la qualité de l’eau de ces petites réserves peut se dégrader rapidement en cas de fortes chaleurs. De plus, ces ouvrages sont à proscrire en cas de pression forte de ragondins.Les forages profonds (80-100 mètres de profondeur) sont envisageables en présence de nappe phréatique ou de courants d’eau suffisants (voir l’article p.116 publié dans L’Éleveur laitier de septembre 2020).

Le retour sur investissement peut être rapide, à condition de forer là où il faut, et de « tomber » sur un volume important et pérenne, ce qui est difficile à prévoir sur le long terme. De même, la multiplication des forages sur une même zone peut avoir un impact négatif sur la ressource disponible à venir, en déstabilisant les nappes.

La récupération de l’eau de pluie est encouragée

Le réaménagement des points d’eau dans les prés est possible en captant l’eau des sources ou des mouillères à condition de respecter la réglementation en vigueur. Pour les captages, le prélèvement doit être inférieur à 1000 m3 par an pour l’ensemble de l’exploitation. Au-delà, des mesures compen­satoires sont nécessaires. Le drainage des zones humides est autorisé sur moins de 1 000 m2. Du fait de l’augmentation de la taille des troupeaux, l’intérêt de ces travaux trouve toutefois rapidement des limites. « Il est conseillé de les déclarer au préalable à la DDT(1) et de faire un passage terrain avec l’OFB(2)», indique Sophie Lapointe-Simonet, conseillère à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire qui observe par ailleurs qu’avec les sécheresses successives, les sources changent de place.

La récupération d’une partie des eaux pluviales est aussi une piste encouragée financièrement par les collectivités locales (Département, Région) et l’État (PCAE, Plan de relance). Dans le Doubs, terre d’élevage laitier aux sols karstiques donc très filtrants, et aux sources limitées, les citernes constituent, avec les forages, la seule solution pour capter de l’eau. Présentes traditionnellement dans les fermes, ces dernières avaient été délaissées sous l’effet des réglementations sanitaires imposées par l’administration et des exigences des filières fromagères au lait cru (comté, morbier, mont-d’or AOP).

Réhabilitées ou neuves, équipées systématiquement de dispositif de traitement d’eau, elles refont leur apparition, permettant de récupérer la majorité des eaux de toitures. « On constate un énorme engouement pour ces équipements », confirme Isabelle Forgue, de la chambre d’agriculture du Doubs-Territoire de Belfort. 200 demandes de subvention ont été ainsi déposées en 2020 auprès de la Région Bourgogne - Franche-Comté. Et l’intérêt ne se dément pas cette année, alors que le printemps 2021 est très sec.

De préférence des citernes enterrées

La plupart des citernes sont enterrées. Elles sont plus coûteuses mais moins sujettes aux variations de températures que les réservoirs aériens. Leur aménagement exige des travaux de terrassement dans des sols caillouteux. En revanche, il procure un gain de place (roulage possible sur la dalle métallique ou béton). Variable selon la pluviométrie locale, le dimensionnement des équipements doit être en cohérence avec la taille du cheptel, et surtout la superficie de toit disponible. « Dans notre département, la moyenne des préconisations en capacité de stockage est de l’ordre de 150 à 200 m3 d’eau pour un cheptel de 50-60 vaches avec les génisses. La consommation d’un tel troupeau s’élève entre 5 et 7 m3 d’eau par jour », pointe Isabelle Forgue. Mais tout dépend de la superficie de la toiture raccordée. Pour financer un tel équipement (200 € du m3 hors terrassement et dalle pour une citerne béton), des subventions régionales ont été accordées en 2020. En 2021, l’État prend le relais via le Plan de relance à raison de 30 % d’aide avec un plafonnement à 40 000 € si la cuve est enterrée, et de 30 000 € si elle est aérienne. Pour les filtres, pompe immergée et lampe, il faut compter en moyenne un investissement de 5 000 € (également subventionnable).

En Bourgogne - Franche-Comté, le projet multipartenarial Assec (Solutions et ressources en élevage face au changement climatique) doit aider à déterminer plus précisément les besoins en eau des élevages (selon chaque typologie, en fonction des spécificités météorologiques de leur bassin-versant (pics de chaleur estivaux). Le type d’alimentation et les températures extérieures constituent les facteurs principaux qui influent sur les volumes consommés. Les travaux en cours, pilotés par la chambre régionale d’agriculture, intègrent une approche sanitaire (raisonnement préventif et solutions de traitement de l’eau), ainsi qu’une analyse des solutions techniques au champ et au bâtiment adaptées aux exigences réglementaires. Tous ces éléments aideront les agriculteurs à choisir le type de ressource et de collecte en eau le mieux adapté à leur contexte ainsi que le dimensionnement du stockage éventuel et le type d’abreuvoirs. Ils devraient être disponibles d’ici fin 2022.

Anne Brehier

(1) : Direction départementale des territoires.(2) OFB : Office français de la biodiversité.

L’eau passe d’abord dans un panier dégrilleur, posé au pied de la gouttière, avant d’être dirigée vers la citerne . © Isabelle Forgue
Après avoir été filtrée et traitée, l’eau est envoyée par une pompe dans les abreuvoirs du bâtiment ou des pâtures proches, via des tuyaux enterrés ou à l’aide d’une tonne à eau. © Isabelle Forgue
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