Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« En sans OGM, une traçabilité dans les moindres détails »

 - -->
Échantillons. À chaque livraison d’aliments, Florent Enjalbert prélève un échantillon qu’il conserve dans un sachet annoté de la date de livraison, de la catégorie animale concernée et du nom de l’aliment. Dans le référentiel de l’Union des producteurs normands sous AOP, la règle est de conserver les échantillons des deux dernières livraisons. © c.hue

Rigueur. Contrôlé en février 2020 sur le respect du cahier des charges sans OGM de l’Union des producteurs normands sous AOP, le Gaec Enjalbert  a compris la nécessité d’être minutieux dans la traçabilité de ses achats et des cultures autoconsommées.

Les producteurs des appellations d’origine fromagères normandes camembert, livarot et pont-l’évêque sont engagés dans une alimentation sans OGM des animaux. Le référentiel est porté par l’Union des producteurs de lait AOP (UPL) et conforme à la réglementation française. Les trois quarts des 470 producteurs sont aujourd’hui convertis. Le Gaec Enjalbert en fait partie. Il est certifié depuis fé...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
9%

Vous avez parcouru 9% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Les producteurs des appellations d’origine fromagères normandes camembert, livarot et pont-l’évêque sont engagés dans une alimentation sans OGM des animaux. Le référentiel est porté par l’Union des producteurs de lait AOP (UPL) et conforme à la réglementation française. Les trois quarts des 470 producteurs sont aujourd’hui convertis. Le Gaec Enjalbert en fait partie. Il est certifié depuis février 2020 après avoir lancé sa conversion le 1er septembre 2019. « Six mois après, dans le cadre du plan de contrôle sans OGM, Certipaq a contrôlé notre exploitation et les documents qui vont avec », raconte Florent Enjalbert, associé avec son père André. L’organisme est également habilité pour le contrôle du cahier des charges AOP, ce qu’il a fait le même jour. Le jeune éleveur en retient la nécessité d’une grande méticulosité dans la traçabilité des semences et aliments achetés, y compris pour les fourrages.

« La mention sans OGM, même pour la betterave surpressée »

Il raconte sa surprise à propos de la pulpe de betterave surpressée utilisée d’octobre à décembre 2019.

« Comme le maïs, la culture de la betterave OGM est interdite en France et en Europe. Sur le bon de livraison, la mention sans OGM n’était pas inscrite. En toute bonne foi, je n’ai donc pas pensé à la demander le jour de la livraison. » Le jeune éleveur a vite rectifié le tir en réclamant au fournisseur la mise en conformité de la facture, sur la pulpe elle-même mais aussi sur son transport. Pour éviter les contaminations croisées, les transporteurs doivent en effet également respecter des conditions telles que le nettoyage des camions (d’après le cahier des charges Qualimat transport, par exemple). « Quinze jours après, j’étais en mesure d’envoyer les éléments manquants à Certipaq. » Il applique la même démarche d’origine pour l’hectare de maïs que le Gaec achète tous les ans à son voisin, une exploitation également certifiée sans OGM. « Même si sont surtout considérées à risque les matières premières soja et colza, le sont aussi la betterave et le maïs, en particulier le maïs grain, car elles, ou leurs semences, peuvent venir de l’extérieur de l’Europe », explique Bertille Lebret, animatrice à l’UPL.

« Garder les bons de livraisons, y compris des minéraux »

Le respect du cahier des charges pour les concentrés achetés est, quant à lui, plus aisé. « Les 80 tonnes de mélange de tourteaux de soja et colza et d’aliments pour veaux et vaches à l’engraissement proviennent d’un fournisseur agréé. Il est dans la liste des cinquante fabricants ou distributeurs référencés par l’Union. En plus des règles relatives au transport de l’aliment, il applique correctement celles sur l’étiquetage. » À savoir : l’inscription « sans OGM » sur le bon de livraison (photo). À la livraison ou juste après, il revient à Florent de prélever un échantillon de l’aliment, et non au fabricant ou au distributeur, pour s’assurer de son origine et garantir jusqu’au bout la traçabilité de la démarche. Le sachet est annoté de la date d’arrivée, de la catégorie animale et, bien sûr, du nom de l’aliment. « Comme l’exige le référentiel de l’UPL, je conserve les échantillons des deux dernières livraisons tout comme je garde durant cinq ans les bons de livraisons  », précise l’éleveur. Cet archivage s’applique à tous les référentiels, mais les durées ne sont pas forcément celles-ci. Si vous utilisez un autre référentiel, n’hésitez pas à vérifier. Par exemple, celui du Cniel demande la conservation des échantillons des trois dernières livraisons. « Les règles d’étiquetage s’étendent aux additifs et minéraux, ajoute Bertille Lebret. Il faut la mention sans OGM sur leur bon de livraison et les conserver. »

Traçabilité : aussi pour les aliments fabriqués à la ferme

On pourrait penser que fabriquer des aliments à la ferme exonère les producteurs de cette liste de suivis. Eh bien non ! Le Gaec, qui a le souci de développer l’autonomie alimentaire de son élevage, fait des échantillons du mélange blé autoconsommé + correcteur azoté acheté, destiné aux laitières. « Comme nous aplatissons nous-mêmes le blé, nous n’avons pas besoin de fournir un certificat de conformité. Si un intervenant extérieur le faisait, il faudrait qu’il atteste qu’il a bien nettoyé son équipement. » Tous les ans, les 6 ha de blé autoconsommé sont implantés en semence fermière à partir de 100 kg semés et récoltés l’année précédente. « De ce fait, nous n’avons pas besoin de justifier l’origine du blé autoconsommé. En revanche, le bon de livraison des 100 kg est rangé avec ceux des semences prairiales et de maïs. » Les associés n’auraient pas besoin de cette procédure s’ils autoconsommaient de l’orge ou des graines de lin, de tournesol, de pois ou de féverole. Ces matières premières sont considérées sans problème car il n’existe pas de variétés OGM pour ces cultures. « Nous cultivons 6 ha de luzerne et proposons 23 ha de pâturage aux vaches, souligne Florent. C’est la meilleure garantie au sans-OGM. » Quant aux règles sur l’achat des animaux (six mois de conversion pour les animaux âgés de 6 mois et plus ou provenance d’un élevage déjà certifié), le Gaec n’est pas concerné. « Nous sommes vendeurs. Nous mentionnons donc sur la facture que l’animal est issu d’un élevage respectant la réglementation sans OGM. » Il n’est pas non plus concerné par le cahier des charges des Cuma de désilage puisqu’il assure seul la distribution des rations (voir L’Éleveur laitier de janvier 2021, p. 68).

claire hue
Vérifier. Sur chaque bon de livraison des aliments achetés, que ce soient des concentrés ou des fourrages, doit figurer la mention « sans OGM ». © c.hue
Matières premières et autonomie. Depuis la crise de la vache folle, les éleveurs s’efforcent d’acheter des matières premières plutôt que des aliments composés pour faciliter la traçabilité. Ils poussent aujourd’hui plus loin la démarche en développant l’autonomie alimentaire par le pâturage, le blé autoconsommé et la luzerne. © c.hue
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités