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Aliments non OGM : il n’y a pas que le tourteau de colza

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Mélanges. Les drèches de brasserie sont un coproduit de choix pour économiser ou s’affranchir du soja. Dans l’est de la France, où elles sont abondantes, elles s’utilisent dans les filières lait non OGM, en association simple avec du tourteau de colza ou dans des mélanges plus complexes faits à la ferme avec d’autres matières riches en MAT (soluble de maïs, citrofeed…). © C.Thiriet

Coproduits. Dans l’est de la France, notamment en Alsace, les coproduits riches en matières­ azotées, autres que le tourteau de colza, s’inscrivant dans une filière non OGM, ne manquent pas. Les experts en alimentation de 3CE les ont répertoriés.

En période de transition vers une filière garantie sans aliments OGM, le choix du tourteau de colza en lieu et place du soja apparaît, pour des producteurs laitiers, comme une solution évidente. Il est vrai qu’elle est aisée à mettre en œuvre et très bien balisée. Nombre d’essais montrent que remplacer 1 kg de soja par 1,5 kg de colza (avec deux semaines de transition alimentaire préalable) ne nuit pas à l&rsquo...
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En période de transition vers une filière garantie sans aliments OGM, le choix du tourteau de colza en lieu et place du soja apparaît, pour des producteurs laitiers, comme une solution évidente. Il est vrai qu’elle est aisée à mettre en œuvre et très bien balisée. Nombre d’essais montrent que remplacer 1 kg de soja par 1,5 kg de colza (avec deux semaines de transition alimentaire préalable) ne nuit pas à l’ingestion et augmente la production de 0,6 kg de lait par vache laitière et le TP de 0,3 g/kg, mais avec un effet dépressif sur le TB (- 1,2 g/kg). Pour autant, il existe d’autres options parfois plus intéressantes sur le plan économique. Il peut être bon aussi, à l’heure où tout le monde ne pense que colza, d’envisager dès maintenant d’autres solutions au cas où il deviendrait rare et bien plus cher.

Au cœur de cette problématique de filière sans OGM vers laquelle s’orientent nombre de laiteries de l’Est (Sodiaal, Hutin, Alsace Lait…) commerçant avec l’Allemagne, les experts du groupe alimentation 3CE(1) ont répertorié sept autres aliments non OGM. Autant de coproduits intéressants pour leur teneur en matières azotées. Nous vous en détaillons cinq. Il manque le wheat gluten feed (connu sous les noms de Milurex et Amyfeed), ne titrant que 14 % de MAT , issu de l’industrie du bioéthanol, et la drèche de soja (okara) issue de la fabrication de lait de soja, un produit qui, en Alsace, arrive au compte-gouttes d’Allemagne.

Drèches de brasserie

Coproduit de brasserie sous forme humide (22 % de MS). Trop chères sous forme déshydratée.

Caractéristiques  : riches en protéines (27 % de MAT), mais peu solubles et peu dégradables dans le rumen (150 de PDIA pour 182 de PDIE) ; riches en fibres (ADF : 20 % de la MS), un atout pour l’utiliser dans des rations riches en concentrés. Très peu d’effets de substitution au fourrage.

Conseils d’utilisation : conserver une part d’azote soluble dans la ration. Apporter l’équivalent d’au moins 1 kg de matière sèche pour observer un effet. Quantité maximale à ajuster selon le NDF de la ration pour ne pas descendre sous 35 % de matière sèche.

Bémol

La composition et les valeurs alimentaires peuvent être variables selon la provenance du produit. Mieux vaut les faire analyser.

Effets zootechniques attendus  : augmentation de l’appétit des animaux et augmentation de la production laitière.

Stockage et conservation  : en silo sur une aire bétonnée propre. Taille du silo à adapter à l’avancement prévisionnel pour limiter la reprise en fermentation. Avancement minimum de 30 cm l’été et 15 cm l’hiver. Attendre une dizaine de jours que le produit ressuie et se stabilise avant son utilisation, au risque d’avoir des problèmes de qualité du lait.

Corn gluten feed

Coproduit de l’amidonnerie de maïs, constitué de son et de gluten auxquels peuvent s’ajouter les eaux de trempe et les germes, éventuellement déshuilés. Sous forme humide (88 % de matière sèche) ou plus souvent déshydratée (45 % de MS).

Caractéristiques  : plus riche en protéines (21,7 % de matières azotées totales) qu’une céréale et de bonne dégradabilité ruminale (seulement 57 de PDIA pour 116 de PDIE). Moins riche en amidon qu’une céréale (seulement 19 % de la MS), ce qui permet de l’utiliser plus largement. Concentré plus fibres qu’amidon. Riche en énergie (entre 0,96 et 1,06 unités fourragères laitières) et appétent.

Conseils d’utilisation : sous forme déshydratée, il peut se substituer à une VL 2,5 l distribuée à hauteur de 1 à 6 kg… pour un coût très intéressant (190 €/t). Distribution sous forme humide à raison de 2 à 5 kg de matière sèche. Convient aussi bien aux laitières qu’aux jeunes animaux. Vigilance sur les rations 100 % maïs du fait de sa teneur en amidon, ne pas dépasser le seuil de 28 %.

Bémol

Comme pour tous concentrés, attention à ne pas dépasser certaines quantités distribuées au risque de nuire à la fibrosité.

Effets zootechniques attendus  : augmentation (ou au moins stabilisation) de la production laitière. Augmentation des quantités de protéines et de lactose produites, mais baisse du TB.

Stockage et conservation  : sous forme déshydratée, stockage en cellules ou à plat sur une aire bétonnée propre et à l’abri de l’humidité. Sous forme humide en silo, avancement minimum de 20 cm en été et 10 cm l’hiver. Silo à tasser au godet et à couvrir hermétiquement avec une bâche en plastique neuve et lestée. Conservation possible plusieurs mois.

Corn gluten meal

Coproduit de l’amidonnerie de maïs. Aussi appelé gluten 60, obtenu par extraction de la fraction protéique. Sous forme de farine (89 % de MS).

Caractéristiques  : riche en énergie (1,32 UFL) mais surtout en protéines (60 % de MAT) et largement pourvu en azote by-pass (429 de PDIA). Riche en acides aminés (méthionine, cystine). Faible pouvoir correctif PDIN-PDIE (43 g d’écart).

Conseils d’utilisation : particulièrement indiqué pour densifier des rations déjà équilibrées de VHP et améliorer le TP. Recommandé en complémentation individuelle sur des débuts de lactation pour couvrir une forte demande en PDIA, mais en faisant attention à tenir un rapport PDIA/PDIE maximum de 50 %.

Bémol

Son coût, entre 720 et 850 €/t, car il faut 1 500 t de maïs pour fournir 50 tonnes de corn gluten meal. Il en existe du déclassé moins cher titrant entre 55 et 60 % de MAT.

Stockage et conservation  : comme pour toute farine, éviter les lieux humides.

Citrofeed

Coproduit de l’amidonnerie de maïs. Issu de la fermentation du maïs grain pour la production d’acide citrique, avec adjonction de tourteau de colza. Sous forme d’une poudre très fine (90 % de MS) de couleur noire (comme du café moulu).

Caractéristiques  : à 35 % de MAT, proche de la valeur d’un tourteau de colza, mais avec une valeur UFL supérieure (1,2 contre 0,96) du fait de sa teneur en matière grasse (10 % de la matière sèche) et avec plus de protéines by-pass (144 de PDIA). Protéines peu solubles et peu dégradées dans le rumen (PDIA/PDIE de 0,75). Riche en cellulose (16,5 %). Bien placé en matière de coût : 190 €/t.

Conseils d’utilisation : le citrofeed pourrait remplacer totalement le tourteau de colza, mais dans la pratique, c’est délicat du fait de sa richesse en matière grasse. Attention à ne pas dépasser le seuil de 5 % de matière grasse dans la ration sous peine de pénaliser le TB. L’associer à un aliment bien doté en azote soluble.

Bémol

Les constats de terrain montrent des valeurs énergétiques assez variables, de 0,95 à 1,2 UFL. Coproduit surtout disponible en Alsace.

Stockage et conservation  : produit très fin et donc volatil s’il est stocké au sol. Préférer une cellule et éviter les lieux humides

Soluble de maïs

Coproduit de l’amidonnerie de maïs, obtenu lors du premier traitement de ce dernier. Il se compose de la fraction protéique soluble et concentrée du maïs grain. Sous forme d’un aliment liquide visqueux (44 % de matière sèche). Connu dans le commerce sous le nom d’Amysteep.

Caractéristiques  : très riche en matières azotées totales (44 %) mais composé à 100 % d’azote soluble (225 de PDIN, 40 de PDIE et 0 de PDIA). Économiquement très intéressant (60 €/t de produit brut).

Conseils d’utilisation : à utiliser sur des rations déficitaires en azote soluble à hauteur de 3 kg par vache laitière et par jour au maximum.

Bémol

Produit très visqueux à une température inférieure à 40°C, pâteux quand il fait froid. Dans la pratique, quand il est livré et encore chaud (40 à 50°C), mieux vaut le mélanger et l’associer avec un aliment sec (drèches, tourteaux…) lors de la réalisation d’un mélange protéique fermier. Coproduit surtout disponible en Alsace.

Jean-Michel Vocoret, avec la collaboration de Christophe Bertrand, du groupe expert alimentation 3CE

(1) Partenariat des chambres d’agriculture d’Alsace, Moselle et Haute-Marne.

Prix relevés en Alsace en novembre

Tourteaux de colza : 216 €/t (camion de 25 t).

Drèches de brasserie : 42 €/t à 23 % de MS (186 €/t de MS).

Corn gluten feed déshydraté : 188 €/t.

Corn Gluten meal : 760 €/t.

Citrofeed : 190 €/t.

Soluble de maïs : 60 €/t à 44 % de MS (136 €/t de MS).

Drèches de soja : 27 €/t à 17 % de MS (159 €/t de MS).

Wheat gluten feed : 155 €/t.

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