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Une mammite aiguë favorisée par l’environnement

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Le sphincter du trayon. La kératine ne joue ici plus aucun rôle barrière contre les germes. © S.Rodier

Hygiène. L’immunité contre les mammites commence par des trayons en bon état, illustration avec ce cas grave heureusement rapidement pris en charge.

Parlons aujourd’hui d’un grand classique : la mammite aiguë. Illustrons-le avec le cas de cette vache à cellules­ dont le lait sert à nourrir­ des veaux. Contrairement à d’habitude, il a fallu la pousser hier au robot. La conductivité était un peu élevée le soir mais cela n’a pas inquiété l’éleveur au point de commencer un traitement. D’autant moins qu’elle a vêlé...
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Parlons aujourd’hui d’un grand classique : la mammite aiguë. Illustrons-le avec le cas de cette vache à cellules­ dont le lait sert à nourrir­ des veaux. Contrairement à d’habitude, il a fallu la pousser hier au robot. La conductivité était un peu élevée le soir mais cela n’a pas inquiété l’éleveur au point de commencer un traitement. D’autant moins qu’elle a vêlé depuis six mois. Or, ce matin elle est couchée dans le couloir entre les rangées de logettes et ne se lève plus. Heureusement, il n’y a pas de racleur.

Apporter beaucoup de fluides pour éliminer les toxines

La vache est d’abord transférée à l’aide de sangles dans une case individuelle bien paillée où je l’ausculte. Elle présente tous les signes de la mammite grave, souvent appelée simplement mammite à « coli » : elle est couchée, ne rumine pas, avec l’œil un peu enfoncé et rouge. Points néanmoins positifs, il n’y a pas de signes de diarrhée, ni d’abandon sur le côté (posture en décubitus latéral, lorsque la vache est couchée sur le flanc, les pattes et la tête étendues). Elle est couchée normalement sur le ventre, sans lésion traumatique à l’examen qui assombrirait le pronostic, et sa vigilance est correcte. Pas de fièvre non plus. Mais l’aspect du lait est modifié : il est encore blanc mais assez aqueux, sur un quartier qui n’est pas enflammé.

La bactériologie réalisée à la clinique­ nous apprendra le lendemain que c’est bien un E. coli le responsable. Le traitement repose sur des antibiotiques et des anti-inflammatoires et surtout­ sur l’administration de beaucoup de fluides dont le but est de permettre l’élimination des toxines bactériennes par l’urine, car ce sont ces toxines qui sont responsables de la violence des symptômes. Il s’agit d’une perfusion qui, selon l’état de l’animal, aurait pu être complétée par un drenchage à partir de solutions enrichies en minéraux, oligo-éléments, extraits de plantes… autant d’éléments ayant une action sur le drainage rénal et la rumination­. Ici, la perfusion a été renouvelée le lendemain car la vache n’était toujours pas debout, mais la rumination était de retour et elle s’est finalement relevée le surlendemain.

Une instabilité alimentaire facteur de stress

Pourquoi une vache fait-elle une mammite aiguë ? Cela tient à plusieurs facteurs : l’environnement, l’animal et le germe. Comme dans notre cas, le germe peut être un Escherichia coli, mais aussi un streptocoque. Seule la bactériologie permet de faire la différence et d’adapter le traitement. Il est important d’agir vite car le pronostic peut être mauvais, avec la mort rapide de l’animal. L’origine de la mammite aiguë est souvent environnementale, mais pas exclusivement. Néanmoins­, une bonne hygiène de l’environnement, surtout en aire paillée, est primordiale : vos vaches vous le disent, regardez si elles sont propres ! Une machine à traire ou un robot mal réglé vont aggraver le risque en entraînant des lésions au niveau des trayons. Le produit de trempage est également primordial. Le plus souvent, les mammites aiguës sont réputées atteindre des fraîches vêlées, bonnes productrices, et avec peu de cellules. Il faut garder à l’esprit que l’immunité de l’animal joue beaucoup sur leur protection face à ces mammites. En l’occurrence, un profil oligo-éléments vient d’être fait dans cet élevage : il ne révèle pas de carence. Par contre, de gros travaux sont en cours au niveau de la table d’alimentation et la stabilité de la ration est certainement un peu pénalisée, notamment en matière d’accès et de régularité. C’est une source de stress pour les vaches et je suis d’ailleurs davantage intervenue dans l’élevage dernièrement. Et surtout, pour cette vache, l’immunité locale de la mamelle est défaillante. Le sphincter du trayon atteint est totalement éversé, la kératine est exposée et ne joue plus aucun rôle de barrière : la porte est ouverte pour les germes.

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