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Que faire des laits impropres ?

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Enquête. Une majorité d’éleveurs utiliserait le lait des vaches traitées aux antibiotiques pour les jeunes veaux. © Christian Watier

Antibiorésistance. En aucun cas on ne doit distribuer aux veaux du lait de vaches traitées aux antibiotiques. Quant aux laits de mammites, ils peuvent altérer la santé du veau.

D’un point de vue réglementaire, les laits impropres à la consommation humaine le sont également pour l’alimentation des veaux. Il s’agit des laits contenant des résidus médicamenteux, dont les antibiotiques, les laits produits pendant la phase colostrale, les laits colorés, malodorants ou malpropres, et ceux dont la concentration en cellules somatiques n’est pas correcte.
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D’un point de vue réglementaire, les laits impropres à la consommation humaine le sont également pour l’alimentation des veaux. Il s’agit des laits contenant des résidus médicamenteux, dont les antibiotiques, les laits produits pendant la phase colostrale, les laits colorés, malodorants ou malpropres, et ceux dont la concentration en cellules somatiques n’est pas correcte.

Or l’utilisation de ces laits est relativement courante, en particulier ceux à cellules, qui servent régulièrement de valeur d’ajustement de la qualité sanitaire du lait en lien avec le paiement de ce dernier.

Le lait d’antibiotique

Dans une enquête réalisée par le GTV 79 en 2016, 61 % des élevages n’utilisent jamais le lait pendant le traitement antibiotique d’une mammite et seulement 21 % jamais pendant le temps d’attente. Lors de certaines maladies, comme les affections utérines, podales ou autres, 35 % des élevages ne distribuent pas le lait aux veaux pendant le traitement et 22 % pendant le temps d’attente. Les éleveurs y voient un intérêt économique, et pratique. Très curieusement, certaines études montrent aussi un intérêt zootechnique, sanitaire et économique à utiliser des laits impropres : un GMQ supérieur, et un risque de diarrhée inférieur par rapport à l’utilisation de la poudre de lait.

L’apparition de résistances

Le risque majeur est l’augmentation de l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques. Les résidus d’antibiotique exercent une pression de sélection sur le microbiote du veau. Celui-ci est constitué de milliards de bactéries dites « commensales », qui participent de façon bénéfique à la digestion du lait et à la défense immunitaire de l’animal. En ingérant du lait contenant des antibiotiques, généralement en plus faible concentration que l’animal cible, la flore commensale du veau peut être partiellement détruite. Face à l’antibiotique, la flore utile met en œuvre des mécanismes de résistance parmi les milliards de bactéries présentes dans l’intestin. L’étude Resavel confirme l’impact de la distribution aux veaux de lait issu de vaches traitées avec des antibiotiques sur la résistance des Escherichia coli commensaux de leur flore digestive. Il faut rappeler que les éleveurs sont les premières victimes de l’antibiorésistance, étant en contact très étroit avec les animaux traités.

Les laits de mammites

La distribution du lait à mammites aux jeunes veaux est une pratique très courante. Mais ces laits contiennent des bactéries pathogènes qui peuvent altérer la santé immédiate du veau qui les ingère. Ces bactéries pourraient perturber la flore digestive du veau. Certaines d’entre elles permettraient aussi de pérenniser des infections mammaires que l’on pourrait retrouver sur les primipares. Moins riche en caséine, le lait à cellules est moins fermentescible et sa digestion moins performante. Le risque sanitaire serait donc plus grand.

Les bonnes pratiques

Ne pas utiliser le lait de vaches traitées avec des antibiotiques quelles que soient leur voie d’administration et la raison de ce traitement est impératif, qu’il s’agisse du lait pendant le traitement et sous temps d’attente. Cela est justifié dans le cadre de la lutte contre l’antibiorésistance. Il est à noter que l’augmentation de la pression de sélection ne s’observe pas avec les traitements antibiotiques administrés au tarissement.

Concernant le lait à cellules, la conduite à tenir sera plus nuancée. Il faut néanmoins rappeler que la gestion sanitaire de la qualité du lait par écartement de vaches à cellules a des limites techniques, sanitaires et économiques.

Que faire des laits impropres ? L’épandage semble être la solution la moins coûteuse. Celui-ci obéit néanmoins à des contraintes réglementaires, comme l’obligation d’être mélangé à du lisier.

Pour en savoir plus :

« Utilisation des laits impropres à la consommation humaine en élevage laitier », Nicolas Masset et Laurence Guilbert-Julien (JNGTV 2017).

Stockage et épandage des laits non collectés et refusés (Idele).

Étude Resavel : résistance aux antibiotiques chez les veaux d’élevages laitiers (Anses).

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