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Listériose : la conservation du foin était en cause

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Fourrages. Vigilance, si vous manquez de fourrages (ce qui ne devrait pas être le cas cette année) et devez distribuer du vieux foin à vos élèves. Mal conservé, il peut être source de listériose. © C. Faimali

Qualité. L’état de conservation des fourrages et la qualité de l’eau sont primordiaux pour éviter une contamination cause de listériose.

Listeria monocytogenes est une bactérie opportuniste présente dans tous les élevages. Heureusement, elle conduit rarement à la maladie des bovins quand elle est ingérée en petit nombre par des animaux en bonne santé.
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Listeria monocytogenes est une bactérie opportuniste présente dans tous les élevages. Heureusement, elle conduit rarement à la maladie des bovins quand elle est ingérée en petit nombre par des animaux en bonne santé.

Pourtant, au cours des douze derniers mois, nous avons croisé plusieurs cas en ferme, et quelquefois sur plusieurs animaux d’une même exploitation. La forme abortive est rare, et les six animaux diagnostiqués ces dernières semaines présentaient tous des signes de méningo-encéphalite. Et l’apparition de signes neurologiques sur les animaux aboutit très souvent à la mort.

Trois cas dans le même élevage

Le premier cas rencontré chez l’un de nos éleveurs laitiers a touché un lot de jeunes de 1 an, de race brune. La première génisse, examinée durant l’hiver 2020-2021, présentait déjà des signes neurologiques avancés et en évolution rapide lorsque les premiers soins ont été apportés. Elle ne se levait plus et adoptait une position en opisthotonos, c’est-à-dire la tête en arrière avec pédalage. Elle est morte dans l’heure qui a suivi.

La deuxième génisse, issue du même lot, a été présentée pour une ataxie (trouble de la démarche) avec une faiblesse musculaire, le lendemain de la mise à l’herbe. Son état a continué de se dégrader après un traitement à base de magnésium et de sélénium. Une légère latéralisation des signes neurologiques a conduit à mettre en place un traitement dirigé contre une méningo-encéphalite (Dexadreson et Amoxiciline pour une meilleure diffusion dans les tissus nerveux). Les signes cliniques ont alors très légèrement régressé et la génisse a réussi à suivre à nouveau le troupeau. Mais les lésions neurologiques, trop importantes, et le traitement plus tardif n’ont pas réussi à la sauver.

Le troisième cas est apparu la semaine suivante, avec les mêmes signes cliniques sur un jeune mâle, séparé du lot depuis environ quinze jours. La mise en place très rapide du traitement a conduit à une amélioration clinique complète sans séquelle.

Quel est le point commun entre ces trois cas ? Tous ces animaux étaient issus du même lot, avec la même conduite alimentaire, au pire quinze jours avant l’apparition des signes cliniques. Or, on sait que l’évolution et la multiplication des Listeria entre leur ingestion et l’apparition de signes neurologiques prend environ trois semaines, et peut aller jusqu’à cinq semaines.

Du foin de « fond d’écurie » probablement responsable

L’eau du réseau et les abreuvoirs propres et régulièrement nettoyés ne constituaient pas une source de contamination probable. La ration simple à base de foin, céréales et tourteau non plus. Aucun enrubannage ni ensilage – les aliments le plus souvent incriminés dans les cas de listériose clinique – n’étaient distribués ici. En revanche, l’état de conservation du foin utilisé a vite été suspecté. Et pour cause : vu les faibles récoltes fourragères de l’année 2020 pénalisées par la sécheresse, c’est du foin de « fond d’écurie » qui avait été destiné à ces animaux… Heureusement, les seuls de l’élevage. De plus, une partie de ce foin datait de plusieurs années, avec une base de meule qui avait pris l’humidité et était mal conservée, ce qui n’arrange rien.

Il est fort probable que ce soit ce fourrage de mauvaise qualité qui ait eu la double responsabilité d’amener une forte quantité de Listeria dans la ration et de baisser l’immunité des animaux atteints, à la suite de perturbations de la flore ruminale et de la présence de mycotoxines. Toute perturbation de la flore peut en effet favoriser le développement de Listeria et l’apparition de cas cliniques. Il a d’ailleurs été montré en cheptel de petits ruminants – très sensibles à la listériose –, où elle peut conduire à de fort taux de mortalité, que l’ajout de probiotique dans la ration stoppe l’apparition de nouveaux cas.

Moralité, sans surprise : la bonne conservation des fourrages fait partie des fondamentaux dans l’alimentation des animaux !

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