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L’acidose nuisait aux capacités de défense des vaches

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Cellules. Depuis que l’ensilage est distribué, une fois les 2 kg de foin appétent ingérés, les signes d’acidose ont disparu… et le niveau de cellules est redevenu normal. © Jean-Michel Nossant

Distribuer l‘ensilage durant la traite du matin n’était pas sans conséquences sur l’état immunitaire du troupeau.

Dans un troupeau où apparaît une flambée de mammites ou une augmen­tation des comptages cellu­laires, il convient d’identifier les causes de transmission des bactéries entre les vaches (réglage de la machine à traire, entretien de la litière…). Mais il faut aussi rechercher les éléments diminuant l’immunité des animaux. Témoin, ce cas d’école dans un élevage de 60 vaches...
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Dans un troupeau où apparaît une flambée de mammites ou une augmen­tation des comptages cellu­laires, il convient d’identifier les causes de transmission des bactéries entre les vaches (réglage de la machine à traire, entretien de la litière…). Mais il faut aussi rechercher les éléments diminuant l’immunité des animaux. Témoin, ce cas d’école dans un élevage de 60 vaches prim’holsteins.

Flambée des cellules et vaches à mammites qui guérissent mal

Après la mise à l’herbe en mars 2017, les niveaux cellulaires se mettent soudainement à augmenter, faisant passer ce troupeau jusqu’alors « sans histoire » dans le rouge. Au fil des semaines, la situation s’aggrave. La faute à ces vaches à mammites cliniques qui guérissent mal (taux de rechute supérieur à 40 %) et constituent un réservoir de germes, entraînant une augmentation de la contamination des autres animaux. Résultat, la réforme ciblée de certaines vaches « plombées » ou incurables ne permet pas de nette amélioration, d’autres animaux touchés à leur tour les remplaçant. On comprend là tout l’intérêt qu’il y a à rétablir l’équilibre du troupeau avant de réformer les vaches incurables. À défaut, la baisse des taux cellulaires risque de n’être que momentanée.

Un réglage de la machine à traire jugé correct

Une visite de traite est décidée. Elle ne met en évidence que peu de mauvaises pratiques.

Une seule lavette qui sert à prélaver les quelques vaches les plus sales.

Pas mal d’entrées d’air au moment du branchement des manchons trayeurs, sources potentielles de transmission de germes s’il y a beaucoup de vaches ­infectées.

Très peu de lésions de trayons, signe d’un réglage de la machine à traite ­considéré comme correct. Quant à l’immunité, le troupeau est indemne de BVD (test PCR sur le lait du tank négatif) et la gestion des parasites bien conduite. En revanche, on sait que la cétose et l’acidose peuvent diminuer les capacités de défense des vaches. Dans ce cas, les bactéries entrant en contact avec le tissu mammaire ne sont pas toutes tuées et le niveau cellulaire augmente. Dans notre troupeau, de nombreux indicateurs d’acidose sont allumés. Tout d’abord, l’écart entre le TB et le TP sur les résultats du contrôle laitier a dangereusement diminué : plus de 50 % des vaches ont un écart de taux inférieur à 3 points depuis la mise à l’herbe. Le jour de la visite de traite, peu de vaches ruminent en salle de traite. Les bouses sont hétérogènes, mais un nombre important de vaches a des bouses liquides. Dans la stabulation, les vaches ruminent insuffisamment.

L’acidose liée au rythme de distribution de la ration

J’observe aussi que la distribution de l’ensilage de maïs (25 kg bruts) et des 3 kg de tourteau de colza a lieu le matin pendant la traite alors que les vaches ont le rumen vide (score de remplissage ruminal : 2 à 2,5). Il n’y a pas de doute, une grosse partie du troupeau souffre d’acidose ruminale à cause des rythmes de distribution, et non de l’équilibre de la ration sur la journée.

Les conseils

Mettre 2 kg d’un foin appétent mais fibreux ou d’une luzerne à brins longs pendant la traite du matin. Ne distribuer l’ensilage que plus tard ou au minimum une fois le foin ingéré.

Désinfecter les manchons trayeurs après les vaches infectées avec du peroxyde d’hydrogène en spray à 2 %.

Allonger les temps de traitement pour limiter la contamination et améliorer le taux de guérison.

Le résultat

Il ne s’est pas fait attendre. Le TB est remonté rapidement et les vaches se sont remises à ruminer correctement. Quelques semaines plus tard, le niveau cellulaire du troupeau est redevenu normal sans remonter les mois suivants.

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