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Vigilance sur la qualité des pailles 2021

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Avec une paille récoltée en conditions humides, le thermomètre de litière sera un outil de prévention indispensable cet hiver pour déterminer la fréquence de curage et réduire les risques de contamination de la mamelle. © Claudius Thiriet

Ambiance. La météo estivale n’a pas toujours permis de rentrer de la paille de qualité. Le risque associé concerne la santé respiratoire des jeunes, confrontés à la pulvérisation de spores et de champignons dans l’air ambiant.

Àl’exception de récoltes précoces, un peu partout en France, de la paille de qualité médiocre a parfois été pressée en raison d’un été humide. Difficile, en effet, d’avoir trois jours de beau temps consécutifs pour faire un travail de qualité. À cela s’ajoute le salissement par les adventices et la verse qui a mis les chaumes en contact avec la terre. Résultat : des amas...
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Àl’exception de récoltes précoces, un peu partout en France, de la paille de qualité médiocre a parfois été pressée en raison d’un été humide. Difficile, en effet, d’avoir trois jours de beau temps consécutifs pour faire un travail de qualité. À cela s’ajoute le salissement par les adventices et la verse qui a mis les chaumes en contact avec la terre. Résultat : des amas de paille collée, des poussières abondantes et des traces noires. « Ce sont des indicateurs d’une paille colonisée par des spores et des champignons, rappelle Gilles Grosmond, vétérinaire dans le Puy-de-Dôme, spécialiste des médecines alternatives. Lors de la manipulation d’une paille contaminée se crée un aérosol pathogène pouvant entraîner des maladies respiratoires chez les animaux, mais aussi chez les éleveurs. Cette dernière  appelée poumon de fermier   se traduit par une insuffisance respiratoire grave. Elle ne bénéficie d’aucun traitement antibiotique, car causée par des champignons. »

Avec ces qualités de paille, le risque principal est de pulvériser des particules fines dans l’atmosphère des bâtiments d’élevage. Les jeunes de moins de 6 mois, n’ayant pas encore un système respiratoire mâture, y sont particulièrement sensibles.

Une chasse d’air après le paillage pour évacuer les particules fines

« Ces microparticules en suspension en grande quantité peuvent irriter les voies respiratoires profondes, favorisant ainsi l’implantation de pathogènes plus virulents, comme les virus et les bactéries. Pour contenir ce phénomène, il faudra d’abord limiter la vitesse et la distance de projection des outils de paillage mécaniques », souligne Benoît Michenot (voir L’Éleveur laitier n° 303). À la suite du paillage, le technicien conseil­ du GDS 44 recommande de faire une « chasse d’air », c’est-à-dire d’ouvrir largement le bâtiment afin d’évacuer totalement ces particules. De préférence en hiver, pendant la phase d’activité des veaux, par exemple après la distribution du repas. La forte présence de poussière est, par ailleurs, de nature à colmater les dispositifs de ventilation naturelle en période humide (filets et tôles perforées). « C’est un cercle vicieux qui contribue­ à accentuer la dégradation de l’air ambiant. Aussi, il faudra prévoir un ou plusieurs nettoyages à sec (air pulsé, balayage manuel) au cours de l’hiver, dès lors qu’un encrassement important est constaté. »

Une couleur terne, signe de colonisation par les champignons

Dans la pratique, nul besoin d’analyse. Un simple examen à l’œil nu permet d’évaluer la qualité microbienne d’une paille. « Hormis certaines variantes génétiques, une paille d’orge est plus brillante qu’une paille de blé ou de triticale. La brillance et la couleur claire et homogène signifient que la paille est principalement colonisée par les bactéries lactiques, dont la particularité est de secréter des substances bactéricides contre les pathogènes normalement présents dans les déjections des animaux (salmonelles, E.Coli, clostridies…), indique Gilles Grosmond. À l’inverse, une couleur terne est le signe d’une colonisation par des spores. Au contact de la litière chaude et humide, cette flore fongique va se développer rapidement au détriment de la flore lactique. »

Un contrôle régulier de la température de la litière pailléee

De plus, indépendamment des pathogènes, la mauvaise répartition de la litière avec une paille plus difficile à délier peut favoriser les hausses de température et donc des problèmes d’infections mammaires par des germes d’environnement. Le risque est, bien sûr, plus important en aire paillée. La première des préventions contre une dérive sanitaire de la litière repose sur la bonne ventilation de la stabulation et le respect de la densité animale au mètre carré de couchage. Avec une paille de mauvaise qualité, il s’agira aussi d’être vigilant sur la fréquence de curage, dans le but de limiter le développement bactérien. « Cet hiver, il sera indispensable de contrôler une fois par semaine, à l’aide d’un thermomètre de litière, l’évolution de l’aire paillée : sa température à 10 cm de profondeur ne doit pas excéder 35 °C . » Le vétérinaire rappelle qu’il est possible de limiter le développement des flores à risque par la pulvérisation d’un cocktail de flores lactiques directement sur la litière. Différentes solutions sont disponibles sur le marché : Défi’Flor (Le comptoir des plantes médicinales), Flori’mat (Nature Élevage, distribué par Seenovia) ou Litterpure (Obione). Leur principe étant de coloniser le milieu avec de bonnes bactéries afin de concurrencer la flore pathogène.

Enfin, on prendra évidemment soin de stocker la paille dans un bâtiment ventilé et surtout d’éviter le stockage sous une bâche étanche. Au niveau alimentaire, il n’y a pas de risque de trouble digestif. Les conséquences d’une paille de mauvaise qualité sont d’abord une perte d’appétence, pénalisante pour l’ingestion.

Réserver la meilleure paille aux jeunes de moins de 6 mois

La meilleure paille devra donc être réservée aux jeunes de moins de 6 mois, « que ce soit pour la litière ou l’alimentation ». Les bonnes conditions de stockage, le renouvellement au moins une fois par jour des râteliers, ou un apport de mélasse participent à préserver l’appétence.

En élevage laitier, où la consommation de paille concerne surtout les veaux et les taries, le manque de paille pourra être compensé par du foin de prairie naturelle mâture : « Surtout pas de foin riche en légumineuses ou de regain pour les taries. »

Jérôme Pezon
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