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Dossier. VIDÉO« 550 € pour donner une seconde jeunesse à mes 32 logettes »

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Réglage. Pierre-Éric Jarrafoux © c.hue

Les 32 logettes installées dans les années 2000 n’étaient plus adaptées aux gabarits des vaches de Pierre-Éric Jarrafoux. Des réglages, faits en une journée, ont changé leur vie.

Comment modifier le réglage des logettes installées il y a dix ou quinze ans à l’occasion de la mise aux normes de la stabulation laitière ou d’un agrandissement de troupeau ? Dans ces élevages, bien souvent, le réglage décidé à l’époque ne convient plus. Sous l’influence de la sélection génétique, les gabarits ont évolué avec des vaches plus grandes.
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Comment modifier le réglage des logettes installées il y a dix ou quinze ans à l’occasion de la mise aux normes de la stabulation laitière ou d’un agrandissement de troupeau ? Dans ces élevages, bien souvent, le réglage décidé à l’époque ne convient plus. Sous l’influence de la sélection génétique, les gabarits ont évolué avec des vaches plus grandes.

Les dépilations, altérations et boiteries observées chez les vaches cette dernière décennie ont également donné lieu à de nouvelles­ recommandations. Pierre-Éric Jarrafoux, éleveur à Lérigneux, dans la Loire, se reconnaît dans ce constat. « Sur les 45 logettes de mon bâtiment dédiées aux vaches en lactation, 32 datent des années 2000. Leur dimensionnement était devenu inadapté. Même si j’axe le choix des taureaux sur les fonctionnels et les taux, mes holsteins sont tout de même plus grandes qu’avant. »

« Mes vaches étaient contraintes dans leurs mouvements »

N’ayant pas assez de dégagement à l’avant à partir de la barre au garrot, elles ne se levaient pas du premier coup. Certaines, même, glissaient, passaient sous la logette et se retrouvaient dans le couloir le long du mur ou entre les deux rangées de logettes. « Cela concernait souvent des vaches en chaleur. » D’autres éprouvaient des difficultés à se coucher et restaient « perchées », avec les problèmes de pattes qui en découlent. « Heureusement, le pâturage en journée de la mi-avril à début novembre leur permettait de récupérer », dit Pierre-Éric. « Le bâtiment a parallèlement deux atouts. Il a plus de logettes que de vaches traites (45 pour 40) et propose un couchage confor­table, ajoute Louka Joassard, le conseil­ler de Loire Conseil Élevage qui accompagne Pierre-Éric. Les 32 anciennes sont en effet des logettes creuses paillées. Les 13 installées en 2018 ont un matelas, qui est également paillé. »

Les logettes creuses paillées ont la meilleure note de confort de la grille d’évaluation que la fédération Fidocl Conseil Élevage – dont Loire Conseil Élevage est adhérente – a créée en 2020 pour les vaches holsteins et montbéliardes. Les différentes composantes de la logette reçoivent une note pour un résultat final sur 20 points. À l’automne 2020, munis d’un mètre, tous deux se sont attelés à mesurer la distance entre la barre au garrot et le seuil de la logette, celle entre l’arrêtoir au sol et le seuil, ou encore la hauteur entre la barre au garrot et les pieds de l’animal (infographie page suivante). « Les valeurs insuffisantes de ces trois mesures ont confirmé le comportement des vaches, explique le conseiller. Les 178 cm entre l’arrêtoir et le seuil empêchaient les laitières de se coucher droit. Elles ne bousaient pas dans le couloir mais sur le côté. » De même, les vaches butaient au lever et au coucher contre la barre au garrot basse (108 cm de hauteur) et seulement à 178 cm du seuil.

« Pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière »

À ces résultats, une discussion s’engage entre Pierre-Éric et Louka. « Louka m’encourageait à remonter la barre au garrot et à l’avancer, ainsi que l’arrêtoir, pour offrir plus d’amplitude de mouvements et permettre une poussée à l’avant. L’idée ne m’enthousiasmait pas. » En relevant la barre au garrot, il craignait que les vaches passent encore plus devant. « C’est le contraire qui s’est passé. Pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière. »

Il n’était pas question de monter les tubulaires car cela aurait automatiquement augmenté la hauteur entre le bat-flanc et le couchage paillé. Avec le risque que les vaches, mal contenues, se couchent de travers. La hauteur actuelle à 55 cm donne satisfaction. « Il aurait fallu aussi déboulonner toutes les fixations des tubulaires au sol. Cela représentait un gros travail. » Une solution beaucoup plus simple est trouvée : 32 cales de 10 cm de haut et 14 cm de diamètre (photo) sont achetées au fournisseur CK Industries (Loire). Elles ne lui coûtent que… 17,30 € par logette, soit 553 € pour les trente-deux. La barre au garrot est à la fois rehaussée à 118 cm et reculée vers l’avant de la logette à 195 cm. Le réglage est complété par le recul de l’arrêtoir au sol à 190 cm. « L’apprenti et moi avons déboulonné la fixation des rondins autoclaves au sol. Ils étaient en place depuis 2006. Nous les avons déplacés et avons revissé la fixation de l’autre côté des rondins. Cela m’a seulement coûté l’achat d’une boulonneuse », plaisante Pierre-Éric.

Le taux de propreté des laitières est passé de 60 à 80 % en hiver

Malgré ces deux reculs, le dégagement à l’avant reste confortable : 1 m entre la barre au garrot et le mur et 175 cm entre les deux barres quand les logettes sont face à face. L’éleveur et l’apprenti ont consacré à l’ensemble de ces réglages, faits en décembre 2020, une journée de travail répartie en trois interventions. « J’ai parallèlement amélioré le confort de couchage en paillant à 2 kg de paille par vache par jour contre 1 kg avant. »

Sans relevé précis, il estime que le taux de propreté des laitières en hiver est passé de 60 à 80 %. De 25 %, le pourcentage de celles­ avec des jarrets dépilés est descendu autour des 10 à 15 %.

claire hue
Simple et efficace. La barre au garrot est réhaussée de 10 cm par cette cale achetée 14 €. Il faut y ajouter 3,36 € de vis. La fixation amovible permet d’installer la barre à la distance désirée par rapport au seuil de la logette. Au sol, le réglage de l’arrêtoir a seulement coûté à Pierre-Éric Jarrafoux l’achat d’une boulonneuse pour dévisser sa fixation puis la revisser. Lisse, le rondin autoclavé ne blesse pas les vaches. Sa hauteur de 15 cm est partiellement comblée par la paille. Au final, il offre un butoir de 10 cm, ce qui est conforme aux recommandations. © c.h.
Astuces. Même si, depuis les réglages, les laitières passent moins devant les logettes, cela se produit encore. Au bout de la rangée face au mur, Pierre-Éric Jarrafoux a créé une fixation amovible de la dernière barre au garrot. La vache engagée dans le passage ressort par la logette vers le couloir. © c.h.

    À Lérigneux (Loire)

    45 holsteins à 7 500 kg de lait par vache

    314 000 l en AOP fourme de Montbrison

    80 ha : 5 ha de triticale, 30 ha de prairies tempo­raires et 45 ha de prairies naturelles entre 800 m et 1 250 m d’altitude

    25 ha de pâturage de la mi-avril à début novembre en journée

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