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Dossier. « Les logettes souples n’excluent pas des réglages bien réfléchis »

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Coût. Jean-Marc Charbonnier, en Gaec avec son épouse Monique, a investi 235 € par logette souple, matelas compris. Ce qui, en 2020, était de 15 % à 20 % plus cher qu’une logette classique. © c. hue

Le Gaec de La Montagne a opté, il y a deux ans, pour le système des logettes souples, afin de s’approcher du confort de l’aire paillée. Il s’est appuyé sur des conseils afin de les dimensionner à ses vaches de façon optimale, et leur offrir un dégagement à l’avant suffisant.

Jean-Marc Charbonnier, en Gaec avec son épouse Monique, ne veut pas lésiner sur le confort de couchage de ses 130 vaches. Conduites en zéro pâturage, les vaches en lactation étaient en aire paillée avant la mise en service, en février 2019, du nouveau bâtiment de 108 logettes, complétées de box de repos paillés. « Dès le départ de notre projet de construction, nous avions acté les...
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Jean-Marc Charbonnier, en Gaec avec son épouse Monique, ne veut pas lésiner sur le confort de couchage de ses 130 vaches. Conduites en zéro pâturage, les vaches en lactation étaient en aire paillée avant la mise en service, en février 2019, du nouveau bâtiment de 108 logettes, complétées de box de repos paillés. « Dès le départ de notre projet de construction, nous avions acté les logettes, mais avec l’objectif de nous rapprocher au maximum de la qualité de couchage qu’offre une aire paillée, quitte à y mettre un peu plus cher. » À l’occasion de visites d’exploitations laitières allemandes et néerlandaises, il « flashe » sur des logettes aux bat-flanc souples, composées d’une âme centrale en câble enrobée de plusieurs couches de résine. « Grâce aux barrières de séparation flexibles, la vache n’est pas brimée dans ses mouvements de coucher et de lever. J’ai été en particulier surpris par le câble gainé qui remplace la barre au garrot métallique. Il épouse son cou, la vache ne peut pas se blesser. Elle n’a pas peur de se lancer. »

Le Gaec de La Montagne fait donc appel à cette technologie créée par la société Deltex. Le confort au sol, lui, est assuré par un matelas. Le coût d’investissement de l’ensemble est de 235 € par logette, hors maçonnerie : 110 € la logette posée, et 125 € le matelas, également­ posé. « Grosso modo, cela représentait, il y a deux ans, un surcoût de 15 à 20 % par rapport à une logette classique avec matela», relève Jean-Marc Charbonnier.

« Si c’était à refaire, je ferais le même choix »

Après deux ans de fonctionnement, le Gaec de La Montagne ne regrette pas. « N’utilisant pas de logettes auparavant, je n’ai certes pas d’éléments de comparaison mais, si c’était à refaire, je ferais le même choix », dit l’éleveur.

Le concept de logettes souples n’est pas la seule explication au couchage satisfaisant des vaches. Au moment de l’installation des logettes, les deux associés se sont aussi fait assister par Loire Conseil Élevage afin d’adapter le mieux possible les dimensions des logettes aux gabarits des holsteins du troupeau. La notation des logettes réalisée par le technicien Louka Joassard, à l’occasion de cet article, confirme la pertinence des choix réalisés il y a deux ans. Membre de la Fidocl Conseil Élevage, son entreprise de conseil s’appuie sur la grille que la fédération a créée il y a deux ans (voir infographie). Par rapport au seuil, les distances de l’arrêtoir au sol et de la barre au garrot (190 cm, et 195 cm) correspondent aux nouvelles valeurs recommandées pour les très grands gabarits (voir page 31 les nouvelles valeurs d’Idele).

La hauteur de 115 cm sous la barre de cou renvoie plutôt aux moyens. Mais, si problème il peut y avoir avec certaines vaches, le câble flexible qui remplace la barre métallique est là pour s’adapter aux grands gabarits. C’est tout l’intérêt des logettes souples. « Il faut tout de même vérifier de temps en temps la distance­ entre le câble et le seuil de la logette. Il arrive qu’il recule légèrement du fait d’un système de fixation devenu un peu moins efficace. Il suffit­ alors de le resserrer. »

La largeur de la stalle, un point d’attention

En logettes souples, la largeur de la stalle est également un point d’attention. Les bat-flanc flexibles, que l’animal peut pousser, le contiennent moins. Si le couchage est trop large, il s’étalera généreusement, avec une tendance à se décaler sous la barrière de séparation. « Le Gaec de La Montagne tient compte de ce risque, observe Louka Joassard, de Loire Conseil Élevage. Il a opté pour une largeur de 117 cm à 118 cm, ce qui est dans les recommandations basses. Il faut trouver le bon compromis entre les valeurs de réglage conseillées et cette conception de logette. »

La souplesse des bat-flanc présente un autre inconvénient : les primipares élevées sur aire paillée peuvent se retourner dans la logette, se coucher dans le sens inverse… et bouser dedans. « Sur la centaine de vaches logées, cela ne concerne, à l’instant T, que quelques-unes, relativise l’éleveur, et ne remet pas en cause le choix que nous avons fait. » Qui dit logette souple, dit aussi risque de fissures ou de casse des matériaux qui la composent. C’est l’autre inconvénient de cet équipement. Sur les 108 logettes, deux sont aujourd’hui concernées (photo page suivante). « Cela s’est produit dans les premiers mois. Il est prévu que je demande leur remplacement car elles sont garanties durant cinq ans », précise Jean-Marc Charbonnier.

Le confort de couchage n’est pas le seul objectif qu’a suivi le Gaec de La Montagne lors de la construction de la nouvelle stabulation. En plus des deux robots pour soulager les associés de l’effort physique qu’exige la traite, l’adaptation aux fortes chaleurs est également prise en compte dans le projet. La toiture est isolée. Les longs pans sont pourvus de filets brise-vent amovibles, qui permettent de gérer le soleil rasant sur la table d’alimentation en fin d’après-midi. Et neuf ventilateurs à flux horizontaux équipent également la stabulation.

Claire Hue
À l’aise. Le bon réglage des logettes, combiné à leur conception souple et à leur matelas paillé, donne à la centaine de vaches un bon niveau de confort. La pente de 2 % de la logette limite l’humidité du couchage. © c. h.
Un couloir central de 185 cmperturber les vaches par un engin. Cela se traduit par 620 cm de distance seuil à seuil entre 2 rangées de logettes, dimension permettant © c.h.
Dégagement sur l’avant. Au moins 80 cm sont conseillés entre le poteau de la logette et le mur pour le mouvement de tête. de la vache. Le Gaec de La Montagne a prévu plus, 155 cm, pour stocker de la paille. La distance du seuil de la logette au mur est de 380 cm. © c.h.
Deux défauts. Les logettes souples ne contiennent pas suffisamment les primipares, habituées à l’aire paillée, qui peuvent se retourner dans la stalle. © c.h.

    À Saint-Cyr-les-Vignes (Loire)

    Gaec de 2 associés (époux)

    130 holsteins à 10 745 kg de lait, à 40,7 g/kg de TB et à 33,7 g/kg de TP en zéro pâturage

    95 ha : 25 ha de maïs irrigué, 20 ha de céréales­ et 50 ha de prairies

    Février 2019 : nouveau bâtiment de 108 logettes­ souples, 2 robots de traite, 2 rangées de logettes face à face et une contre le mur

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