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Les écarts sur le prix du lait sont maintenant bien ancrés

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Conclusion des suivis technico-économiques de Seenovia : « Quand les producteurs de lait sont mieux payés, ils ne gaspillent pas davantage et gagnent plus ». © Cédric Faimali/GFA.

Les filières de laits différenciés se distinguent dans les résultats économiques avec une meilleure marge brute.

Seenovia, l’entreprise de conseil en élevage des Pays de la Loire, qui s’étend sur six départements (en incluant la Charente-Maritime), a présenté les résultats technico-économiques 2020-2021 de ses adhérents. Seenovia (1) représente 5 272 élevages, soit environ 430 000 vaches en contrôle de performance (80 % des élevages de la zone). L’élevage moyen compte 75 vaches...
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Seenovia, l’entreprise de conseil en élevage des Pays de la Loire, qui s’étend sur six départements (en incluant la Charente-Maritime), a présenté les résultats technico-économiques 2020-2021 de ses adhérents. Seenovia (1) représente 5 272 élevages, soit environ 430 000 vaches en contrôle de performance (80 % des élevages de la zone). L’élevage moyen compte 75 vaches, à 8 150 kg bruts/VL (93 % d’entre elles sont des prim’holsteins). « Alors que la production par vache stagnait précédemment, nous observons depuis trois ans un retour à l’intensification animale d’environ 100 kg/VL/an, sans pouvoir apporter une explication précise. Volonté des éleveurs, qualité des fourrages ? », s’étonne Frédéric Tattevin, responsable de marché économie.

Le prix moyen : 364 €/1 000 l

Pour les 2 300 élevages de la zone Seenovia en suivi technico-économique, le prix moyen du lait conventionnel 2020-2021 (exercice d’avril 2020 à mars 2021) se situe à 364 €/1 000 l, avec une remarquable stabilité par rapport à la campagne laitière précédente – ce n’est qu’à partir de mai que le prix du lait français a vraiment augmenté par rapport à 2020. Mois par mois, les courbes se superposent parfaitement. « Cette moyenne très stable depuis 2019 masque des écarts importants selon les producteurs : de 350 € à plus de 390 €. Des écarts qui n’existaient pas il y a cinq ans, et qui sont essentiellement liés à des filières de différenciation du lait portées par certains transformateurs », observe Frédéric Tattevin. Car les producteurs Seenovia livrent à Lactalis, Sodiaal ou Eurial, mais aussi à Bel, LSDH ou Saint-Père. Le prix moyen du lait bio est à 472 €/1 000 l, niveau auquel il stagne depuis 2018.

Un surcoût de 15 à 20 €/1 000 l sur l’aliment

L’envolée des matières premières a-t-elle fait évoluer les charges opérationnelles des élevages laitiers ? Les chiffres de la campagne 2020-2021 ne permettent pas de la mettre à jour : le coût de concentré reste à 59 €/1 000 l et la marge sur coût alimentaire est de 209 €/1 000 l en moyenne. « Mais attention, en juillet 2021, le prix des concentrés, tout confondu, était de 320 €/t, contre 295 €/t en juillet 2020. Nous subissons actuellement une augmentation comprise entre 15 et 20 €/t, qui pourrait bien s’accentuer », avertit Frédéric Tattevin. Cependant, en juillet dernier, le coût des concentrés, à 60 €/1 000 l, n’avait pas encore dérapé. Avec moins de 200 g/litre, les éleveurs avaient réussi, une météo favorable à l’appui, à maîtriser cette charge sur le lait d’été. Mais la hausse du coût alimentaire apparaît inéluctable pour les mois suivants.

Des indicateurs de l’autonomie protéique

Avec les cours qui flambent, l’autonomie protéique sera un critère économique important cet hiver, et l’outil Devautop présente de nouveaux indicateurs intéressants pour s’y sensibiliser. Ainsi, les systèmes « silo ouvert toute l’année », majoritaires chez Seenovia, ont une autonomie de 60 % et sont dépendants à hauteur de 32 % d’achats de MAT hors de France, essentiellement du soja. Ces systèmes maintiennent 38 % de maïs dans la SFP, avec un pâturage qui assure 28 % de l’alimentation des animaux. La quantité de concentrés consommée est de 188 g/l, plutôt à la baisse l’an dernier. Seenovia est engagé dans la vulgarisation de l’appui Devautop auprès de 150 exploitations avec le soutien du conseil régional des Pays de la Loire et de Sofiproteol, au travers le programme Prot€co.

Un prix du lait qui affecte la marge

Toujours pour les systèmes « silo ouvert », la marge brute est de 232 €/1 000 l, identique à l’an dernier. Le quart supérieur obtient 35 €/1 000 l supplémentaire, un écart qui se répète d’une année sur l’autre. Cette meilleure performance se décompose en - 13 € sur les charges et + 22 € sur le produit. Car ce sont des élevages mieux payés sur le prix du lait : + 13 €/1 000 l. Si la qualité du lait a un effet, le premier motif de ce bonus reste l’appartenance à une filière différenciée. « J’ai regardé également le quart des éleveurs les mieux payés en race prim’holstein. Ils sont à 385 €/1 000 l, soit 23 € au-dessus de la moyenne. Ils ne subissent que - 4 €/1 000 l de charges supplémentaires et obtiennent + 20 €/1 000 l de marge brute. Conclusion : quand on est mieux payé, on ne gaspille pas davantage et on gagne plus », analyse Frédéric Tattevin.

Dominique Grémy

(1) Seenovia, c’est 136 conseillers (105 en lait), 6 300 élevages adhérents (bovins lait, bovins viande, caprins), 1 200 élevages en robot de traite, 550 en bio, 2 300 en suivi technico-économique, 109 groupes en conseil collectif.

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