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« Robot et salle de traite afin de préserver notre main-d’œuvre »

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Extension. Le robot de traite est dans l’extension de 25 m. Elle abrite également une aire de tri derrière le robot et une aire paillée de repos. © C. Hue

Organisation. Au Gaec de la Tesnière, le double équipement allège l’astreinte de la traite. L’arrivée du robot en 2019 n’a pas bousculé la répartition du travail.

Le Gaec de la Tesnière a une organisation inhabituelle : traites robotisée et en salle de traite cohabitent. Depuis la mise en route du robot en juillet 2019, les 120 à 125 vaches traites toute l’année sont réparties en deux groupes dans le bâtiment : d’un côté, un « lot robot » de maximum 55 laitières, de l’autre un « lot salle de traite » de 65 à 70...
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Le Gaec de la Tesnière a une organisation inhabituelle : traites robotisée et en salle de traite cohabitent. Depuis la mise en route du robot en juillet 2019, les 120 à 125 vaches traites toute l’année sont réparties en deux groupes dans le bâtiment : d’un côté, un « lot robot » de maximum 55 laitières, de l’autre un « lot salle de traite » de 65 à 70 laitières. Le premier est composé des débuts de lactation. Le second reçoit une ration complète dans laquelle le pâturage a une large place de mars à novembre. Il faut revenir quatre ans en arrière pour comprendre ce choix. « Nous sommes un Gaec familial, raconte Stanislas Coquelin qui s’est installé avec ses parents, Patricia et Jean-Pierre en 2008. Mon père a été remplacé en décembre 2017 par ma sœur et son mari, Flora et Maxime. Il restait plus de quatre ans d’activité à ma mère avant qu’elle ne parte à son tour à la retraite, prévue en mars prochain. »

L’arrivée de Flora Coquelin et Maxime Rondin s’est accompagnée d’une augmentation de la référence de 400 000 litres sur deux ans (accordée par Lactalis). Elle est de 1,16 Ml aujourd’hui contre 770 000 l pour 80 vaches en 2017. Le Gaec aurait pu investir dès le départ dans deux robots mais il aurait fallu repenser son organisation du travail. « La question me concernait en particulier, dit Patricia Coquelin qui a un rôle clé dans l’astreinte de la traite. C’est une tâche que j’aime et à laquelle je consacre aujourd’hui une heure et demie le matin avec Flora, lavage compris, et une heure un quart le soir avec Flora ou un autre associé. » Juste avant l’installation du robot, la traite des 130 vaches dans la 2 x 8 en épi durait entre deux heures et demie et trois heures. Pour l’éleveuse, panacher les deux systèmes de traite se révèle une bonne transition vers le passage à trois associés. « Je continue de travailler à quasi temps plein tout en préservant ma santé. Le temps de traite plus court soulage mes épaules. »

Conserver une marge de sécurité financière

Cette organisation convient également à Flora qui souhaite concilier son métier d’éleveuse et sa vie familiale (deux jeunes enfants). Elle voit d’un bon œil la piste de la monotraite à laquelle le Gaec réfléchit pour fonctionner à trois associés. « Nous ne trayons pas le dimanche soir pour profiter de la soirée. La monotraite toute la semaine, le matin à 10 heures par exemple, apporterait de la souplesse par rapport à l’organisation de la vie autour des enfants », dit-elle. L’autre piste étudiée est l’achat d’un deuxième robot.

La maîtrise du montant des annuités était l’autre motivation pour un seul robot. L’investissement représente 120 000 €, équipements pour le Dac compris, auxquels il faut ajouter 70 000 € pour 25 mètres d’extension de bâtiment, l’achat de matelas destinés aux logettes du lot robot, etc. « Avec 120 à 125 vaches traites, nous sommes à la limite d’un troisième robot. Le choix de la marque Boumatic pouvait y remédier par une double stalle complémentaire. Seulement, elle représentait un surcoût de 150 000 € et alourdissait le remboursement des annuités, détaille Maxime. Or, nous voulions conserver une souplesse financière pour d’autres projets et préparer le rachat des parts sociales de Patricia. »

Le robot : 22 % des annuités

Le Gaec a contracté un emprunt sur dix ans, soit 15 900 € de remboursement par an. « Le robot pèse aujourd’hui pour 22 % dans le montant total de nos annuités de 70 000 €, complète Stanislas. Si nous n’avions pas opté pour la prudence, nous n’aurions pas pu investir 55 000 € dans un tracker solaire cette année. Il alimente en électricité le robot, la salle de traite, le tank à lait et les deux racleurs. » Sans doute le Gaec aurait-il aussi privilégié, l’an passé, l’achat d’un téléscopique d’occasion plutôt que neuf.

La stabulation laitière longue de 85 m se prête bien aux deux modes de traite. Le robot est implanté à l’une des extrémités pour deux raisons. La première : cet endroit est le point de démarrage des deux racleurs. La seconde : à l’autre extrémité se trouvent la salle de traite, le parc d’attente et l’accès aux prairies pâturées qui sont réservées au « lot salle de traite ». « Le bloc de traite est indépendant. Les laitières du lot robot ne sont donc pas perturbées par l’autre système de traite », observe Stanislas. En revanche, en plus des deux couloirs, il a fallu clôturer l’espace entre la rangée de logettes et le long-pan. « Des laitières du lot robot qui venaient d’être transférées en salle de traite passaient sous une barre au garrot, longeaient le mur puis repassaient sous une deuxième barre au garrot pour rejoindre le robot ! »

Des vaches high et low-cost sous le même toit

La coexistence des deux types de traite s’accompagne de deux conduites alimentaires. Le « lot robot » a une ration 100 % à l’auge. « Il n’est composé que des vaches en début de lactation, rappelle Maxime. L’objectif est de soutenir leur production. La ration semi-complète est définie pour 33,2 kg brut par vache. Au printemps et en été, elles ne pâturent pas mais reçoivent 3 à 7 kg de MS d’herbe affouragée en vert en plus des 10 à 13 kg de MS de maïs ensilage. » Le « lot salle de traite », lui, est en ration complète équilibrée à 22 kg. Durant le pâturage, la part de maïs descend à 5-8 kg de MS. Pour le Gaec, c’est un lait produit à pas cher. La salle de traite est amortie. Son coût alimentaire s’élève à 86 €/1 000 l selon Eilyps. Ses logettes n’ont pas de matelas. « Le niveau de production n’est pas le seul critère de basculement du premier vers le deuxième (sous 28 kg pour une multipare et sous 24 kg pour une primipare), expliquent les associés. Si la laitière souffre de boiterie, si son nombre de passages au robot est inférieur à 1,5 par jour ou si, couplé à la baisse de production, son débit est sous le 1,7 kg de lait par minute, elle est retirée. »

Inconvénient de cette stratégie : les laitières en salle de traite n’ont pas un stade de lactation homogène. Avantage : le temps de traite au robot est réduit. Les fraîches vêlées la première semaine y concourent. Les éleveurs y jugent plus facile la familiarisation des primipares à la traite et le robot n’a pas besoin de séparer le lait riche en anticorps. « Grâce à un meilleur suivi des débuts de lactation, notamment par le passage à la ration semi-complète, nos résultats de reproduction s’améliorent. Nous avons gagné 22 jours d’intervalle vêlage-1re IA entre juin 2019-2020 et juin 2020-2 021, respectivement 117 et 95 jours. »

Sur la reproduction, un gain de 4 680 €

Cela se traduit par 56 % de réussite à la première IA %, soit + 16 % (42 % pour le groupe de comparaison d’Eilyps) et 1,73 IA par vache inséminée (- 0,3 IA, 2,06 IA pour le groupe). L’organisme de conseils Eilyps estime l’économie générée par ces améliorations à 4 680 €. De quoi financer la moitié de la facture de l’entretien du robot.

Le Gaec est satisfait de son organisation actuelle. Il y voit malgré tout plusieurs inconvénients. La familiarisation des vaches au robot s’est étalée sur la première année de fonctionnement, la totalité du troupeau n’ayant pas basculé du jour au lendemain. Le passage au « lot salle de traite » se fait sans transition alimentaire avec une baisse de la production les premiers jours, voire un décrochage si la vache est en début de lactation. « Cela peut arriver pour celles qui souffrent de boiterie. Ce problème, qui est notre première cause de réforme, a débuté à l’installation du robot. Nous avons acheté une cage de parage et des matelas pour les logettes de ce lot. »

Claire Hue
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