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Freinage : tenez-vous prêt pour 2025

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Obligatoire en 2025. Remorques, épandeurs, tonnes, plateaux… mais aussi pulvérisateurs, semoirs et autres outils traînés, tous les véhicules neufs seront concernés par le freinage double ligne. ©

Sécurité. Dans trois ans, la réglementation imposera le freinage double ligne sur tous les véhicules tractés neufs. Pour les tracteurs, c’est déjà le cas avec des dispositifs pneumatiques ou hydrauliques. Ces deux systèmes étant incompatibles, cela risque de poser problème pour la gestion du matériel au sein des exploitations et des Cuma.

Une évolution importante de la réglementation sur le freinage pourrait compliquer la tâche des agriculteurs à partir du 1er janvier 2025. Faute d’anticipation, certains exploitants se retrouveront parfois avec des tracteurs et des matériels roulants dont les freins ne seront pas compatibles entre eux. Bien que la nouvelle soit connue depuis plusieurs années, peu de gens en parlent pour le moment, notamment sur les salons professionnels ou dans les...
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Une évolution importante de la réglementation sur le freinage pourrait compliquer la tâche des agriculteurs à partir du 1er janvier 2025. Faute d’anticipation, certains exploitants se retrouveront parfois avec des tracteurs et des matériels roulants dont les freins ne seront pas compatibles entre eux. Bien que la nouvelle soit connue depuis plusieurs années, peu de gens en parlent pour le moment, notamment sur les salons professionnels ou dans les concessions. Ce règlement européen, dénommé Mother Regulation, a été adopté en 2016 pour améliorer la sécurité des engins. Il s’applique déjà depuis 2019 sur les tracteurs neufs. La prochaine étape, prévue en 2025, impose deux nouvelles mesures sur le freinage et avec elles, un changement de pratiques.

Freinage double ligne obligatoire

La première obligera les constructeurs de matériels tractés à proposer un dispositif à double ligne, plus sécurisé que le système hydraulique à simple ligne très couramment employé aujourd’hui (lire encadré). Ce freinage hydraulique, actuellement monté en standard, ne pourra donc plus être installé.

Tous les véhicules neufs sont concernés : remorques, épandeurs, tonnes, plateaux, etc., mais aussi les pulvérisateurs, semoirs et autres outils traînés. En revanche, les matériels déjà en service pourront toujours circuler sans être modifiés. À condition toutefois d’être toujours connectés aux freins du tracteur. Ce point posera sans doute quelques difficultés chez certains agriculteurs car la deuxième mesure stipule en effet que les tracteurs neufs commercialisés à partir de 2025 ne seront équipés que de freinage double ligne. Si jusqu’à présent les tractoristes devaient déjà prévoir ce dispositif, ils pouvaient, si nécessaire, installer en complément une prise hydraulique simple ligne pour maintenir la compatibilité avec le parc existant. En 2025, cela ne sera plus le cas et chacun devra s’adapter selon sa situation et son matériel.

Anticiper les investissements

Un des enjeux est de choisir dès à présent les bons équipements au moment de renouveler son tracteur ou un équipement roulant. Mais quelle technologie choisir : pneumatique ou hydraulique ? Côté tracteur, il est possible de monter les deux, moyennant évidemment un surcoût. Du côté du véhicule, les essieux ne pourront être équipés qu’avec un seul des deux systèmes, et les constructeurs n’ont pas encore choisi clairement leur stratégie. Beaucoup attendent en effet de voir si une tendance se dégage. Cette problématique mériterait pourtant d’être anticipée pour faciliter l’adaptation des différents engins des agriculteurs.

Première option : miser sur le freinage pneumatique. Cela peut paraître le choix de la raison car ce principe a déjà fait la preuve de son efficacité, notamment sur les remorques ou les tonnes homologuées aujourd’hui à 40 km/h. Par ailleurs, cette technologie sera toujours proposée à l’avenir puisque l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord l’utilisent à grande échelle depuis des années. En France, beaucoup d’ETA ou de Cuma se sont déjà engagées dans cette voie en convertissant progressivement leur parc au freinage pneumatique. Mais pour un éleveur qui renouvelle son matériel sur des périodes beaucoup plus longues, l’abandon total de l’hydraulique ne peut pas s’envisager en moins de dix ou quinze ans. Période pendant laquelle il devra conserver au moins un tracteur compatible avec ses anciens équipements.

Encore des questions en suspens

C’est ce qui pousse certains professionnels à envisager une seconde option : parier sur un développement du freinage hydraulique à double ligne. Techniquement, beaucoup de tractoristes le proposent déjà à moindre coût. Du côté des véhicules, certains constructeurs affirment qu’ils seront prêts à en monter sur leur gamme d’ici 2025. L’argument mis en avant est la compatibilité de ce système avec les anciens matériels. Mais ce choix est également plus risqué car d’importantes interrogations demeurent. Les nouveaux véhicules ainsi équipés seront-ils homologables à 40 km/h ? Rien ne permet de l’affirmer pour le moment.

Autre question : en double ligne hydraulique, le prix sera-t-il compétitif comme l’affirment certains promoteurs de la technique alors qu’aucun modèle n’est disponible actuellement sur le marché ? On peut aller jusqu’à se demander si des engins équipés de freins hydrauliques à double ligne seront vraiment commercialisés un jour ? En effet, pour les constructeurs, le coût d’une homologation est un investissement très important et ils sont déjà nombreux à vendre du matériel en version pneumatique. Proposer deux technologies différentes pour une même gamme n’aurait pas forcément de sens sur les plans économique et industriel. Sur une exploitation ou dans une Cuma, la coexistence de deux systèmes de freinage selon les matériels serait également compliquée à gérer. Malheureusement, il est impossible aujourd’hui de prévoir ce qui se passera dans trois ans.

Les éleveurs qui investissent aujourd’hui ont tout de même intérêt à choisir une stratégie sur le système de freinage le plus adapté à leur situation, tout en se renseignant sur le coût éventuel de la pose de kits de freinage complémentaires s’ils devaient revoir leur choix.

Denis Lehé
Côté tracteur, les prises de freinage hydrauliques à double ligne répondent à la norme et sont compatibles avec le matériel plus ancien. Mais les constructeurs de véhicules utiliseront-ils cette technologie à l’avenir ? © D. Lehé
Le freinage pneumatique, caractérisé par deux flexibles jaune et rouge, est déjà employé sur des bennes, des tonnes ou des plateaux homologués à 40 km/h. © D. Lehé
Simple ou double ligne, quelle différence ?

Le freinage à simple ligne est celui que tout le monde connaît : une prise hydraulique relie le véhicule au tracteur et à chaque pression sur les pédales, les roues du matériel remorqué sont freinées. Ce principe simple ne répond cependant pas à toutes les exigences attendues en matière de sécurité, en raison notamment de l’augmentation continuelle des charges transportées. En effet, en cas de rupture d’attelage et d’arrachement du flexible, la remorque n’est plus freinée et peut poursuivre sa route à pleine vitesse pour aller s’écraser contre des habitations ou d’autres véhicules. C’est pourquoi la prochaine réglementation impose l’installation d’un frein de parking qui s’enclenche automatiquement et qui ne se débloque qu’en connectant un second flexible­ au tracteur.

Ce principe à double ligne est utilisé en version pneumatique depuis très longtemps sur les poids lourds. En agriculture, les véhicules homologués à 40 km/h adoptent le même principe, bien identifiable par deux flexibles jaune et rouge.

Depuis l’application en 2019 de la Mother Regulation, qui impose l’installation d’un freinage à double ligne sur les tracteurs neufs, les marques n’ont pas toutes pris la même orientation. Certaines ont misé sur le pneumatique double ligne en complément d’un freinage hydraulique simple ligne pour s’adapter à tous les véhicules du marché. D’autres ont choisi une autre voie en installant un freinage à double ligne entièrement hydraulique. Ce montage est un peu moins onéreux et surtout, il est compatible avec les freins hydrauliques à simple ligne existants. En revanche, il ne permet pas d’atteler un véhicule à freinage pneumatique. Autre inconvénient : actuellement, aucun constructeur­ de véhicules tractés ne propose de freinage à double ligne hydraulique.

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