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La FNPL sourit, la Fnil grimace

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Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, plaide notamment pour sanctuariser le prix des matières premières agricoles. Les industriels laitiers voudraient bien aussi voir leurs coûts de transformation suivre la même voie. Cédric FAIMALI

Le projet de loi de Grégory Besson-Moreau visant à corriger la loi Egalim, repris par le ministre de l’Agriculture, répond quasi mots pour mots aux desiderata de la FNPL… Pas tout à fait à ceux des industriels laitiers.

La FNPL a bu du petit-lait en écoutant l’intervention du ministre de l’Agriculture à sa récente assemblée générale en visioconférence. Le fait est que Julien Denormandie a fait siennes toutes les propositions de loi de Grégory Besson-Moreau visant à corriger la loi Egalim pour que le ruissellement dans la construction des prix ne reste pas qu’une chimère… Et en finir avec ce jeu de dupes entre transformateurs...
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La FNPL a bu du petit-lait en écoutant l’intervention du ministre de l’Agriculture à sa récente assemblée générale en visioconférence. Le fait est que Julien Denormandie a fait siennes toutes les propositions de loi de Grégory Besson-Moreau visant à corriger la loi Egalim pour que le ruissellement dans la construction des prix ne reste pas qu’une chimère… Et en finir avec ce jeu de dupes entre transformateurs et GMS qui se renvoient la balle à propos de la responsabilité des prix insuffisants payés aux producteurs.

L’article 1 de ce projet de loi avec l’obligation pour les produits agricoles de rédiger des contrats écrits pluriannuels entre producteurs et premiers acheteurs pour trois ans minimum va dans ce sens. De même que ces contrats incluent une formule de révision automatique des prix, en fonction d’indicateurs définis par les interprofessions ou choisis par les parties.

La FNPL applaudit aussi des deux mains à la sanctuarisation du prix du lait. L’article 2 prévoit en effet que les matières premières agricoles et leur prix d’achat figurent dans les conditions générales de vente. Ce qui revient de fait à l’exclure des négociations entre transformateurs et enseignes de la grande distribution. « Il faut avoir le courage de sortir de la guerre des prix. Le problème du pouvoir d’achat des consommateurs, mis en avant par les GMS, ne doit pas se régler sur le dos des producteurs », a dit Julien Denormandie.

« Un remède pire que le mal » pour la Fnil

De son côté, la Fnil s’alarme au nom des transformateurs laitiers privés, via un communiqué de presse, voyant dans ce projet de loi « un remède pire que le mal ». Pour elle : « Sanctuariser les seules matières premières agricoles sans sanctuariser les coûts de transformation ne permettra pas de créer la valeur nécessaire pour l’ensemble de la filière et en particulier les transformateurs. Ce type de mécanisme, une exception française de plus dans l’environnement européen, risque de nous faire perdre un peu plus en compétitivité avec les conséquences qui en découlent au niveau de la collecte et de la transformation du lait en France. Il dégraderait en outre la vitalité de certains de nos territoires et notre compétitivité à l’export. » Les transformateurs n’ont visiblement pas envie de se retrouver seuls entre le marteau de la grande distribution et l’enclume du pouvoir d’achat des consommateurs.

Et les industriels de poursuivre : « L’absence de contrôle des pratiques des distributeurs dans ce nouveau texte pénalisera les transformateurs et, in fine, les producteurs, aboutissant au résultat inverse de l’objectif poursuivi par la loi EGAlim. Nous pensons que seul le renforcement du tarif fournisseur pourra permettre un réel progrès pour les filières alimentaires. Il n’y aura de meilleur partage de la valeur possible que si l’on tient compte de l’évolution des coûts de production des entreprises et des investissements auxquels elles doivent consentir à la fois pour des impératifs de compétitivité mais également pour répondre aux attentes légitimes des citoyens en matière d’environnement, de santé et de bien-être animal notamment. Ces démarches de qualité et de durabilité sur lesquelles nous sommes têtes de pont sont le produit d’investissements conséquents qui doivent trouver leur juste reconnaissance et valorisation. » Voyez-y un appel du pied au ministre de l’Agriculture pour qu’il bataille et obtienne une révision de la loi LME (loi de modernisation de l’économie) qui a donné les clefs aux GMS et accentuer la guerre des prix.

Jean-Michel Vocoret
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