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Antenne 4G, alerte éleveur en danger

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« Mes vaches ont des comportements anormaux. Elles ne vont plus manger ou boire régulièrement. C’est un scandale de laisser des bêtes souffrir comme cela. » © Jérôme Chabanne/Hans Lucas.

À la suite de la mort d’une quarantaine de vaches laitières en Haute-Loire, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a ordonné la suspension temporaire d’activité d’une antenne 4G. Sur le terrain, les procès se multiplient.

Depuis l’installation, en juillet 2021, d’une antenne 4G à 200 mètres de son exploitation, à Mazeyrat-d’Allier (Haute-Loire), Frédéric Salgues a perdu pas moins d’une quarantaine de vaches, sur les 110 holsteins que comptait son troupeau. Au-delà de cette explosion de la mortalité, la chute brutale et inexpliquée des performances du troupeau a conduit l’éleveur à suspecter cette installation,...
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Depuis l’installation, en juillet 2021, d’une antenne 4G à 200 mètres de son exploitation, à Mazeyrat-d’Allier (Haute-Loire), Frédéric Salgues a perdu pas moins d’une quarantaine de vaches, sur les 110 holsteins que comptait son troupeau. Au-delà de cette explosion de la mortalité, la chute brutale et inexpliquée des performances du troupeau a conduit l’éleveur à suspecter cette installation, et à porter plainte dès le mois d’août contre les promoteurs de l’antenne 4G. « La situation sanitaire de mon exploitation s’est dégradée de façon radicale, souligne Frédéric Salgues. En une quinzaine de jours, la production est passée de 31 à 14 litres de lait, avec des TP inférieurs à 28 ; et sur cette seule campagne, d’août à février, il me manque 45 vêlages par rapport aux années précédentes. »

Les résultats de dix ans de contrôle laitier et de suivi de reproduction sont là pour confirmer l’efficacité technique du troupeau ; et ni les autopsies, ni les prises de sang ou les analyses d’eau n’ont pointé vers une autre explication quant à l’origine du problème. C’est pourquoi, lors de l’audience au tribunal, l’expert judiciaire s’est prononcé en faveur d’une interruption temporaire de l’antenne 4G. « Ce cheptel fait partie des 20 meilleurs pourcents du département, a-t-il établi, et il n’y a pas d’éléments pour expliquer la chute brutale de la production dans les jours qui ont suivi la mise en place de l’antenne. »

L’éleveur supporte les pertes financières depuis un an

Le 23 mai, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a donc ordonné la suspension pour deux mois de l’activité de l’antenne 4G, afin d’évaluer l’incidence de cet arrêt sur la santé du troupeau. Les quatre opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Bouygues Télécom, Free et SFR) ont décidé, avec l’État, de se pourvoir en cassation. Dans l’entre-temps, l’antenne est toujours en fonctionnement, et Frédéric doit supporter seul le poids financier des pertes d’exploitation, qui s’accumulent depuis presque un an. « Je n’ai pas reçu un centime d’indemnisation ! La banque et les fournisseurs acceptent de jouer le jeu, mais pour combien de temps ? Heureusement, j’ai aussi le soutien de mes voisins, du maire et du syndicat. »

Le recours contre la décision de justice ne serait néanmoins pas suspensif : celle-ci laissait aux opérateurs un délai de trois mois pour effectuer l’arrêt temporaire de l’antenne.

Première victoire symbolique contre une ligne à haute tension

Parallèlement, le 2 juin, le tribunal de Coutances (Manche) a condamné RTE à verser une indemnité 460 000 € à une exploitation laitière. Une décision qui valide les préjudices attribués au passage d’une ligne THT aux abords du Gaec Vauprès, dont la première action en justice remonte à 2012. « RTE va sûrement faire appel, mais cette décision pourrait faire jurisprudence. C’est une première, en termes de reconnaissance du préjudice subi par des éleveurs », se félicite Yann Joly. Cet éleveur, en procédure judiciaire contre un parc éolien dans la Somme, anime l’association Stop Tensions Parasites (1), dont l’objet est de communiquer sur l’actualité de toutes les procédures du même ordre. La prochaine audience impliquant un élevage laitier concerne Murielle et Didier Potiron, à l’encontre du parc éolien de Nozay (44), et aura lieu le 14 juin au tribunal de Rennes.

Jérôme Pezon

(1) Page Facebook Yann Joly.

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