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Une amélioration des revenus liée aux grandes cultures

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Les systèmes de polyculture élevage (avec plus de 30% de la SAU en cultures de vente) ont gagné +15 600 €/UMO exploitant (+44%) essentiellement grâce au produit des cultures qui a bénéficié de bons rendements et de prix qui se sont envolés.

Les écarts sont importants entre systèmes d’élevage laitier. Avec au sommet la polyculture élevage de plaine et à la traîne la montagne en lait standard. Le revenu des élevages laitiers bio régressent aussi en 2021.

Chaque année, l’Institut de l’élevage (Idele) publie, dès février, une estimation des revenus de l’année précédente pour les exploitations laitières. Les données sont issues des 288 exploitations du réseau d’élevage bovins lait Inosys. Rappelons que ces exploitations de référence sont connues pour leurs dimensions et leur performances économiques au-dessus de la moyenne franç...
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Chaque année, l’Institut de l’élevage (Idele) publie, dès février, une estimation des revenus de l’année précédente pour les exploitations laitières. Les données sont issues des 288 exploitations du réseau d’élevage bovins lait Inosys. Rappelons que ces exploitations de référence sont connues pour leurs dimensions et leur performances économiques au-dessus de la moyenne française.

Hausse généralisée des charges

L’année 2021 a été marquée par le début d’une hausse des charges, qui se poursuit aujourd’hui de façon spectaculaire. Ainsi l’Ipampa lait de vache (indice qui mesure l’évolution des prix des moyens de production) n’a pas cessé d’augmenter tout au long de l’année pour atteindre un niveau record en décembre 2021, porté par le coût des engrais, de l’énergie et en fin d’année par le prix des aliments. Les bons rendements fourragers et céréaliers sur l’ensemble du territoire ont pu compenser, en partie seulement, cette hausse des charges. En 2021, le prix du lait payé aux producteurs est aussi reparti à la hausse pour une moyenne de 343 €/1000 l en 38-32 standard. Mais cette hausse n’a été sensible qu’au second semestre. Idele rappelle que le prix du lait en France répercute moins rapidement la flambée des cours mondiaux qu’en Europe du Nord où le prix du lait est davantage connecté aux cours des commodités.

Lait et cultures de vente à plus de 50 000 €/UMO exploitant

L’estimation des résultats courant 2021 des systèmes laitiers montre des revenus en hausse dans les exploitations de plaine et plus particulièrement dans les systèmes de polyculture élevage (avec plus de 30 % de la SAU en cultures de vente). Ceux-ci ont gagné +15 600 €/UMO exploitant (+44 %) essentiellement grâce au produit des cultures qui a bénéficié de bons rendements et de prix qui se sont envolés. Les charges opérationnelles ont certes augmenté mais sans commune mesure avec ce qui arrive en 2022. « Face à des prix des grains qui promettent d’être durablement élevés, la pérennité de l’élevage se pose dans ces régions en particulier lorsqu’il y a pénurie de main-d’œuvre », note Idele.

Les laitiers spécialisés de plaine n’ont pas connu une hausse de revenu si conséquente (+ 5400 € à 36 200 €/UMOex). Certes ils ont profité de l’augmentation du prix du lait et des réformes, mais l’impact des charges a consommé une partie de cette hausse. La multiplication des récoltes d’herbe, liée à une pousse continue en 2021, a nettement impacté les coûts de mécanisation avec un prix du carburant élevé. Ces hausses sur les intrants seront encore plus marquées sur l’année 2022 avec toujours une incertitude sur les rendements fourragers.

La montagne structurellement dans le dur

Les systèmes laitiers de montagne et des piémonts du Sud affichent toujours le revenu le plus faible (16 000 €/UMO exploitant). Et un revenu qui baisse en 2021 (-1300 €/UMOex). Rappelons que 75 % des volumes livrés dans ces régions ne bénéficient d’aucune démarcation. Certes le prix du lait standard a progressé, mais pas suffisamment pour compenser la hausse des approvisionnements et notamment des concentrés. Car si les stocks se sont reconstitués, ils n’étaient pas tous de qualité. « Si la baisse du revenu est conjoncturelle, son niveau très bas relève du structurel. Les coûts de production du lait sont bien plus élevés en montagne qu’en plaine et les handicaps naturels limitent la productivité », analyse Idele, qui rappelle aussi que l’ICHN ne compense que très partiellement ces surcoûts.

Le bio déchante

L’autre déception de cette estimation de 2021 est la mauvaise performance des systèmes bio, et cela malgré un contexte climatique qui a été favorable à la pousse de l’herbe. Leur revenu a baissé de 5100 €, à 27 300 €/UMOex. Ils ont subi la hausse généralisée des charges mais aussi pour la première fois une baisse du prix du lait qu’Idele estime en moyenne à -10 €/10000 l. Cependant, les écarts sont grands entre les 39 exploitations du réseau en fonction du collecteur. Car certain ont reconduit le prix de 2020, quand d’autres ont reculé de 30 €/1000 l. Les aides au maintien sont aussi différentes selon les régions. Les éleveurs bio ont contenu leurs charges opérationnelles, souvent au détriment du volume de lait produit. Les charge de structures (en particulier la mécanisation) sont en hausse.

Disparités pour les AOP de montagne

Dans les montagnes de l’Est, le revenu a légèrement progressé en 2021 mais avec de grandes disparités entre massifs. En Franche-Comté, le revenu affiche une hausse importante (+8500 €/UMOex) alors qu’il diminue nettement dans les Savoies (-7500 €/UMOex). Dans cette région, le prix du lait a beaucoup moins augmenté (+7 €/1000 l) que dans la zone du Comté (+20 €/1000 l) et les livraisons ont baissé en 2021 (-4 %). Ces zones de fromages AOP ont connu en 2021 de bons rendements en fourrage mais avec des qualités variables. En outre, la multiplication des fauches, associée à la hausse importante du prix du carburant, a conduit à une augmentation sensible des charges de structure.

Dominique Grémy
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