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Un automne dangereux pour le prix du lait des coops

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« La prise en compte des marques de distributeurs (MDD) dans le cadre actuel de la loi Égalim 2 ne va pas assez loin », affirme Damien Lacombe, président de Coop de France Métiers du lait. Or, ces MDD représentent deux tiers des PGC commercialisés par la coopération laitière. © Cédric Faimali.

Certes, les marchés des ingrédients sont bien orientés, mais l’horizon sur la valorisation des PGC n’est pas aussi dégagé. Les coopératives appellent à des hausses de tarifs significatives pour faire face à l’augmentation de leurs charges. Égalim 2, sauvez-nous.

Pour sa rentrée, la Coopération laitière (Ex-FNCL), qui représente toutes les coops de collecte et de transformation du lait, a voulu rappeler sa diversité et son ancrage sur le territoire : 240 entreprises engagées sur tous les segments de marché, mais majoritairement sur les PGC. Le secteur a connu ces dix dernières années des mouvements de restructuration, même si les trois leaders à plus d’un milliard...
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Pour sa rentrée, la Coopération laitière (Ex-FNCL), qui représente toutes les coops de collecte et de transformation du lait, a voulu rappeler sa diversité et son ancrage sur le territoire : 240 entreprises engagées sur tous les segments de marché, mais majoritairement sur les PGC. Le secteur a connu ces dix dernières années des mouvements de restructuration, même si les trois leaders à plus d’un milliard d’euros chiffre d’affaires – Sodiaal, Eurial et Laïta – sont encore loin des géants d’Europe du Nord et de leurs outils, largement plus compétitifs que les nôtres pour ce qui est de se disputer le marché des ingrédients. Ce n’est plus une découverte, la filière laitière française perd du terrain à l’export, et notamment à l’intérieur de l’UE.

Pas d’eldorado pour le lait infantile

La coopération laitière assure tout de même 23 % de son chiffre d’affaires à l’exportation. La Chine est un client important et nombre de coopératives ont investi dans le lait infantile sur cette destination. « Un marché qui se complexifie », reconnaît Damien Lacombe, président de la coopération. Le débouché chinois du lait infantile ne serait donc pas l’eldorado attendu, avec moins de volumes que prévu et des autorités qui entendent désormais privilégier leurs propres acteurs.

Le manque d’engagement d’Égalim 2 sur les MDD

L’ADN des coopératives laitières françaises restera basé sur les produits à valeur ajoutée, et notamment les produits de grande consommation (PGC) France. D’où l’appel de Damien Lacombe à établir une loi Égalim 2 qui aille plus loin que le projet annoncé, afin de mieux accompagner les transformateurs dans les futures négociations commerciales avec la distribution. Point sensible : la prise en compte des marques de distributeurs (MDD), qui ne va pas assez loin dans le cadre actuel de la loi, alors que ces MDD représentent deux tiers des PGC commercialisés par la coopération laitière.

Une hausse espérée de 5 à 7 %

« En 2021, l’augmentation du prix du lait à la production devrait se situer aux environs de 15 €/1 000 l, avertit Damien Lacombe. Nous subissons par ailleurs une hausse exceptionnelle des matières premières nécessaires à nos métiers, et les nouvelles contraintes environnementales et sociétales ont aussi un coût. Nos charges explosent, il est donc impératif d’obtenir une hausse des prix de vente industriels sur nos PGC de l’ordre de 5 à 7 %. Nous ne pourrons pas nous passer d’une inflation sur les produits laitiers pour retrouver de la valeur et assurer nos engagements pour une filière plus vertueuse à travers France Terre de Lait. »

Un signal adressé à la grande distribution, de la part d’entreprises qui considèrent avoir joué le jeu des EGA, notamment avec la présentation aux adhérents d’un prix prévisionnel objectif. Mais on ne voit toujours pas apparaître de coût de production dans les formules de prix des grandes coops. Un argument qui sert à d’autres entreprises pour s’aligner sur le moins-disant à travers la clause d’alignement des contrats. Un argument rejeté par le président de la coopération.

Inquiétudes sur la croissance du lait bio

Dernier point préoccupant, les ventes en recul des produits laitiers bio : de - 4,1 à - 9,6 % par rapport à 2020. Alors que la hausse de la collecte est estimée, à la fin octobre 2022, à + 23,9 % par rapport à 2020. « Nous prenons nos responsabilités et plusieurs coopératives ont stoppé les conversions en bio, affirme Damien Lacombe. Nous en appelons à la responsabilité de chaque acteur pour conserver la valeur dans cette filière. »

Dominique Grémy
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