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La filière bio prise en tenaille

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Déconsommation. Sur les sept premiers mois de l’année, les ventes en GMS de l’ultrafrais bio baissent de 10,7 %. Les autres produits vivent un recul similaire. © C.FAIMALI/GFA

Crise. La filière bio gère à la fois une baisse de la consommation, une collecte surdimensionnée et la hausse de charges.

Impactée par la sécheresse, la collecte bio estivale a au mieux stagné. Le numéro 1 de la collecte Biolait (310 Ml) enregistre une baisse de 6 % en juillet et de 15 % en août, le numéro 4 Eurial (140 Ml), entre 8 % et 10 %. Au niveau national, les derniers chiffres du Cniel donnent zéro augmentation. Ce recul réduit les excédents des opérateurs et déclasse moins leurs...
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Impactée par la sécheresse, la collecte bio estivale a au mieux stagné. Le numéro 1 de la collecte Biolait (310 Ml) enregistre une baisse de 6 % en juillet et de 15 % en août, le numéro 4 Eurial (140 Ml), entre 8 % et 10 %. Au niveau national, les derniers chiffres du Cniel donnent zéro augmentation. Ce recul réduit les excédents des opérateurs et déclasse moins leurs volumes en lait conventionnel, la consommation continuant quant à elle de décrocher. « En avril et mai, nous en avons déclassé 35 %. Depuis le mois d’août, seule la matière protéique l’est. Toute la matière grasse est utilisée en filière bio », indique Bruno Martel, président d’Eurial bio.

Biolait verse un surcroît de 45 € en août

Même son de cloche chez Biolait. « Par la baisse de la collecte mais aussi par plus de ventes de lait bio, nous avons deux fois moins déclassé, pointe Ludovic Billard, le président. Comme, parallèlement, nous avons mieux valorisé le lait en conventionnel, la trésorerie supplémentaire dégagée est reversée à hauteur de 45 €/1 000 l aux producteurs sur leurs livraisons d’août. » À 600 €/1 000 l, le marché du lait Spot profite bien sûr à la SA de collecte. Elle s’est aussi retroussé les manches pour trouver de nouveaux clients, y compris hors Hexagone. Avec un prix de base d’acompte moyen de 404,37 €/1 000 l sur les huit premiers mois (moyenne arithmétique avec la prime froid), Biolait n’est pas cette année l’aiguillon de la filière qu’elle a coutume d’être. « Le prix des volumes contractés en lait conventionnel est plus faible que le prix actuel. Nous n’avions pas prévu qu’il augmenterait autant, reconnaît Ludovic Billard. Notre objectif désormais est d’obtenir des hausses de prix dans les contrats de 2023. Espérons que la tension sur la collecte que nous prévoyons cet hiver sur les deux marchés nous y aidera. »

Déconversion de producteurs

Face à la hausse de leurs charges, les producteurs bio attendent un encouragement fort. Certains ont déjà jeté l’éponge et se déconvertissent. Chez Biolait, 50 sur les 1 400 adhérents ont franchi le pas ; chez Eurial, 9 sur 347. En juillet, la branche lait bio d’Agrial est revenue sur les prix de base de 2021 après les avoir diminués de 10 €/1 000 l au premier semestre. Elle vient d’annoncer une hausse de 5 € sur le quatrième trimestre comparé à celui de 2021. « La branche lait conventionnel d’Agrial vise un prix de base 2023 de 500 €. Cela monte l’ambition d’Eurial bio à 530 € et impose une réécriture de grille de saisonnalité pour éviter trop de lait déclassé au printemps prochain. »

À l’OP Seine et Loire, qui regroupe 480 livreurs de six laiteries dont Lactalis, on évalue à 70 € la hausse des coûts de 2022 : 40 € liés à l’inflation et 30 € consécutifs à la sécheresse. L’OP défend une actualisation réactive des charges pour le calcul du prix du lait et une véritable reconnaissance de l’indicateur « coûts de production bio », créé il y a seulement un an par le Cniel. Pour elle, pas question que le prix de base 2021 soit une nouvelle fois reconduit en 2023. En 2022, celui de Lactalis est maintenu à 469 € en Bretagne-Pays de la Loire.

Claire Hue
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